Dix ans après, les ex-Fralib toujours debout et combatifs – Championnat d’Europe de Football 2020

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Cela fait 10 ans, le 28 septembre dernier, que le groupe Unilever annonçait la fermeture de l’usine Fralib à Gémenos. Les salariés
et la CGT ont lutté et gagné la coopérative Scop-Ti qui est toujours en activité avec 41 salariés coopérateurs. Avec leurs marques 1336 et Scop-TI bio, ils continuent de démontrer qu’un autre modèle économique, sans actionnaires, est possible.

Trois ans et huit mois de mobilisation, de lutte et de résistance, c’est ce qu’il a fallu aux anciens salariés de Fralib pour arracher à l’un des géants de l’agroalimentaire, la multinationale Unilever, un accord leur permettant de mettre en œuvre un projet alternatif : la société coopérative ouvrière provençale de Thés et Infusions, Scop-Ti.

Le 28 septembre 2010, en effet, les 182 salariés et leurs représentants syndicaux apprenaient que la multinationale, prétextant la compétitivité du site, la baisse du marché, la surcapacité de production, les coûts, etc., allait les mettre à la porte et délocaliser la production en Belgique.

Une bataille à tous les niveaux

« à l’intérieur, il y a un outil de travail, il n’est pas à eux, il est à nous. Les machines outils qu’il y a là nous appartiennent à nous. Il n’y a pas un boulon qui va sortir d’ici », annonçait alors sur le ton de la colère Olivier Leberquier, ancien délégué syndical CGT et actuel président du conseil d’administration de Scop-Ti, à la sortie de la réunion où la direction leur annonçait la fermeture de l’usine.

« Ce jour-là, nous avions annoncé ce que nous allions faire et nous avons fait ce que nous avions dit », lâche Gérard Cazorla, ancien secrétaire CGT du comité d’entreprise et président fondateur de la Scop. « On a dit “pas un boulon ne sortira de cette usine”, et pas un boulon n’est sorti. On a dit qu’on allait se battre sur les plans juridique et économique. On a mené une bataille à tous les niveaux : sociale, économique, juridique, médiatique et politique pour mettre en échec tous les plans d’Unilever pour se débarrasser de nous. »

Convaincus que la question de coûts avancée par Unilever ne tenait pas debout puisque la multinationale allait transférer 80 % de la production en Belgique, les salariés et leurs représentants syndicaux CGT se sont mobilisés contre cette décision. Ils ont entamé une bataille qui allait durer 1 336 jours.

La première étape de cette lutte a été le lancement de la bataille économique et juridique avec la proposition d’un projet alternatif à la fermeture, porté en CE dès le 3 janvier 2011. Un projet alternatif qui prenait le contre-pied d’Unilever en proposant de revenir aux arômes naturels plutôt qu’artificiels.

Autre proposition du projet : développer les circuits courts et travailler avec le secteur de l’agriculture sur des plantes aromatiques locales. « Déjà, la marque Scop-Ti d’infusions est à base uniquement de matières premières françaises », confie Olivier Leberquier. « Aujourd’hui, on contribue et on est moteur avec d’autres sur la relance des plantes aromatiques, notamment le tilleul, mais également d’autres plantes, verveine, camomille, menthe, mélisse… », souligne-t-il.

Le combat des Scoptistes aujourd’hui est de pérenniser leur activité. Pour cette année 2020, la coopérative prévoit une progression qui se situera entre 7 et 8 %. « Notre situation financière est toujours fragile même si on progresse régulièrement. On est toujours dans la résorption des déficits. On espérait boucler cette année 2020 au moins à l’équilibre, malheureusement avec la crise sanitaire, il y a beaucoup de choses qui ont été bloquées et donc la progression sera moins importante. On a encore beaucoup à travailler pour y arriver », explique Olivier Leberquier.

Le président du conseil d’administration de Scop-Ti annonce « une nouvelle étape de développement » de la coopérative avec la transformation du site en pôle de l’économie sociale et solidaire, avec le rachat probable des locaux par une société civile immobilière (SCI), Coop Mut, ce qui permettrait de diminuer les coûts de loyer.

« Un collectif de 10 mutuelles s’apprête à acheter le bâtiment. Il est prévu de rénover le site et d’y intégrer d’autres structures de l’économie sociale et solidaire. »

M.C.

Les grandes dates

2010

Le 28 septembre, le groupe Unilever annonce la fermeture de l’usine Fralib de Gémenos et sa délocalisation en Belgique et lance un plan de licenciements pour les
182 salariés. Ces derniers élaborent un projet alternatif.

2012

La communauté urbaine de Marseille préempte l’usine avec l’acquisition de ses 12 000 m² et la cession des machines pour
1 euro symbolique. Soutien aussi des collectivités (Région, Département, agglo du pays d’Aubagne).

2014

Le 28 mai, les 76 salariés restés dans le combat pendant 1 336 jours, après avoir fait reculer Unilever, signaient un accord de fin de conflit qui leur permettait de créer leur coopérative.

2017

L’équipe fait appel au financement participatif et mobilise plus de 3 000 contributeurs qui ont participé au financement de la coopérative pour un montant proche de 380 000 euros.

2020

Le chiffre d’affaires de la coopérative ouvrière continue à progresser, passant de 467 000 euros en 2015 à près de 4,3 millions en révisionnel pour l’année 2020.