Entre Covid et Euro… 2021, un « casse-tête » géant pour Didier Deschamps – Euro 2020

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C’est une saison particulière qui attend Deschamps et les Bleus après la crise du Covid-19. — Bertrand GUAY / AFP

A cette période de l’année, si tout s’était passé comme prévu ces derniers mois – comprendre : pas de festin au pangolin ni de fichu Covid-19, et une victoire des Bleus en finale de l’Euro 2020 avec un but de Giroud en prolongation contre la Mannschaft – ce rassemblement tricolore aurait été simplement l’occasion des retrouvailles entre champions avec une petite remise dans le bain en douceur en vue du Mondial 2022. A la place, Didier Deschamps et l’
équipe de France attaquent une saison capitale en vue du prochain championnat d’Europe décalé, et le programme qui les attend d’ici au mois de juin prochain s’apparente plus au parcours du combattant qu’à une balade en amoureux le long du canal.

Entre les joueurs absents pour cause de Covid-19 (
Paul Pogba, Houssem Aouar), ceux qui sont eux quelques vacances après le Final 8 à Lisbonne (Mbappé, Kimpembe), ceux qui ont déjà repris le championnat (Nzonzi, Camavinga, Dubois, Ikoné, Ben Yedder) et ceux qui sont encore en phase de préparation (tous les autres), le sélectionneur va devoir jongler avec son staff pour ménager à la fois les organismes et les susceptibilités des coachs dont les joueurs ont été appelés en sélection, tout en présentant une équipe capable de ramener des points du premier déplacement de Suède, samedi en Ligue des nations. De quoi vous filer une migraine de tous les dieux. Prenez un Doliprane, Didier.

Le casse-tête français

« Ça fait plusieurs mois que les Bleus ne se sont pas retrouvés, ils n’ont pas tous le même état de fraîcheur physique. Le contexte actuel lié au Covid est totalement inédit, les sélectionneurs sont donc face à un cas de figure qu’ils ne connaissaient pas. Ça va être un vrai casse-tête pour DD et son staff, prévient Robert Pirès, qui sera aux commentaires de ce Suède-France samedi soir sur M6. Déjà, le mérite revient aux sélectionneurs d’avoir su composer des sélections dans ces conditions-là ! Je trouve que DD nous a sorti une belle liste avec de belles surprises ». A ce titre, la première convocation d’Eduardo Camavinga et Dayot Upamecano, ou le retour d’Adrien Rabiot ont permis de faire oublier un temps les bisbilles entre Deschamps et la LFP au sujet de la programmation du match Lens-PSG, calé deux jours seulement après France-Croatie…

Une incongruité calendaire qui a rendu fou le sélectionneur. « C’est une décision que j’ai trouvée plus que surprenante : gênante. Comme si la Ligue n’était pas au courant du calendrier international et se disait “l’équipe de France, ça ne compte pas”, ou bien alors “vous ne prenez pas les joueurs du PSG”, s’est-il emporté en conférence de presse. S’il y a un souci athlétique, je ne prends jamais de risque, quels que soient le joueur ou le club, et je m’efforce de rester cohérent, compréhensif, à l’écoute (…) mais à partir du moment où un joueur est apte à jouer, je suis libre de le gérer comme je veux. Je ne suis pas là pour faire de cadeau à qui que ce soit. Mbappé sur le terrain contre la Croatie ? On verra. Je ne suis contraint à rien. » 

« Je comprends que ça puisse l’agacer, embraye Pirès. Jusqu’à l’Euro le calendrier va être surchargé et les Bleus n’auront pas énormément de temps pour bien le préparer. Il faut se mettre à sa place… Déjà que sortir une liste dans cette période c’est pas simple, mais si en plus derrière la Ligue arrive et lui dit « on te programme Lens-PSG deux jours après ton match… Non, honnêtement, ce n’est pas le mettre dans les meilleures conditions que de faire ça. » Le cas du numéro 10 est d’ailleurs particulièrement révélateur du bazar actuel : après avoir repris l’entraînement début juillet, enchaîné des matchs de prépa, les finales de coupes et le Final 8 avec le PSG, Mbappé n’aura eu qu’une petite semaine de vacances avant de reprendre la saison.

Si jamais le PSG va loin en C1 et que les Bleus carburent à l’Euro, Mbappé pourrait potentiellement vivre une saison longue de… Douze mois (juillet-juillet, le compte est bon). Pour ne pas se retrouver à bagarrer avec les clubs ou les instances, le sélectionneur allemand Joachim Löw a, lui, pris la décision de ne pas appeler les internationaux du Bayern et de Leipzig ayant beaucoup joué lors du Final 8 à Lisbonne. « C’est une stratégie qui se tient aussi, valide l’ancien Gunner. Mais Deschamps a choisi de ne pas bâtir une liste au rabais, il veut d’ores et déjà concerner tout le monde dans l’optique de l’Euro. »

Un Euro au rabais ?

Pour le staff tricolore, la priorité va donc être de gérer au mieux les organismes. Comment ? « Disons que l’idée ça peut être du travail en groupe selon les niveaux de forme ou bien du travail complémentaire pour certains joueurs après l’entraînement collectif. On rentre beaucoup plus dans de l’individualisation du travail. Et ça risque d’être comme ça toute la saison, quand on voit que chaque jour ou presque on a de nouveaux joueurs testés positifs au Covid-19… », souffle Emmanuel Vallance, préparateur physique du VAFC. Problème, les préparateurs physiques de sélections « ont moins de connaissance de l’activité régulière du joueur que nous, en club. C’est plus simple pour nous de maîtriser tout ce qui est charge d’entraînement puisque nous sommes en permanence au contact des joueurs. En sélection, une grosse partie de leur boulot c’est la récolte d’infos, de données, de ressentis et ce n’est pas toujours évident. »

Dans l’idéal, il faudrait que les clubs et les sélections acceptent de travailler de concert pour faciliter la communication des informations sur les états de forme des joueurs. « Ce serait la solution idéale, c’est clair, mais connaissant la manière dont fonctionne le milieu du foot, j’ai du mal à y croire, admet Xavier Frezza, un autre préparateur physique travaillant individuellement avec une vingtaine de joueurs pros (Ben Yedder, Batshuayi, Mukiele). On sait que les relations clubs-sélections et entraîneurs-sélectionneurs ne sont pas toujours au beau fixe. La communication entre ces entités est souvent limitée. »

Emmanuel Vallance met cependant un petit bémol concernant les internationaux évoluant dans le championnat de France : « On a beaucoup échangé entre préparateurs physiques pendant le confinement car on était tous dans le flou. On a créé un groupe WhatsApp et on échange pas mal depuis le début de la crise sanitaire sur les problématiques du métier, les différentes méthodes de travail, etc. Comme le préparateur physique des Bleus est aussi celui du FC Nantes et que son adjoint est dans notre groupe de discussion, il a forcément de bonnes remontées d’informations ». Reste que la plupart des internationaux français n’évoluent pas en Ligue 1 et que les grands clubs européens ont d’autres chats à fouetter…

Enfin, n’oublions pas qu’au bout il y a un Euro à disputer. Or là aussi, le flou est total. Va-t-on assister à une compétition au rabais avec des joueurs sur les rotules et des blessures à tire-larigot ? « C’est à craindre, avance Xavier Frezza. Déjà lors des dernières grandes compétitions internationales, j’ai trouvé que la qualité de jeu avait baissé, les joueurs tiraient la langue. Ils sont vraiment soumis à un rythme fou. Ça risque d’être encore plus flagrant l’année prochaine ». On a déjà hâte d’y être…