Clap de fin pour un millsime boursier 2020 droutant – Foot 2020

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Dans un demi-siècle, nos successeurs auront du mal à imaginer le déroulé incroyable de l’année boursière s’ils se contentent des variations indicielles annuelles. Et même avec des éléments de contexte, ils peineraient probablement à expliquer les gains faramineux de certains marchés face au chaos économique provoqué par la pandémie mondiale qui s’est déclarée à la fin de l’hiver dernier. A moins que l’histoire ne se cantonne à une approche statistique en considérant le coronavirus comme un épiphénomène à l’échelle humaine ? En tout cas 2020 a probablement constitué une année record pour les âneries proférées, et pas seulement dans le domaine économico-financier. C’est un peu grâce à la magie du numérique, qui permet aux bonnes vieilles discussions de comptoir de se retrouver au centre du débat public.

Le numérique a aussi placé ses poulains au cœur des évolutions boursières en 2020. Les acteurs de la “distanciation physique”, voire de la “distanciation sociale”, se sont retrouvés au cœur de la flambée des indices les plus prolifiques de l’année, aux côtés des acteurs de la santé et des énergies renouvelables. Les stars européennes ? Sinch, l’éditeur de solutions cloud suédois (+355%), HelloFresh, qui livre des ingrédients à domicile (+240%), Evolution Gaming Group, qui propose du divertissement à distance (+192%) ou Adyen, la fintech néerlandaise (+160%). On pourrait aussi citer NEL (hydrogène), Vestas (éoliennes), Zalando (commerce en ligne) ou Sartorius Stedim Biotech (équipements et services à la biotechnologie), dont le cours a au moins doublé cette année.

Ce palmarès montre que l’Europe est en train de se rendre compte, avec son retard à l’allumage habituel, que les acteurs phares de demain sont les entreprises de croissance d’aujourd’hui. Un constat que les investisseurs américains ont dressé depuis longtemps déjà et qui explique en grande partie l’avance accumulée par Wall Street au cours des dernières années. En 2020, pandémie ou pas, le Nasdaq aura gagné environ 47%, grâce à ses vedettes, qui auront aussi contribué à renforcer le S&P500 d’environ 15% sur l’année. Je rappelle ici que les six plus grosses capitalisations des deux indices sont désormais consanguines, soit Apple, Microsoft, Amazon.com, Facebook, Alphabet et Tesla. Sur le vieux continent, le STOXX Europe 600 Dividendes réinvestis atteint tout juste l’équilibre en 2020, ce qui n’est déjà pas si mal au regard de l’état de l’économie réelle, mais qui ne manquera pas de nourrir le complexe du corn-flakes européen.

D’un point de vue purement boursier, on retiendra pêle-mêle de cette année que ni l’alternance politique à Washington, ni le Brexit, ni la guerre technologique et commerciale ouverte entre la Chine et les Etats-Unis et ni bien sûr le coronavirus n’ont durablement affecté le moral des investisseurs. On se souviendra aussi de l’avènement de Tesla et de la déchéance de Wirecard. Des introductions en bourse records et délirantes aux Etats-Unis et du flop de celle d’Ant Financial en Asie. De la flambée du Bitcoin et de la défiance accrue des autorités vis-à-vis des géants du numérique. Des incertitudes sur la survie de certains acteurs du transport aérien, de l’événementiel ou de l’hébergement. Et probablement qu’il faudra revoir les matrices de valorisation financière pour intégrer les décalages de vitesse de développement entre l’ancienne et la nouvelle économie. Un débat qui avait déjà eu lieu il y a 20 ans et qui s’était soldé par l’explosion de la bulle internet. Il revient au goût du jour avec des modèles économiques plus matures. Mais il sera temps d’en parler l’année prochaine.

En attendant, le CAC40 perdait 0,6% à 5567 points ce matin peu après l’ouverture, échaudé par l’échec désormais quasi-certain du coup de pouce additionnel aux particuliers américains réclamé par le curieux attelage entre Donald Trump et les parlementaires démocrates. Echaudé aussi par la dégradation de la situation sanitaire dans de nombreux pays, notamment le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Eh oui, il faudra encore compter avec le coronavirus dans les semaines et les mois à venir.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, avec toute l’équipe de Zonebourse, une fin d’année aussi agréable que possible et une meilleure année 2021.

Les temps forts économiques du jour

L’année macroéconomique se terminera sur les inscriptions hebdomadaires au chômage américain, à 14h30. En Chine ce matin, les indicateurs PMI officiels de décembre sont ressortis légèrement en deçà des attentes, à 51,9 points pour la composante manufacturière (consensus 52) et à 55,7 points pour la composante des services (consensus 56,3).

L’euro reste solide à 1,22886 USD. L’once d’or remonte à 1890 USD. Le pétrole varie peu à 51,46 USD le Brent et à 48,24 USD le WTI. La dette américaine offre un rendement de 0,92 % à 10 ans. Le Bitcoin repasse la barre des 29 000 USD à la hausse.

Les principaux changements de recommandations

  • Derichebourg : Midcap Partners reste acheteur avec un objectif relevé de 9 à 15 EUR.
  • Software : Credit Suisse reste neutre avec un objectif de cours réduit de 37 à 36,70 EUR.
  • Stillfront : Goldman Sachs reprend le suivi à l’achat en visant 145 SEK.

L’actualité des sociétés

En France

Annonces importantes

  • Les actionnaires de Tiffany donnent leur feu vert au rachat par LVMH pour 15,8 Mds$, soit 131,50 USD par action.
  • Carrefour a finalisé de l’acquisition, auprès de Dairy Farm, de 224 magasins de proximité à Taïwan et d’un entrepôt.
  • AXA cède ses activités d’assurance en Grèce à Assicurazioni Generali.
  • Edison (Electricité de France) vend ses actifs E&P en Norvège pour 300 M$ à Sval Energi.
  • CNP Assurances met la touche finale à son accord de distribution exclusif de long terme avec Caixa Econômica Federal au Brésil.
  • Korian fait entrer BNP Paribas Cardif et EDF Invest à hauteur de 336 M€ dans une structure immobilière détenant 81 actifs de santé.
  • Derichebourg entame des négociations exclusives en vue du rachat d’Ecore.
  • Nicolas Vatille quitte Akka, qui vient de finaliser une levée de fonds de 200 M€, dont 150 M€ apportés par la Compagnie Nationale à Portefeuille.
  • La restructuration actionnariale de Samse touche à sa fin, avec un système d’intéressement des managers, tandis que la fin d’année est restée solide au plan commercial.
  • CBo Territoria cède 51 logements pour 7,1 M€.
  • Début de cotation de Delta Drone International à la Bourse de Sydney, détenu à 50,4% par Delta Drone.
  • L’OPA simplifiée à 26 EUR sur Microwave Vision se profile.
  • EuropaCorp a publié ses comptes semestriels.

Dans le monde

Annonces importantes

  • Allianz sort de sa coentreprise dans la santé avec China Pacific Insurance en Chine, après avoir lancé sa propre structure dans le pays.
  • La Chine a homologué le vaccin covid-19 de Sinopharm.
  • Les Etats-Unis misent sur une autorisation en avril du vaccin AstraZeneca et l’Université d’Oxford. Le laboratoire britannique a soumis sa demande de mise sur le marché à l’Agence européenne du médicament.
  • com rachète la plateforme de podcasts Wondery, pour un prix non communiqué mais qui pourrait avoisiner 300 M$.
  • Enphase Energy va remplacer Tiffany dans le S&P500.
  • J. C. Penney se met en quête de son futur CEO pour remplacer Jill Stolau.
  • IAMGOLD et AngloGold Ashanti ont vendu leurs 40% respectifs dans la mine d’or Sadiola au Mali.
  • Edisun Power Europe met en service sa première centrale photovoltaïque à grande échelle portugaise.
  • L’israélien ZIM Integrated Shipping Services en piste pour une IPO à New York.
  • Countrywide a accepté une offre de rachat améliorée déposée par Connells, à 395 GBp l’action, contre 325 GBp précédemment.

Ça publie aujourd’hui. Néant.

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