Giroud admiratif de Camavinga : «Eduardo nous bluffe par sa maturité» – Ligue des nations – Championnat d’Europe 2020

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A 48 heures de la rentrée de l’équipe de France en Suède à l’occasion de la Ligue des nations, Olivier Giroud balaie l’actualité des Bleus… et la sienne.

Les enjeux de la Ligue des nations : «L’objectif est de la gagner. On est ambitieux, on est champion du monde en titre. On a beaucoup de confiance avec de nouveaux talents qui arrivent dans cette équipe de France. On a beaucoup d’espoir quant à l’avenir. Cela commence avec cette Ligue des nations même si ce n’est pas une grande compétition comme l’Euro ou la Coupe du monde, cela va nous permettre d’engranger beaucoup de confiance et de l’expérience pour les plus jeunes. On se frotte à des grandes équipes européennes. Il va falloir faire mieux que lors de la première édition où on est sorti un peu trop tôt à mon goût.»

Des stades vides en Suède et à Saint-Denis : «Jouer dans un stade vide sans le soutien du public, c’est un tout autre métier. Mais on doit faire avec. On a hâte de rejouer devant du public, c’est important car sinon le football perd de son charme. Mais on n’est pas le seul sport touché, on fait avec. On relativise et on essaie de se concentrer sur le terrain même si l’atmosphère est complètement différente. Ça ne nous enchante pas vraiment mais s’il faut disputer une grande compétition comme ça, on le fera parce qu’on est professionnel. Mais j’espère vivement qu’il y aura le retour du public pour l’Euro sinon cela manquera beaucoup de saveur quand même.»

«Dépasser Michel Platini (41 buts contre 31 à Giroud) ? Ce n’est pas quelque chose qui m’obsède»

Quel niveau de forme pour les Bleus ? «On doit s’adapter à cette période délicate et différente. Evidemment qu’il y aura différents niveaux de forme selon la préparation des joueurs. Pour ma part, j’ai eu une petite semaine d’entraînement avant de venir ici, je suis encore en préparation. C’est la première fois que ça nous arrive. On va devoir jouer deux matches en trois jours avec, pour certains, à peine une semaine de préparation. On le sait. C’est pour beaucoup de sélections la même problématique. On s’adapte et on ne peut pas faire autrement de toute façon. J’espère qu’on arrivera à avoir deux résultats positifs.»

La barre des 100 sélections dans le viseur (il en est à 97) : «C’est clairement un objectif tout comme le classement des buteurs. Cela me ferait entrer un peu plus dans l’histoire de l’équipe de France puisqu’il me semble qu’il n’y a que huit joueurs qui ont passé ces 100 sélections (7 exactement : Thuram, Henry, Desailly, Lloris, Zidane, Vieira, Deschamps, ndlr). Dépasser Michel Platini (41 buts contre 31 à Giroud) ? Ce n’est pas quelque chose qui m’obsède mais bien sûr que c’est un objectif qui me tient à cœur.»

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Son regard sur le petit nouveau Camavinga : «17 ans, c’est très jeune. Bien sûr qu’on prend un petit coup de vieux, moi qui vais faire 34 à la fin du mois (sourire). C’est le choc des générations. Ça m’est aussi arrivé quand j’ai commencé ma carrière à 18-19 ans de jouer avec des mecs qui en avaient 35. Je trouve surtout ça très motivant, ça me donne envie d’être là pour lui. Lui donner des conseils ou l’intégrer le mieux possible même s’il n’a eu aucune difficulté par son naturel et sa maturité à se fondre dans cette équipe de France. Eduardo nous bluffe par sa maturité en dehors et sur le terrain. Je ne suis pas surpris car j’avais déjà vu des matches du Stade Rennais. Il est très à l’aise. C’est un joueur très très prometteur, tellement jeune… Ce qui m’a surpris le plus c’est quand il est arrivé au château. J’ai rencontré quelqu’un de souriant, naturel, spontané. A l’aise avec tout le monde, très sociable. Honnêtement c’est un très bon petit. Je pense que c’est le début d’une longue aventure pour lui en équipe de France.»

«J’ai encore quelques belles années devant moi»

Son avenir en bleu au-delà de l’Euro 2021 : «Je n’en sais rien du tout. Je suis concentré sur le court et le moyen terme. On verra ce que l’avenir nous réservera. J’ai encore quelques belles années devant moi. A partir du moment où je serai décisif et compétitif pour mon club et l’équipe de France, si le coach a besoin de moi, je serai toujours présent. Je ne me fixe aucune limite pour l’instant. Le fait que l’Euro 2020 soit décalé d’un an, je ne pense pas que ça change grand-chose pour moi. J’ai toujours autant de motivation et une grande détermination à jouer cet Euro. J’ai hâte que l’Euro 2021 arrive.» 

Le 3-5-2 aperçu en Albanie : «Ça va faire neuf ans que je suis en équipe de France et la première fois qu’on a joué en 3-5-2, c’était en Albanie (en novembre 2019). Ça a été assez concluant car il y a eu la victoire (2-0) et un bon match de notre part. Je ne sais pas si c’est la meilleure formule mais en tout cas c’est bien d’avoir plusieurs cordes à son arc et de pouvoir changer de dispositif tactique. C’est le coach qui décide. Il fait par rapport aux caractéristiques des joueurs du moment. Nous, on s’adapte. On connait les avantages et les forces de ce 3-5-2. Nos latéraux ont tous une très bonne qualité de centre, c’est prometteur pour l’avenir. Je n’ai aucune préférence (de partenaires en attaque) dans ce système. C’est important d’avoir des attaquants avec des qualités différentes. On a la chance d’avoir des attaquants qui ne jouent pas dans le même registre. J’ai été à l’aise avec Wissam (Ben Yedder) en Albanie en 3-5-2, j’ai pris beaucoup de plaisir. Je suis certain, que ce soit avec Antho (Martial), Kylian (Mbappé) ou même peut-être Nabil (Fekir), que j’aurai autant de facilité. C’est important de maîtriser plusieurs dispositifs tactiques. 3-5-2, 4-3-3, 4-4-2, c’est une chance de pouvoir changer d’un système à l’autre avec des joueurs qui s’adaptent et comprennent les déplacements.»

«Je ne suis pas naïf, je sais que le club a acheté (Timo) Werner pour le faire jouer»

Sa situation à Chelsea : «Les six mois avant le confinement ont été très difficiles. Tout le monde sait que j’ai été proche d’un départ. Je me suis remis dedans après le mercato hivernal et j’ai clairement saisi ma chance. Ça a été une grande victoire quelque part pour moi. C’était un défi assez important, il ne fallait pas passer à côté de cette chance que le coach me redonnait. Je suis très heureux d’avoir renversé cette tendance. Je suis confiant aussi pour l’année à venir qui sera belle et bien remplie avec Chelsea. Il y a de la concurrence mais elle m’a toujours boosté et motivé pour me battre pour ma place. Je ne suis pas naïf, je sais que le club a acheté (Timo) Werner pour le faire jouer. On n’a pas du tout le même profil. C’est quelqu’un qui aime s’excentrer sur le côté, il l’a fait en club et en sélection. S’il était un attaquant du même profil que moi, j’aurais été plus inquiet. Mais là, par rapport aux différentes équipes qu’on pourra rencontrer, le coach optera pour un système ou un autre. J’espère vraiment avoir du temps de jeu pour continuer sur ma lancée de la saison dernière.»

Traverse-t-il la meilleure période de sa carrière ? «Moi qui suis très attaché aux statistiques, car on demande à un attaquant d’être efficace, j’ai marqué 8 buts lors de mes 10 dernières titularisations en Premier League. C’est très positif. Mais il y a eu d’autres périodes dans ma carrière où j’ai été assez prolifique comme lors de la saison 2015-16 où j’avais marqué 34 buts en club et avec l’équipe de France. J’ai eu des belles périodes dans ma carrière mais (aujourd’hui) c’est comme avoir une deuxième jeunesse après des mois très difficiles. Pouvoir revenir, retrouver du plaisir sur le terrain et enchaîner ça m’a fait le plus grand bien.»

Une relation apaisée avec Lampard : «Ma relation avec le coach a clairement évolué. J’ai appris à un peu mieux le connaître. On a fait quelques meetings en tête à tête. C’a aussi été positif pour lui. Il a également appris à me connaître un peu mieux. C’est une relation de confiance dans le sens où il m’a clairement fait confiance pour l’après-confinement. Il m’a donné ma chance comme il me l’avait annoncé en tête à tête. Je lui ai rendu sa confiance sur le terrain. Il connait mes valeurs et mon professionnalisme, il l’a loué dans la presse. J’ai une bonne relation avec lui. Ça ne veut pas dire qu’il me fera jouer tous les matches. Ce sera à moi de continuer à être performant à l’entraînement.»

L’arrivée de Thiago Silva chez les Blues : «Il peut clairement beaucoup nous apporter avec son expérience et son leadership. Le coach l’a pris pour ça. On a beaucoup de jeunes à encadrer. Il se fait un peu vieillissant comme moi mais je suis certain qu’il va beaucoup nous apporter. C’est un nouveau championnat pour lui mais je suis sûr qu’il va s’adapter très rapidement. J’espère qu’on pourra se mêler à la course au titre cette saison.»