Cac 40 : Les marchés mondiaux temporisent face à la poussée des taux obligataires – Euro 2020

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(BFM Bourse) – Le CAC 40 clôt la séance de jeudi en léger repli alors que le rythme de progression des rendements souverains continue d’alimenter les craintes inflationnistes.

Plombé par le vif repli matinal des indices new-yorkais (-0,7% pour le Dow, -1,1% pour le S&P, -1,6% pour le Nasdaq à 17h40) au lendemain d’un nouveau record inscrit par le Dow, le marché parisien a effacé dans l’après-midi ses gains matinaux pour terminer la séance sur un recul de 0,24% à 5.783,89 points. La forte progression des taux d’emprunt ce jeudi des deux côtés de l’Atlantique, un temps freinée la veille par les commentaires de Jerome Powell, a réveillé les vieux démons inflationnistes.

Le taux à dix ans français est ainsi repassé en territoire positif pour la première fois depuis juin 2020, évoluant à +0,02%, le “Bund”, le taux allemand de même échéance, référence en zone euro, cotait -0,24%, niveau proche de ses plus hauts depuis fin mars 2020. Outre-Atlantique, le rendement sur les bons du Trésor américain repart aussi vivement de l’avant et s’établit à 1,46% vers 17h50 après avoir frôlé le seuil symbolique des 1,50%. “Les taux pourraient maintenant accélérer sans que les actions ne s’en émeuvent, ce qui pourrait renforcer le risque d’un réaction violente à partir d’un certain seuil” évalué par beaucoup autour de 1,50% justement, prévient Tangi Le Liboux, stratégiste du courtier Aurel BGC.

Plus que le niveau de ce taux, qui reste relativement bas historiquement, c’est son rythme de progression depuis quelques semaines qui semble susciter de nombreuses interrogations et inquiétudes chez les acteurs du marché. “Cette hausse continuelle pourrait être synonyme de davantage de difficultés pour les valeurs technologiques aujourd’hui, mais elle pourrait aussi pousser le secteur financier”, précise JJ Kinahan de TD Ameritrade.

Les Français plus enclins à épargner qu’à consommer

Côté indicateurs, le moral des ménages français a de nouveau fléchi en février, après son net repli de janvier, selon l’Insee qui ajoute que le solde d’opinion des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner, signe d’inquiétudes vis-à-vis de l’avenir, “reste à son plus haut niveau historique”, tout comme leur capacité d’épargne. A contrario, en Italie, les indices de confiance des ménages et des entreprises se sont inscrits en hausse en février, renouant même pour certains secteurs d’activité avec les niveaux pré-Covid selon l’Institut national des statistiques du pays (Istat).

Les investisseurs parisiens sont par ailleurs occupés à faire le tri parmi une nouvelle salve importante de publications annuelles qui animent la cote.

Le palmarès de l’indice phare est ainsi dominé par Axa avec un gain de 4,2%, le premier assureur français prévoyant de relever son dividende malgré un repli de 18% de son bénéfice net en 2020 alors que les réclamations liées à la crise sanitaire du coronavirus ont affecté les revenus de son activité dommages. Les investisseurs saluent également l’optimisme dont a fait preuve le groupe pour l’exercice en cours.

Nexity enregistre une année record

La prudence affichée par Safran pour son exercice 2021 est en revanche sanctionnée par un recul de 3,8%, alors que l’équipementier aéronautique a réussi à maintenir ses comptes dans le vert (avec un bénéfice net de 352 millions d’euros, contre 2,4 milliards un an plus tôt), et que son résultat opérationnel courant est ressorti 3% au-dessus du consensus, à 1,68 milliard (-56% sur un an).

Sur le reste de la cote, Nexity s’adjuge 5,7% à la faveur d’une “année exceptionnelle” selon le premier promoteur français qui a vu son chiffre d’affaires augmenter de 8% en 2020 grâce à une accélération de son activité au second semestre. Les revenus du groupe ont ainsi atteint 4,86 milliards d’euros quand les analystes misaient sur 4,7 milliards.

Casino lâche en revanche 0,5% après avoir dévoilé une perte nette de 886 millions d’euros sur l’année 2020, du fait notamment de déstockages et dépréciations d’actifs dans la foulée de la cession de Leader Price à Aldi en novembre. Le distributeur s’est par ailleurs réengagé à améliorer encore sa rentabilité et son niveau de trésorerie, ainsi qu’à poursuivre son plan de cession d’actifs pour réduire la dette.

L’équipementier parapétrolier Technip a de son côté publié un chiffre d’affaires supérieur aux attentes mais une nouvelle (légère) perte nette (de 0,09 dollar par action quand le consensus visait un bénéfice net de 0,15 dollar). Dans le rouge à la mi-journée, le titre s’envole de 11% en clôture.

Le groupe de chimie Arkema s’est montré confiant pour 2021 après une nette reprise de ses activités au quatrième trimestre (+5%, contre -10% sur l’ensemble de l’année), et table sur le potentiel de sa stratégie de recentrage sur les matériaux de spécialités. Le marché salue (+0,9%) à la fois le dépassement du consensus, tant sur le chiffre d’affaires que sur l’Ebitda, que les perspectives ambitieuses du groupe qui prévoit une progression de son Ebitda en 2021 et un retour du dividende.

Des cours pétroliers toujours élevés

Plus forte chute du SRD à la mi-journée, SES cède 6,7% après avoir enregistré une perte nette de près de 90 millions d’euros en 2020 sur fond de poursuite du déclin de son activité vidéo, sa principale source de revenus, a annoncé l’opérateur de satellites européens.

Enfin, Ipsos avance de 4,1% malgré une baisse de 9% de ses revenus en 2020, le groupe de sondages misant sur un retour de son activité au niveau de 2019 dès l’exercice en cours “si la situation sanitaire ne connait pas une nouvelle dégradation importante”.

Du côté de l’énergie, les cours du pétrole restent proches de leurs plus hauts de treize mois au
lendemain de l’annonce par l’EIA d’une baisse de 1,1 mbj de la production aux Etats-Unis la semaine dernière – égalant ainsi un précédent record – en raison de la vague de froid qui s’est abattu sur le sud du pays, notamment au Texas. Peu avant 18h, le baril de Brent grappille 0,18% à 66,30 dollars quand celui de WTI avance de 0,62% à 62,30 dollars. Sur le Forex, l’euro s’apprécie nettement face à un billet affaibli par la prudence affichée par la Fed et reprend 0,48% à 1,2223 dollar. Stable par rapport à mercredi soir, le cours du bitcoin remonte légèrement au-dessus des 50.000 dollars.

Quentin Soubranne – ©2021 BFM Bourse