Covid-19 : le monde sportif à l’arrêt – Euro 2020

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Covid-19 : le monde sportif à l’arrêt - Euro 2020

Paris, le vendredi 20 mars 2020 – Le 11 mars dernier, le Paris
Saint Germain brisait enfin « la malédiction des huitièmes de
finale
» qui frappait le club depuis trois saisons en Ligue des
Champions.

Après avoir surclassé les joueurs de Dortmund au cours d’un huis
clos surréaliste, les parisiens ont célébré la victoire devant des
milliers de supporters rassemblés devant le stade vide, en dépit
des préconisations officielles du gouvernement. Quelques jours plus
tard, l’UEFA annonçait la suspension jusqu’à nouvel ordre de la
compétition.

Le monde sportif n’est en effet évidemment pas épargné par les
conséquences de l’épidémie de Covid-19. En cette année olympique,
le monde sportif s’interroge sur l’impact à long terme de cette
catastrophe sanitaire planétaire.

L’Euro 2020… en 2021

C’est tout d’abord dans le monde du football que les répercutions
ont été constatées. La suspension du championnat italien et
l’impossibilité matérielle pour les clubs de se déplacer ont rendu
impossible le maintien des compétitions européennes. Dans un effet
domino, les championnats français, espagnols, anglais, belges,
allemands, néerlandais et portugais ont été suspendus sine die.
 

Conclusion logique, l’Euro 2020, qui devait se tenir du 12 juin au
12 juillet 2020, ainsi que la Copa América, ont été reportés à
l’année prochaine.

Le tournoi de Roland Garros reporté « à la hussarde
»

Dans le monde du tennis, l’étincelle fut déclenchée par l’annonce
surprise de l’annulation du tournoi d’Indian Wells qui devait se
tenir en Californie du 12 au 22 mars. Dans la foulée, de nombreux
tournois comptant pour le calendrier ATP (masculin) et WTA
(féminin) ont dû emboiter le pas (Miami, Monte Carlo, Madrid et
Rome…).

Mais même dans les crises internationales, on trouve parfois des
moments de frictions.

Ainsi, les organisateurs des Internationaux de France (qui devaient
se tenir du 24 mai au 7 juin) ont annoncé de manière unilatérale le
report de la compétition du 20 septembre au 4 octobre 2020.

Le choix de la Fédération Française de Tennis (en charge de
l’organisation du tournoi de Roland Garros) a fait grincer les
nombreux autres acteurs de ce sport.

D’une part, ce changement a été opéré sans aucune consultation des
joueurs, contraints potentiellement de commencer une saison sur
terre battue une semaine après la fin de l’US Open (l’enchainement
des surfaces étant un facteur important de blessures).

D’autre part, l’ATP et la WTA s’émeuvent de ne pas avoir été
consultées avant cette prise de décision (qui risque de provoquer
l’annulation de nombreux autres tournois prévus à cette
période).

Enfin, cette date imposée par la FFT risque d’être un crève coeur
pour Roger Federer, qui organise à la même période la très
lucrative et nouvelle « Laver Cup », qui a pour ambition de
réunir les meilleurs joueurs du circuit. Tony Godsick, l’agent de
l’homme aux 20 tournois du Grand Chelem, a d’ores et déjà indiqué
qu’il n’était pas question de reporter cette rencontre
prestigieuse.  
 
Reste une dernière inconnue tennistique : l’éventuel report ou
annulation du tournoi de Wimbledon (ce qui constituerait une
première depuis la seconde guerre mondiale).

Les Jeux Olympiques menacés ?

Aucun sport n’est désormais épargné par la cascade d’annulations :
en Europe, aux Etats-Unis et en Chine les compétitions de basket,
handball, cyclisme et Formule 1 sont totalement à l’arrêt.

Reste la question des Jeux Olympiques qui, pour l’instant,
demeurent maintenus à la fin du mois de juillet.

De nombreux athlètes s’interrogent toutefois sur l’opportunité d’un
maintien.

Tout d’abord, les sportifs invoquent un argument de simple bon
sens. Comme l’indique le décathlonien Kevin Mayer dans l’Equipe : «
je n’ai pas les informations et les connaissances médicales
nécessaires (…) mais je suis très matheux et, d’après les
graphiques, la pandémie est loin d’avoir atteint son pic. Je ne
vois pas comment on pourrait en être totalement sortis d’ici à
juillet
». La situation est observée avec d’autant plus
d’inquiétude que l’hémisphère sud risque sérieusement d’être touché
par la vague épidémique au début de l’été.

Mais l’autre argument en faveur d’un report est beaucoup plus terre
à terre : à l’heure actuelle, les nombreux tournois de
qualifications pour les Jeux ne peuvent tout simplement pas se
tenir.

Le CIO maintien à ce stade « qu’il n’est pas nécessaire de
prendre de décisions radicales
» à quatre mois des Jeux. Mais
cette déclaration provoque l’ire de certains membres sportifs du
comité, et notamment de l’ancienne hockeyeuse sur glace Hayley
Wickenheiser qui a fustigé la position « insensible et
irresponsable
» de son instance.

La dernière annulation des jeux olympiques dans l’histoire remonte
à 1940. Les jeux devaient alors se tenir également à Tokyo.

Des sportifs touchés

Fort logiquement, les sportifs ne sont pas épargnés par la
maladie.

Le 11 mars, le pivot de l’équipe Utah Jazz Ruddy Gobert a ainsi été
contrôlé positif au coronavirus.

Quelques heures avant l’annonce du diagnostic, celui-ci avait
minimisé l’impact de l’épidémie en touchant de manière volontaire
l’ensemble des micros des journalistes lors d’une conférence de
presse. Ce dernier a par la suite présenté ses excuses pour son
comportement.

En France, le champion du monde de football Blaise Matuidi, a
également été contaminé. Dans un message, ce dernier a appelé les
Français à la « discipline » face à l’épidémie.

Le stars sont également mises à contribution pour répandre les
messages de sensibilisation sur les gestes barrière, à l’image des
joueurs du Paris Saint Germain.
 

C.H.