Croissance : le FMI revoit ses prévisions à la hausse sauf pour l’Europe – Foot 2020

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Publié le 26 janv. 2021 à 14:00Mis à jour le 26 janv. 2021 à 15:22

Une activité économique meilleure que prévu au dernier trimestre 2020, l’annonce de nouveaux plans de soutien et la mise au point de vaccins contre le Covid-19 redonnent espoir au Fonds monétaire international (FMI). En publiant, ce mardi, de nouvelles prévisions, l’institution multilatérale s’attend à ce que la croissance mondiale atteigne 5,5 % cette année. C’est un 0,3 point de pourcentage supplémentaire par rapport à ses calculs du mois d’octobre dernier .

Néanmoins, tous les pays ne sont pas à la même enseigne puisqu’ils n’ont pas tous le même accès aux vaccins. « La communauté internationale doit agir rapidement pour assurer un accès mondial rapide et large aux vaccinations et aux thérapies, pour corriger la profonde inégalité d’accès qui existe actuellement », avertit Gita Gopinath, l’économiste en chef du Fonds, sur un blog. « Le nationalisme vaccinal pourrait coûter à l’économie mondiale jusqu’à 9.200 milliards de dollars », avait averti lundi le patron de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, citant une étude de la Chambre de commerce internationale.

Fort rebond américain

Dans l’immédiat, Gita Gopinath observe que les pays industrialisés devraient retrouver le chemin de la croissance plus rapidement. A commencer par les Etats-Unis dont la prévision de croissance a été relevée de 2 points à 5,1 % cette année en raison du plan de soutien de 1.900 milliards de dollars prévu par la nouvelle administration. Même constat pour le Japon dont la hausse du PIB, prévue à 2,3 % en octobre dernier, devrait atteindre 3,1 % grâce au soutien budgétaire du gouvernement annoncé à la fin de l’année dernière.

L’Europe à la peine

En revanche, les pays européens apparaissent comme les parents pauvres de la reprise. Le FMI a revu à la baisse d’un point de pourcentage à 4,2 % ses pronostics pour la zone euro cette année. L’Allemagne est créditée de 3,5 % (-0,7 point), la France de 5,5 % (-0,5 point), l’Italie de 3 % (-2,2 points) et l’Espagne de 5,9 % (-1,3 point). La zone euro pâtit d’une faiblesse de l’activité observée fin 2020 qui devrait se poursuivre au début de 2021, dans un contexte de hausse des infections et de nouveaux confinements. Résultat : les Etats-Unis devraient dépasser leurs niveaux d’activité pré-Covid cette année, bien en avance sur la zone euro. C’est déjà le cas en Chine qui a retrouvé son niveau de croissance prévu avant la pandémie au quatrième trimestre de 2020, devançant toutes les grandes économies. Le FMI anticipe une croissance de 8,1 % pour cette année en Chine.

Les nouvelles prévisions de croissance mondiale du FMI

Les nouvelles prévisions de croissance mondiale du FMI

Reste que le Fonds ne verse pas dans l’euphorie béate. Ses prévisions restent sujettes à de nombreuses incertitudes : « Bien que les récentes approbations de vaccins aient fait naître l’espoir d’un revirement de la pandémie plus tard cette année, de nouvelles vagues et de nouvelles variantes du virus » menacent ces perspectives de croissance. « Beaucoup dépend maintenant de l’issue de cette course entre un virus en mutation et des vaccins pour mettre fin à la pandémie, et de la capacité des décideurs politiques à fournir un soutien efficace jusqu’à ce que cela se produise », alerte Gita Gopinath.

« Si les vaccins et les thérapies restent efficaces contre les nouvelles souches de virus, nous pourrons peut-être sortir de cette crise avec moins de cicatrices qu’on ne le craignait », ajoute-t-elle. Pour le FMI, des progrès plus rapides pour mettre fin à la crise sanitaire entraîneraient une augmentation cumulée des revenus mondiaux de 9.000 milliards de dollars sur 2020-25 dont environ 4.000 milliards pour les économies avancées.

Des cicatrices profondes

Les cicatrices mettront pourtant du temps à disparaître. Cette année, plus de 150 pays devraient enregistrer un revenu par habitant inférieur aux niveaux de 2019, indique l’économiste en chef, et ils seront encore 110 en 2022. A 22.000 milliards de dollars, la perte de production cumulée entre 2020 et 2025 par rapport au niveau anticipé avant la pandémie « reste substantielle ». Pire encore, plus de la moitié des pays émergents et en développement qui ont convergé vers les économies avancées au niveau du revenu par habitant au cours de la dernière décennie devraient enregistrer un retournement de leur situation entre 2020 et 2022. Si l’horizon semble s’éclaircir, le retour à la normale n’est pas pour demain.