Dans le rouge en 2019, Renault ne voit pas de redressement en 2020 – Foot 2020

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Le constructeur automobile français est tombé dans le rouge l’an dernier pour la première fois depuis 2009, enregistrant une perte nette de 141 millions d’euros, plombé par la baisse de l’activité, la chute de la contribution du partenaire japonais Nissan et une charge fiscale en France.

Pour 2020, dans un marché mondial toujours en déclin, le groupe au losange anticipe une nouvelle baisse de sa rentabilité opérationnelle, qui devrait se situer entre 3% et 4% des ventes. Il table sur un chiffre d’affaires «du même ordre» qu’en 2019 et sur une activité automobile générant des flux de trésorerie positifs. La marge opérationnelle a chuté de près d’un milliard d’euros à 2,66 milliards. Le chiffre d’affaires s’est replié de 3,3% à 55,5 milliards. «La visibilité pour 2020 reste limitée par volatilité attendue des marchés (…) et par les possibles impacts du coronavirus», a déclaré Clotilde Delbos, directrice générale par intérim, citée dans un communiqué. Elle s’est toutefois félicitée que Renault ait pu réaliser des «résultats conformes» au objectifs qui avaient été abaissés en octobre. Les prévisions 2020 ne tiennent cependant pas compte «d’éventuels impacts liés à la crise sanitaire du coronavirus», a souligné Renault.

Le constructeur français avait annoncé en janvier un recul de 3,4% de ses ventes l’an dernier à 3,75 millions de véhicules. Renault a également été victime d’une chute de la contribution financière de son allié japonais Nissan en difficulté, tombée à 242 millions d’euros, contre 1,51 milliard en 2018. Par ailleurs, les résultats ont été affectés par l’abandon d’une créance fiscale en France, se traduisant par une charge de 753 millions d’euros. Renault était tombé dans le rouge pour la dernière fois lors de la crise financière de 2009, quand il avait enregistré une perte de 3,1 milliards d’euros.

L’action du constructeur français a chuté de près de moitié en un an et se trouve quasiment à son plus bas niveau depuis dix ans, signe de la défiance des investisseurs. Le constructeur a également réduit des deux tiers, à 1,10 euro par action. Jeudi, de mauvaises nouvelles étaient arrivées du Japon où le partenaire Nissan, détenu à 43% par Renault, a encore revu à la baisse ses perspectives après une chute de ses profits sur neuf mois. L’arrestation de Carlos Ghosn au Japon en novembre 2018, sur des accusations de malversations lancées par des dirigeants de Nissan, avait plongé l’alliance Renault-Nissan dans la crise. L’ancien patron est désormais réfugié au Liban après avoir fui la justice japonaise.