Avant la Ligue des Nations ce soir: Cinq raisons de ne pas rater Ukraine-Suisse – Championnat d’Europe 2020

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Entouré de ses internationaux, Vladimir Petkovic mobilise le groupe suisse. C’est la reprise ce jeudi soir en Ukraine après 290 jours sans match international.

Entouré de ses internationaux, Vladimir Petkovic mobilise le groupe suisse. C’est la reprise ce jeudi soir en Ukraine après 290 jours sans match international.

KEYSTONE

D’abord le sentiment curieux, oublié, d’un match international. Au sortir de l’été, les affaires reprennent pour le sport aussi. Avec toutes les mesures sanitaires qui demeurent, dans des circonstances donc toujours spéciales, mais avec cette idée d’un nouveau départ. Cela vaut pour tout le monde comme pour la Suisse. Près de dix mois après son dernier match à Gibraltar, qui l’avait officiellement propulsée à cet Euro finalement reporté d’un an, la sélection de Vladimir Petkovic va retrouver le terrain.

Elle a rendez-vous ce soir à Lviv, pour y affronter dès 20 h 45 l’Ukraine d’Andreï Shevchenko. C’est le premier match de la 2e édition de la Ligue des Nations, la Suisse affrontera l’Allemagne dimanche à Bâle avant d’aller défier l’Espagne dans un mois. Que du beau monde.

Il ne faut pas manquer ce premier match contre l’Ukraine, qui ouvre le bal. Pour plusieurs raisons.

1. Pour le parfum d’Euro

On ne va pas se mentir: le report de l’Euro 2020 à 2021 a laissé un grand vide dans le cœur des supporters qui s’apprêtaient à vivre le grand rendez-vous. Si rien ne remplace une telle compétition, la Ligue des Nations a pourtant un peu ce parfum d’Euro. D’autant plus dans le groupe A, qui concentre les meilleures équipes nationales du continent.

Dans le groupe D, la Suisse devra en découdre avec l’Ukraine, donc, mais aussi l’Allemagne (dès dimanche) et l’Espagne. De beaux chocs en perspective. Inutile de préciser que si Petkovic et les siens veulent disputer la première place du groupe pour se qualifier à nouveau pour le Final Four, il faut commencer par une victoire en Ukraine. Cela promet, une raison de ne pas rater ce match.

2. Pour la confiance avant les «gros»

La Ligue des Nations, c’est une opportunité à saisir pour grandir encore. On sait tout le chemin parcouru depuis plusieurs années, notamment sous la houlette de Vladimir Petkovic. On sait aussi que jouer contre l’Ukraine à l’extérieur n’est jamais simple, sans parler de se frotter à la Mannschaft et à la Roja. Mais c’est justement une chance.

On s’explique. Depuis le Mondial 2018, Petkovic a opéré une mue nécessaire, indispensable, en rajeunissant ses cadres pour préparer l’avenir. Le départ à la retraite du capitaine Lichtsteiner n’en est que le dernier épisode. Cela n’a pas empêché la Suisse de se qualifier, première de son groupe, pour l’Euro 2020 en pratiquant toujours un football plaisant, construit, proactif.

L’équipe de Suisse doit poursuivre sur ce chemin. En Ukraine ce jeudi soir, contre l’Allemagne dimanche et l’Espagne dans un mois. Pas simple? Peut-être, mais cet Ukraine-Suisse, s’il est bien négocié, peut apporter la confiance nécessaire pour défier les deux gros morceaux du groupe ensuite.

3. Pour battre enfin l’Ukraine

Gagner contre l’Ukraine, c’est l’objectif, bien sûr. Ce serait d’ailleurs une première: il y a déjà eu deux matches opposant la Suisse à l’Ukraine. Un amical au Stade de Genève le 17 novembre 2010. Il s’était soldé par un nul 2-2 (deux buts d’Alex Frei).

L’autre Suisse-Ukraine, tout le monde s’en souvient avec amertume. C’était le 26 juin 2006 à Cologne, en huitième de finale du Mondial allemand. Pas de but dans le temps réglementaire, pas plus qu’en prolongations et ces tirs au but, musée de l’horreur pour Streller, Barnetta et Cabanas, trois ratés pour une élimination frustrante.

Cette fois à Lviv, pas de séance de tirs au but possible, une équipe de Suisse différente, qui prend le jeu à son compte, qui veut maîtriser son destin. Rien n’effacera le souvenir douloureux de ces penalties manqués, mais une première victoire contre l’Ukraine mettrait peut-être un peu de baume au cœur…

4. Pour se remettre en selle

La Ligue des Nations, c’est le retour à la compétition des équipes nationales. La Suisse partage avec d’autres des questions, des interrogations sur sa capacité à retrouver d’emblée toutes ses marques, ses repères. Plus encore à huis clos.

Cette équipe de Suisse a suffisamment de qualités pour garder ses acquis et progresser encore.

Johan Djourou, ex-international suisse

Johan Djourou était sur le terrain lors des deux Suisse-Ukraine qui ont existé jusque-là. À quoi s’attend-il?

«Nous traversons une situation spéciale, il y a eu une très longue pause, il faudra retrouver tout de suite les automatismes, explique-t-il. Mais je ne pense pas que tout cela puisse perturber la Suisse. Au contraire: la sélection helvétique peut en profiter pour montrer que cela n’a pas d’influence sur elle. Je suis sûr que retrouver le groupe suisse a fait du bien à tous les internationaux, parce que cela te change les idées, te sort de la routine du club et te montre que les choses évoluent dans le bon sens. Cette équipe de Suisse a suffisamment de qualités pour garder ses acquis et progresser encore, même s’il faudra peut-être un peu de patience au début du match. C’est pour cela que je ne manquerai pas ce match, que je regarderai en famille et avec des amis.»

5. Parce que 290 jours, ça fait long

Depuis le 18 novembre 2019 et ce match à Gibraltar, il se sera passé 290 jours sans rencontre de l’équipe de Suisse à se mettre sous la dent. Un bail! La dernière raison de ne pas manquer ce match pourrait tout aussi bien être la première, après tout.

Pour le coup, son retour sur le devant de la scène ne se fait pas via un match amical, mais par le biais d’une rencontre officielle. La Ligue des Nations, ce n’est sans doute pas une qualif pour l’Euro ou pour le Mondial, encore moins un affrontement dans ces grands tournois, mais c’est une nouvelle compétition officielle qui apporte du sel à ces retrouvailles.