fin de série pour le CAC 40 – Championnat d’Europe de Football 2020

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Le CAC40 s’arrête là. Pénalisé par la remonté des rendements obligataires sur fond d’espoirs d’accélération de la croissance et de pressions inflationnistes, le marché parisien met fin à trois semaines de progression. En repli de 1,22% sur cinq séances, l’indice retombe à 5.703 points ce vendredi soir.

Si la perspective d’une reprise de l’économie profite globalement aux actions, les investisseurs sont de plus en plus préoccupés par le risque de voir une accélération de la croissance et une augmentation trop rapide de l’inflation obliger les banques centrales à durcir leurs politiques monétaires ultra-accommodantes. Les déclarations des dirigeants de la Fed et de la BCE n’ont eu que peu d’impact malgré des propos toujours très ‘dovish’.

Ces préoccupations poussent les investisseurs à se défaire d’actifs plus risqués tels que les valeurs technologiques, fortement valorisées. Le mouvement de rotation vers les valeurs dites ‘value’ tels que les bancaires ou l’énergie s’est ainsi poursuivi ces derniers jours. Signe de ce regain d’aversion au risque sur les actifs qui avaient énormément progressé au cours des dernières semaines, le Bitcoin est retombé sous les 48.000$, soit 10.000$ de moins que le week-end passé.

Les publications d’entreprises ont également continué à animer la cote. Des résultats diversement appréciés avec du côté des bons élèves, Saint-Gobain, Teleperformance, AXA ou encore Fnac-Darty. A l’inverse, Lagardère, Engie ou Sopra Steria ont plutôt déçu.

LES VALEURS

* Vallourec s’envole de 28%. Le fabricant de tubes sans soudure a bénéficié de la nouvelle très bonne orientation des cours de l’or noir, bien qu’en retrait ce vendredi, sur fond d’espoirs d’accélération de la croissance mondiale, d’escalade des tensions au Moyen-Orient et de resserrement des stocks de brut. Les perspectives jugées encourageantes de TechnipFMC ont également dopé le titre.

* Air France KLM remonte de 13%. Les compagnies aériennes et les valeurs liées au tourisme ont été recherchées cette semaine, portées par les espoirs de réouverture des économies sur fond de poursuite des campagnes vaccinales et de données encourageantes sur l’efficacité des vaccins contre les variants du Covid-19. L’annonce d’easyJet (+8%) concernant une envolée de ses réservations à la suite des annonces du gouvernement britannique a également soutenu le secteur.

* TechnipFMC flambe de 12,7%. Le groupe a essuyé une perte nette de 39,3 millions de dollars, soit 0,09 dollar par action diluée au quatrième trimestre, pour un chiffre d’affaires de 3,43 Mds$ (-8,1%). L’EBITDA ajusté, qui exclut les charges et crédits avant impôts, a atteint 300,8 M$. Des résultats supérieurs aux attentes des analystes. La direction vise cette année un flux de trésorerie disponible compris entre 50 et 150 M$.

* Icade avance de 10,3%. Le groupe immobilier a maintenu son dividende à 4,01 euros par titre malgré la forte baisse des résultats 2020 sur fond de pandémie. Le résultat net, part du groupe, est tombé à 24,2 millions d’euros l’an passé, contre 300,2 millions en 2019, alors que les revenus locatifs sont ressortis à 377 ME, en hausse de 2,3% à périmètre constant. Les perspectives sont jugées positives pour 2021 avec un Cash-Flow Net courant par action attendu en croissance d’environ 3% (hors effet des cessions 2021) et un dividende 2021 également anticipé en hausse de 3% avec un payout en ligne avec 2020 (83%) et une quote part de PV de cessions, le tout “dans un contexte de situation économique et sanitaire stable”.

* Mercialys (+14,7%) et Klepierre (+13,5%) ont également repris du terrain cette semaine.

* Accor gagne 9,9% après la publication de comptes annuels sans grande surprise. Durement touché par la crise, le géant de l’hôtellerie a vu son Ebitda tomber à -391 millions d’euros en 2020 pour un chiffre d’affaires de 1,621 milliard d’euros, en baisse de 54,8% à périmètre et change constants (pcc), et de 60% en données publiées. La perte nette atteint 1,99 milliard d’euros contre un bénéfice de 464 ME un an plus tôt. Étant donné la consommation de liquidité enregistrée en 2020 et l’incertitude portant sur la reprise de l’activité, le Conseil d’Administration a décidé de proposer à la prochaine Assemblée Générale des Actionnaires le 29 avril 2021 de ne pas verser de dividende. Le groupe, qui exploite plus de 5.000 hôtels dans environ 110 pays, a précisé que 82% de ses hôtels étaient ouverts à la fin décembre, contre 90% à la fin septembre. L’hôtelier a également confirmé le déploiement rapide du plan d’économie de coûts récurrents de 200 millions d’euros, annoncé en août dernier.

A l’inverse, * Technip Energies retombe de 13,05% après des débuts boursiers tonitruants. La société scindée de TechnipFMC a été l’objet de plusieurs notes d’analystes qui débutent le suivi de la valeur. C’est notamment le cas de Bank of America qui est à ‘sous-performer’ avec une cible de 5 euros. La banque juge le titre mal valorisé alors qu’il se négocie sur une base de 13 fois l’Ebitda cash, contre 4-5 fois pour ses pairs et cite une activité “risquée”, avec des problèmes potentiels de projets et un important retour d’actions à venir. Le groupe d’ingénierie et de technologies pour l’industrie énergétique a confirmé l’ensemble de ses objectifs financiers pour l’exercice en cours, après avoir réalisé l’an passé des performances conformes à ses prévisions. Le résultat net ajusté a notamment augmenté de 78% à 220 millions d’euros pour un chiffre d’affaires ajusté en hausse de 8,8% à 6,01 MdsE.

* McPhy Energy plonge de 12%. Chouchou des marchés en 2020, le titre du spécialiste de l’hydrogène a subi des prises de profits appuyées mais quelques peu logiques après avoir vu son cours être multiplié par dix en un an. Par ailleurs, l’action commence à être ciblée par les vendeurs à découvert. Parian Global Management a ainsi récemment rapporté une position courte de 150.425 titres (0,54% du capital), rejoignant ainsi PDT Partners et Ancien Art. Selon les données de ‘Bloomberg’, les positions vendeuses sur le titre représentent environ 1,66% du flottant.

* SEB trébuche de 9,8%, alors que le groupe a réalisé en 2020 un chiffre d’affaires de 6,940 MdsE, en repli limité de 5,6%, qui se décompose en une baisse organique contenue à 3,8%, un effet devises de -219 ME (-3%) et un effet périmètre de +81 ME (+1,2%). Le Résultat Opérationnel d’Activité a atteint 605 ME, en retrait de 18,2%. Dans une optique de fidélisation de ses actionnaires, le Groupe va procéder à une attribution gratuite d’actions à leur profit. Le Conseil d’Administration a par ailleurs proposé de distribuer, au titre de l’exercice 2020, un dividende de 2,14 euros par action. En février 2020, le dividende initialement proposé au titre de l’exercice 2019 avait été de 2,26 euros par action, puis réduit de 33%, à 1,43 euro, compte-tenu des effets de la pandémie Covid-19.

* Valeo rend 9,1% après la publication de ses comptes 2020. L’équipementier automobile s’est dit confiant dans sa capacité améliorer sa performance financière en 2021 malgré les problèmes d’approvisionnement en semi-conducteurs, qui équipent un grand nombre de produits du spécialiste des systèmes d’électrification pour véhicules et des aides à la conduite. Valeo, qui a accusé une perte nette de 1,09 milliard d’euros en 2020 à cause du coronavirus, contre un bénéfice de 313 ME l’année précédente, prévoit un rebond de 10% de la production automobile mondiale en 2021. Citi a par ailleurs dégradé Valeo à ‘vendre’ avec une cible abaissée de 35 à 26 euros. Le broker estime que le groupe est le plus exposé à un choc de volumes si les stocks restent plus longtemps à un bas niveau avec un taux d’endettement élevé, une prime de valorisation et des attentes de croissance accrues.

* Faurecia recule de 8,2% après la présentation de ses comptes 2020 et de ses objectifs de moyen terme. L’équipementier automobile a réalisé l’an passé un résultat opérationnel de 406 millions d’euros contre 1,28 MdE en 2019 pour des ventes de 14,654 MdsE, en baisse de 17,5% en données publiées et de 19,6% sur une base organique. Le résultat net avant intérêts minoritaires est une perte de 321 ME, à comparer à un bénéfice de 665 ME en 2019 et le déficit net (part du Groupe) est de 379 ME contre un profit de 590 ME un an plus tôt. Partant de l’hypothèse prudente selon laquelle la production automobile mondiale devrait atteindre 76,6 millions de véhicules en 2021, soit une hausse de 8% par rapport à 2020, le groupe vise cette année des ventes d’au moins 16,5 milliards d’euros (dont un effet négatif d’environ 610 ME lié au périmètre et aux taux de change) avec une forte surperformance organique des ventes (supérieur à +600 pb) ; une marge opérationnelle d’environ 7%, proche des niveaux pré-Covid et un cash-flow net de l’ordre de 500 ME.

À l’occasion de son Capital Markets Day, Faurecia a donc aussi dévoilé ses objectifs de moyen terme. Le groupe table sur une production automobile mondiale de 82,3 millions de véhicules en 2022 et de 90,9 millions en 2025. Cela représente une croissance annuelle moyenne de 5,2% entre 2020 et 2025. Dans ce cadre, il vise cash-flow net cumulé de plus de 4 milliards d’euros d’ici à 2025 avec une surperformance annuelle moyenne des ventes supérieure à 500 pb sur la période 2020-2025 pour atteindre près de 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires à cet horizon. La marge opérationnelle devrait dépasser les 8% à cette date.

* STMicro (-7,7%), Soitec (-8,1%) et Dassault Systèmes (-8,8%) n’ont pas été épargnés par le mouvement de correction appuyé observé sur le Nasdaq ces derniers jours. Les niveaux de valorisation atteints par les rois de la tech américaine et la remontée rapide des taux d’intérêts sur des craintes de pressions inflationnistes expliquent ce retour de manivelle sur des valeurs plébiscitées par les investisseurs depuis de très longs mois.