2020, l’année où le sport s’est arrêté – Championnat d’Europe 2020

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Publié aujourd’hui à 00h16

S’il pouvait remonter le temps, Rudy Gobert le reconnaît, il « ne le referai[t] pas ». Le 9 mars, le basketteur français, qui évolue aux Etats-Unis au sein du Utah Jazz, s’amuse à toucher tous les micros et téléphones des journalistes posés devant lui. « Pour détendre l’atmosphère. »

La NBA (National Basketball Association), la ligue nord-américaine de basket, vient alors d’imposer une distanciation entre les médias et les joueurs afin de prévenir les risques de contamination à un nouveau coronavirus, dont on parle depuis plusieurs semaines déjà, mais dont, jusqu’alors, on ne s’inquiète pas réellement. Deux jours plus tard, le 11 mars, Rudy Gobert devient le « patient zéro de la NBA », le premier joueur testé positif au Covid-19. Et, à son corps défendant, l’initiateur d’un coup de frein ayant mis le sport mondial à l’arrêt.

Avec l’Euro de football et les Jeux olympiques (JO) de Tokyo, 2020 s’annonçait pourtant riche. Au lieu de ça, l’année qui s’achève aura connu un bouleversement inédit, en raison de la pandémie due au coronavirus. Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, des événements extra-sportifs ont mis la saison sens dessus dessous. Et révélé, aussi, des fragilités et certaines dépendances du sport professionnel.

Deux mois de grand vide

Difficile d’imaginer, lorsque débute l’année, qu’après deux mois et demi de compétition
le sport mondial se mettra subitement à l’arrêt. Alors que l’Australie est ravagée par d’immenses incendies, la jeune Américaine Sofia Kenin s’adjuge le tournoi du Grand Chelem à Melbourne.

En France, mi-février, le PSG perd pied en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions de football à Dortmund (1-2), alors que le début du Tournoi des six nations voit le XV de France version Fabien Galthié, le nouveau sélectionneur, souffler un rafraîchissant vent de changement après des années de disette.

Désinfection du ring avant le combat entre les boxeurs Josh Taylor et Apinun Khongsong, le 26 septembreà Londres.

Mais, à la suite de l’interruption de la saison NBA (« jusqu’à nouvel ordre »), c’est l’ensemble du sport mondial qui appuie sur pause afin d’aviser face au virus. Partout, les compétitions nationales s’interrompent mi-mars, pour deux mois au moins, sous l’effet des mesures de confinement prises par les gouvernements.

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Reports et annulations tombent en cascade, de Roland-Garros à Paris-Roubaix. Si le décalage d’un an de l’Euro-2020 de football, à l’été 2021, est acté dès le 17 mars, celui des JO nécessitera un peu plus de temps de « réflexion » : après une phase de déni, le Comité international olympique et le gouvernement japonais annoncent finalement, le 24 mars, déplacer les Jeux à l’été 2021.

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