au Crous de Besançon, les étudiants sont de retour au resto U et apprécient le coup de pouce – Championnat d’Europe 2020

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Depuis lundi 25 janvier, les étudiants paient tous le même tarif pour leur repas à emporter. Un euro. Emmanuel Macron tente avec cette mesure de lutter contre la précarité des étudiants. Rencontres. 

Poelée de légumes, kebab et potatoes, poisson, ce midi, les étudiants venus chercher leurs repas avaient le choix. Les odeurs ouvraient l’appétit. Le tout dans une bonne ambiance.

Le chef de cuisine du restaurant universitaire du site de la Bouloie a vu depuis lundi 25 janvier doubler les effectifs de son restaurant.

En tant normal, environ 2000 étudiants déjeunent sur place. Pendant la crise sanitaire et jusque lundi 25 janvier, ils étaient chaque jour 300 à récupérer un ou deux repas à emporter. Depuis cette semaine, 650 jeunes se présentent, attirés par un tarif plus qu’intéressant. A la rentrée, en septembre 2020, seuls les étudiants boursiers bénéficiaient du repas à 1 euros, les autres déboursaient 3,30 euros.

Thibaut Bultieaux : chef de cuisine au restaurant universitaire

Thibaut Bultieaux : chef de cuisine au restaurant universitaire

© Fabienne Le Moing

On a le devoir de proposer aux étudiants de quoi se nourrir, pour les mettre dans les meilleures conditions possibles pour leurs études. On est passé d’un tarif attractif, à un tarif très très attractif pour tous.

Thibaut Bultieaux : chef de cuisine au restaurant universitaire

Moins d’étudiants sont présents en ce moment sur le campus, ce qui lui permet de travailler des produits frais chaque jour. Ce n’est pas pour lui déplaire.

Étudiants : qui en profite ?

Beaucoup des étudiants croisés au restaurant universitaire sont boursiers. Ils bénéficient depuis la rentrée de ce tarif imbattable et retirent pour la plupart deux repas. Celui du midi et celui du soir qu’ils pourront réchauffer.

Et puis il y a les autres qui fréquentent à nouveau le restaurant, car le calcul a été fait et il est maintenant plus rentable de venir chercher son repas à un euro plutôt que le cuisiner.

C’est le cas de ce jeune couple brésilien. Jesse et Jiovanna Paxao. Quand ils préparent le repas chez eux, il leur revient à 1,47 euros alors ils n’hésitent plus à bénéficier du repas préparé ici puisqu’en plus de gagner de l’argent, ils gagnent du temps.

Jesse et Jiovanna Paxao

Jesse et Jiovanna Paxao

© Fabienne Le Moing

On aimerait apprendre le français en cours intensif au CLA. Alors ces économies vont nous permettre de payer les cours.

Jesse Dos Santos Paxao, doctorant en mécanique

Lucile Weynans est en première année d’école d’ingénieur. Elle n’a pas de travail étudiant pour arrondir ses fins de mois cette année. Elle retire chaque midi son déjeuner au restaurant universitaire. Elle dit apprécier cette mesure et la vit comme un soulagement.


© Fabienne Le Moing

Moins je paye pour manger, plus ça me fait de l’argent pour mon confort personnel. En deux semaines ça vaut déjà le coup.

Lucile Weynans

Léo Miotte sait qu’il reviendra plus régulièrement. Ce qui manque à son budget, c’est le salaire d’un travail d’été. Il en a été privé pour cause de crise sanitaire. Bien qu’aidé par ses parents et par les allocations de l’Aide Personnalisée au Logement (APL), il apprécie déjà les économies qu’il fera.

Léo Miotte

Léo Miotte

© Fabienne Le Moing

Ça va me permettre de manger des choses le week-end que je ne mange pas d’habitude.

Léo Miotte

Pour Karine Choker d’origine libanaise, c’est une autre histoire. Avec la crise économique au Liban, la livre libanaise est dépréciée alors, même si ce repas à un euro ne permet que de petites économies, c’est toujours ça de pris.

Karine Choker

Karine Choker

© Fabienne Le Moing

Par mois les courses avant me coûtaient 80 euros, maintenant je n’ai plus besoin que de 40 euros. Mes parents apprécient.

Karine Choker

Pour Victoria Malik , étudiante russe en Histoire de l’Art, la France est exemple à suivre dans la gestion de la crise sanitaire. Le tarif pratiqué à un euro est moins cher qu’en Russie s’étonne-t-elle agréablement. Grâce à cette mesure , elle pense pouvoir faire des économies.

Victoria Malik

Victoria Malik

© Fabienne Le Moing

Samira Flint, vice-présidente étudiante du Crous de Bourgogne-Franche-Comté salue la mesure mais sait que ça ne va pas tout résoudre. Le besoin est encore énorme pour les étudiants nous dit-elle. Car outre la santé financière des jeunes, il faut aussi se soucier de leur santé mentale. “L’isolement va faire du mal aux étudiants bien après que la crise soit passée. Il y a encore beaucoup de choses à faire” estime la jeune étudiante.