Coronavirus : le casse-tête du football français en cinq questions – Foot 2020

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Publié le 10 avr. 2020 à 11h30

La question ne cesse d’agiter les instances footballistiques. Le championnat pourra-t-il reprendre et, si oui, dans quelles conditions ? Partout en Europe, la même incertitude plane tandis que la pandémie de coronavirus semble encore loin d’être sous contrôle. Face à la crise sanitaire, qui se double déjà d’une grave crise économique, les clubs tentent de s’organiser.

Malgré tout, difficile de trouver une forme d’unité. Pour les clubs, joueurs, ou les diffuseurs, le flou est commun, mais les intérêts divergent. Tour d’horizon de la situation dans CQFD.

1. Faut-il annuler la saison ?

L’hypothèse d’une annulation pure et simple de la saison est sur toutes les lèvres. Avec son lot d’interrogations : faut-il figer le classement, en sacrant le leader provisoire, le PSG, et en reléguant les clubs du bas de tableau ? Ou faut-il acter le principe d’une saison « blanche », sans attribuer de titre et en reprenant le classement de la saison précédente ? Dans les deux cas, le scénario serait cruel pour les uns ou les autres, notamment pour les clubs à la lutte pour le maintien – et inversement ceux pouvant briguer la montée en Ligue 1.

Une alternative a toutefois été évoquée : lisser le classement en fonction d’une méthode de calcul basée sur les probabilités. L’idée étant d’estimer au mieux quels auraient été les résultats des confrontations à venir. En appliquant cette méthode, déjà utilisée dans certains cas par la Fifa, le classement de Ligue 1 ne serait que très légèrement modifié, et cette solution serait probablement plus sûre d’un point de vue juridique.

2. Quel autre scénario est possible ?

Quelle que soit l’option retenue, une annulation n’est toutefois pas à l’ordre du jour, l’UEFA ayant menacé de sanctions les ligues qui seraient tentées de la faire. « Toute décision d’abandonner les compétitions domestiques est à ce stade prématurée et non justifiée », a fait savoir l’instance dirigeante du football européen. Dans son collimateur, la ligue belge, qui a proposé de mettre un terme à sa saison. Ses clubs se voient désormais menacés d’exclusion de la Ligue des champions et de l’Europa League, organisées par l’UEFA.

En France, beaucoup de dirigeants militent pour que la saison se termine, quitte à chambouler le calendrier. L’Euro-2020 ayant été décalé d’un an, la Ligue 1 pourrait donc se terminer durant l’été, par exemple en juillet. La tenue des matchs à huis clos pourrait alors être la solution retenue, comme en Allemagne, où les joueurs ont pour la plupart déjà repris l’entraînement.

3. Les chaînes continuent-elles de payer des droits TV ?

Rouages essentiels dans la mécanique du football professionnel, les diffuseurs sont au centre de toutes les attentions. Avec en toile de fond, une même question pour tous les acteurs : les droits de la saison sont-ils dus même si celle-ci est annulée ?

Oui, assurent les clubs de Ligue 1, dont plus d’un tiers des revenus provient de la manne audiovisuelle. Pas question, répondent Canal Plus et BeIN Sports, qui détiennent les droits du championnat de France et qui ont d’ores et déjà suspendu leurs versements. « Lorsqu’on n’est pas livrés, on ne paye pas. On n’est pas une banque », a ainsi martelé Maxime Saada, le patron de la filiale de Vivendi, dans le journal L’Equipe.

Alors que les clubs français éprouvent en temps normal des difficultés à équilibrer leurs comptes, le non-paiement des droits frapperait durement les clubs au portefeuille. Pour tenter d’apaiser la situation, le bureau de la Ligue a nommé un représentant chargé de négocier avec Canal Plus en la personne de Nasser Al Khelaifi, président du PSG et… de BeIN Sports.

4. Que vont devenir les joueurs en fin de contrat ?

La règle est universelle dans le milieu du football. Les contrats qui ne courent pas sur plusieurs saisons s’achèvent le 30 juin. Après quoi, les joueurs sont libres de s’engager où ils le veulent avec, souvent, une belle prime à la signature. Si le championnat de Ligue 1 reprend après cette date, quelque 120 joueurs pourraient ainsi se retrouver libres. Parmi eux : Edinson Cavani et Thiago Silva (PSG), Loïc Rémy (LOSC), Walter Benítez (OGC Nice).

Pour résoudre ce casse-tête, la Fifa a livré mardi des recommandations aux ligues. Elle préconise une prolongation des contrats jusqu’à la nouvelle date de fin du championnat afin de préserver « l’intégrité et la stabilité » sportive. Ainsi, les clubs pourraient proposer aux joueurs de signer un avenant à leur contrat.

Si les clubs misent sur la coopération des joueurs, soucieux de finir la saison arrêtée brutalement en mars, les négociations pourraient se révéler complexes avec les footballeurs qui ont déjà donné un accord pour signer dans un nouveau club cet été.

Par ailleurs, la Fifa a également recommandé aux ligues de repousser l’ouverture du marché des transferts tant que la saison des championnats nationaux en cours ne sera pas terminée.

5. Quel impact économique pour la Ligue 1 ?

Droits TV suspendus, recettes de billetterie inexistantes… La Ligue 1 voit ses revenus fondre comme neige au soleil. A cela s’ajoute un problème de taille : dans leur grande majorité, les clubs français équilibrent leurs comptes par le biais des transferts de joueurs.

Or les autres championnats, également touchés par la crise, pourraient se montrer beaucoup plus raisonnables que d’habitude lors du prochain marché des transferts. Autant dire que beaucoup militent contre une annulation de la saison. « Quand on pourra recommencer, il faut vraiment qu’on aille au bout du championnat […] pour sauver le chiffre d’affaires des 40 clubs (L1 et L2). Car on est 40 dans le même bateau », a ainsi déclaré à l’AFP Nicolas Holveck, le nouveau président de Rennes.

Le cabinet KPMG, lui, s’est risqué à chiffrer les conséquences économiques en cas d’annulation. L’impact sur la Ligue 1, bien que moindre que sur ses grands voisins anglais ou espagnol, pourrait atteindre 400 millions d’euros.

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KPMG

Pour réduire leurs coûts, les clubs ont donc pris leurs dispositions. La plupart d’entre eux ont recours au chômage partiel, tandis qu’un accord entre dirigeants et footballeurs a été trouvé pour une baisse provisoire des salaires, de 20 % à 40 % selon les cas.

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