Ce qu’il faut retenir de l’année 2019 dans le soccer – Championnat d’Europe 2020

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L’année 2019 a contenu sa part de moments marquants qui ont frappé l’imaginaire des amateurs de ballon rond, autant ici qu’ailleurs.

Voici donc une liste de dix choses à retenir de l’année de 2019 à propos du sport le plus populaire au monde. Le tout, d’un point de vue québécois :

La valse des entraîneurs chez l’Impact

L’Impact de Montréal a connu une saison mouvementée lors de laquelle l’équipe a de nouveau échoué à se qualifier pour les éliminatoires de la MLS. Celui qui en a payé le plus fort prix, ultimement, aura été l’entraîneur français Rémi Garde, limogé en août alors que l’équipe pataugeait depuis un mois après avoir connu un début de saison encourageant. Est-ce que Garde, qui a dû se débrouiller la plupart du temps sans son meilleur joueur, méritait un tel sort?

Probablement pas, mais l’organisation souhaitait donner un électrochoc dans le but d’accéder aux éliminatoires.

Appelé en remplacement, le très volontaire Wilmer Cabrera a fait de son gros mieux. Le Colombien peut toujours se targuer d’avoir aidé l’équipe à remporter la finale du Championnat canadien à Toronto pour obtenir une place en Ligue des champions de la CONCACAF.

Mais Cabrera a été libéré après la saison. Le nouveau directeur sportif du club, Olivier Renard, a ensuite réalisé un coup de maître en embauchant l’illustre Thierry Henry au poste d’entraîneur-chef pour la saison 2020.

«Titi», icône du foot français, a eu une très grande carrière de joueur, mais ses premiers balbutiements à titre d’entraîneur laissent perplexe. L’homme de 42 ans demeure toute une tête de foot et il mérite certainement une nouvelle chance de se faire valoir. Ce sera très intéressant à suivre…

Liverpool, meilleur club au monde

Quelle montée en puissance que fut celle du Liverpool FC depuis l’arrivée de l’entraîneur allemand Jurgen Klopp en 2015! De club plutôt correct, qui peinait à se battre pour le top 4 en Angleterre, Liverpool est devenu une machine à tuer et le tout a culminé avec ce sixième titre en Ligue des champions, obtenu à la fin mai contre Tottenham. Il ne reste maintenant qu’à conquérir la Premier league après avoir terminé au deuxième rang l’an dernier derrière un Manchester City qui refusait de perdre. La présente saison est plutôt bien partie : à Noël, Liverpool trônait au sommet du classement avec 10 points d’avance sur le second, Leicester, et ce, en n’ayant subi aucune défaite. Et l’équipe est toujours en position de défendre son titre en Ligue des champions…

Il faut ajouter à ce titre la victoire en Supercoupe d’Europe, en août, et le sacre récemment obtenu à la Coupe du monde des clubs, au Qatar.

Liverpool, meilleure équipe au monde? C’était impensable il y a encore deux ans et maintenant, nous y sommes.

Carlos Vela atomise la MLS

Le milieu offensif du Los Angeles FC Carlos Vela a illuminé la MLS de son talent en 2019. Le Mexicain de 30 ans a établi le record de buts marqués en une saison avec 34, une année seulement après que Josef Martinez, d’Atlanta United, eut établi la marque précédente, qui était de 31. Les 15 passes décisives de Vela font également de lui le détenteur du record de «points» accumulés en une saison.

Le LAFC, propulsé par Vela, a lui aussi établi un record de la MLS en complétant le calendrier régulier avec 72 points. La formation californienne, que tout le monde voyait soulever le gros trophée au terme des éliminatoires, s’est plutôt inclinée en finale de l’Ouest. Ce qui lui donnera de quoi se motiver pour 2020.

Un sixième Ballon d’Or pour Messi

L’Argentin Lionel Messi a complété 2019 en obtenant son sixième Ballon d’or, remis au meilleur joueur au monde sur la dernière année. Personne n’a remporté cet honneur aussi souvent que la star du FC Barcelone. «La Pulga» a bien failli terminer deuxième : le défenseur de Liverpool Virgil Van Dijk, meilleur au monde à sa position en 2019, n’a reçu qu’une poignée de votes de moins que lui.

N’empêche, Messi a été le buteur le plus prolifique en Europe au cours de la dernière saison et si son équipe s’est inclinée devant Liverpool en demi-finale de la Ligue des champions, il a tout de même remporté le championnat espagnol pour une dixième fois dans sa carrière.

Coupe du monde féminine : les États-Unis l’emportent encore

Pour une quatrième fois, les Américaines ont remporté la Coupe du monde féminine de soccer, tenue cette année en France.

Menées par l’entraîneuse Jill Ellis, les joueuses américaines ont fait un parcours sans faute qui s’est terminé par une victoire en grande finale contre les Pays-Bas, à Lyon.

Ce fut moins reluisant pour la formation canadienne, qui a vu son tournoi se terminer dès les huitièmes de finale après avoir été vaincue 1-0 par la Suède.

La capitaine canadienne, Christine Sinclair, a toutefois eu l’occasion de marquer au moins un but dans une cinquième Coupe du monde : elle et la légende brésilienne Marta sont les seules à l’avoir fait.

En dents de scie pour la formation canadienne

Chez les hommes, l’unifolié a aussi eu ses hauts et ses bas. L’équipe avait le potentiel pour faire sa marque à la Gold Cup, durant l’été, avant de se faire éliminer par Haïti dès les quarts de finale. Un résultat qui fait mal alors que ce tournoi devait permettre de mesurer la progression de la sélection.

Heureusement, le Canada s’est repris en octobre grâce à une belle et historique victoire de 2-0 contre les États-Unis à Toronto en Ligue des nations. Remporter leur second duel contre les Américains à Orlando un mois plus tard aurait représenté un réel énoncé, mais l’équipe a oublié de se présenter pour finalement encaisser un revers de 4-1.

Il reste que malgré cette année en demi-teinte, l’avenir est prometteur pour le Canada. L’ailier Alphonso Davies est en train de solidifier sa place dans l’effectif du Bayern Munich, en Allemagne, ce qui n’est pas peu dire, alors que l’attaquant Jonathan David continue de briller en Belgique et risque fort de s’obtenir un transfert vers un grand championnat européen avant longtemps. On regarde devant!

La France dans le groupe de la mort

L’Euro 2020 sera présenté à TVA Sports, cet été et les qualifications étant derrière nous (outre les matchs de barrage), le tirage visant à établir les groupes en vue de la compétition a eu lieu au début décembre.

Si l’Italie, la Belgique et l’Espagne risquent de l’avoir facile durant la phase de groupes, ce sera sans doute différent pour la France, championne de la Coupe du monde 2018.

Les Bleus, finalistes lors de l’Euro 2016, devront se coltiner les champions en titre, le Portugal, ainsi que l’Allemagne.

Il est donc certain qu’un géant tombera dès la première étape du tournoi. On a hâte de voir ça…

Une autre finale Toronto-Seattle

Lorsque les éliminatoires de la MLS ont pris leur envol, en octobre, une bonne majorité d’observateurs voyaient le Los Angeles FC, qui avait marché sur la ligue en saison régulière, atteindre la grande finale de la Coupe MLS. Et la remporter aussi.

Ce n’est ce qui est arrivé. Le LAFC s’est plutôt fait éliminer en finale de l’Ouest par les increvables Sounders de Seattle et ceux-ci ont ainsi accédé à la finale pour une troisième fois en quatre ans.

Et comme lors de leurs deux premières apparitions, ils ont dû y affronter le Toronto FC, qui a terminé sa saison en force avant de remporter ses trois premiers matchs en éliminatoires.

Devant une généreuse foule entassée au CenturyLink Field de Seattle, les Sounders ont fait le nécessaire pour se sauver avec leur deuxième titre.

Mais il y a fort à parier que le TFC n’a pas dit son dernier mot…

Le Canada a sa première division   

Avant 2019, le soccer professionnel au Canada fonctionnait à la manière de la plupart des autres sports : les équipes du pays évoluaient dans une ligue nord-américaine qui inclut aussi des formations américaines.

Cependant, plusieurs observateurs estimaient que le pays avait besoin de sa propre première division notamment afin de mieux développer les joueurs d’ici. L’idée se défendait si bien que le projet a pris forme et la Canadian Premier League (CPL), forte de huit équipes, a tenu sa première saison en 2019.

Le projet a été un succès. Les clubs ont montré d’entrée de jeu un niveau intéressant : ils ont même chauffé, voire battu des clubs de MLS lors du Championnat canadien. Est-ce que l’Impact a facilement battu le Cavalry FC (Calgary) et York 9 (Toronto)? Oh que non!

Cette première campagne a vu le Forge FC, un club d’Hamilton, être couronné. Et ce n’est que le début : on cherche notamment à implanter un club dans la Belle Province. Montréal aura-t-elle un deuxième club professionnel? Est-ce que la CPL va s’implanter à Québec? Que de projets!

Le racisme demeure un problème

Être raciste est l’un des pires comportements humains qui soit et malheureusement, plusieurs amateurs de soccer, spécialement en Europe, ne se gênaient toujours par pour l’être en 2019.

L’Italie, en particulier, a été le théâtre d’une série d’événements disgracieux à l’automne. La star de Brescia Mario Balotelli a notamment eu droit à sa part d’insultes racistes et a failli abandonner un match tenu à Vérone. Que dire de cette première page d’un célèbre journal sportif italien?

Puis, les dirigeants de la Serie A ont fini par agir, en décembre, lançant une nouvelle initiative afin de lutter contre le racisme dans ses stades. Le résultat est un «fail» absolument historique :

Enfin, l’Italie n’est pas seule. Des problèmes ont aussi été constatés en Angleterre et ailleurs sur le Vieux continent. Il serait vraiment temps, pour certains, d’évoluer…

Et sur ce, on se revoit en 2020!