En 2020, malgré la crise, le groupe Auchan parvient à se maintenir grâce au digital – Championnat d’Europe de Football 2020

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En 2020, Auchan a tenu le choc face à la crise.
En 2020, Auchan a tenu le choc face à la crise. (©Adobe Stock/Illustration)

Sans surprise en 2020, la crise sanitaire a fortement impacté le groupe Auchan, en partie à cause de l’importante baisse de la fréquentation de ses hypermarchés. Pourtant, les résultats sont moins mauvais que prévus, notamment grâce à l’explosion du digital (course en drive, click and collect,…). Parallèlement à ces résultats, le géant nordiste poursuit ses efforts pour assainir sa situation financière.

La crise a davantage impacté les hypermarchés

Ce qui était autrefois un atout est aujourd’hui devenu le handicap d’Auchan. Ses hypermarchés installés dans de très grands centre commerciaux en périphérie des villes sont boudés. Et la crise sanitaire a confirmé cette tendance, les clients évitant de plus en plus ces grandes surfaces pour leurs courses du quotidien, préférant les magasins moins démesurés. « L’hypermarché a été impacté le plus fortement par l’épidémie car il n’a pas eu le succès des autres formats », explique Edgard Bonte, président d’Auchan Retail. Ainsi en France, 19 hyper sur les 117 représentent à eux seuls 80% de la perte du chiffre d’affaires en 2020, « souvent ce sont ceux situés près des frontières belge et allemandes ». 

Du côté de Ceetrus, filiale immobilière d’Auchan et gestionnaire des galeries commerciales, 2020 a été « une année très difficile » à cause des nombreuses fermetures des sites. « On a connu en moyenne 75 jours de fermeture dans les surfaces louées par Ceetrus dans des galeries restées ouvertes », détaille Benoit Lheureux, porte-parole de Ceetrus. Bilan, une perte de 120 millions d’euros, soit -19,9 % par rapport à 2019 notamment à cause de la perte des loyers.

A l’étranger, Auchan s’est pris les pieds dans le tapis en Russie à cause de la forte baisse du taux de change du rouble, et a perdu 265 millions d’euros. Une situation compensée par une croissance des revenus de +3,8 % en Europe occidentale (hors France) et +2 % en Asie et Afrique. Par ailleurs, Auchan a aussi perdu 1 milliard d’euro en 2020 à cause de la chute des ventes de carburant.

Au total, Auchan Retail déclare avoir reçu 31 627 millions d’euros de revenus en 2020, soit une baisse de 5,2 % par rapport à l’année précédente. 

Le drives et le click and collect sauvent l’année

Malgré ces importants manques à gagner, le groupe Auchan assure avoir limité la casse en 2020. Les nouveaux modes de consommation (drive, click and collect et Auchan Piéton) permettent au géant nordiste de sortir la tête de l’eau. La crise, comme dans d’autres secteurs, a ainsi accéléré la transition digitale. Ainsi en 2020, le digital a généré 2,2 milliards de chiffre d’affaires, soit une hausse de 40% par rapport à 2019.

Dans les autres pays où le groupe est implanté, cette performance a été rendue possible grâce à des partenariats avec des entreprises de livraison à domicile. Par exemple avec la start-up Glovo, présente en Espagne, au Portugal, en Pologne et en Ukraine. Dans ces pays, 

En France, les drives ont « fortement performé » (+33 %), notamment Chronodrive, filiale d’Auchan. Ainsi que la livraison à domicile (+29 %) Le click and collect, désormais bien ancré dans les habitudes, a aussi permis de « sauver 30 % du chiffre d’affaires les rayons non-essentiels » en France lors du deuxième confinement. 

Eponger les dettes et se transformer

Malgré une année houleuse, le groupe nordiste a finalement bien résisté. Ce qui lui permet de poursuivre son vaste plan d’épuration des dettes lancés en 2018. En deux ans, le président d’Auchan Retail, assure avoir assaini les comptes. Après s’être séparé de « foyers de pertes au Vietnam et en Italie », Auchan a vendu toutes les parts de SunArt, sa filiale chinoise, à un autre géant : Alibaba. Gains de l’opération : 3,1 milliards d’euros. « Cela nous a permis de nous désendetter significativement », se réjouit Edgard Bonte.

Conscient de sa perte de vitesse dans l’Hexagone, en partie dû au désamour des Français pour les paquebots commerciaux, Auchan va accentuer sa transformation dans les années à venir. « Il faut repenser la vocation de l’hypermarché. Nous, on est convaincus que ça deviendra une market place physique et alimentaire avec des agriculteurs qui vendront directement aux clients » prophétise le président d’Auchan. En 2020, des premiers tests concluants ont eu lieu, avec des produits non alimentaires. Décathlon, Boulanger et Cultura ont ainsi eu le droit à leurs corners dans certains hyper. Mais aussi avec la friperie en ligne Patatam.

Le digital, qui a permis au groupe de se maintenir, est aussi un levier important. « On doit continuer d’accélérer pour compenser nos pertes, pour reconquérir des parts de marché en France. »