Handball : Grâce Zaadi, taille patronne – Euro 2020

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La meneuse des Bleues, Grâce Zaadi, a débloqué le compteur de l’équipe de France face au Danemark, le 8 décembre, après 94 secondes de jeu.

Quand elle arrive en équipe de France, Grâce Zaadi se saisit de la caisse. Depuis trois ans, chez les Bleues du handball, c’est elle qui gère les comptes, fixe les tarifs et ne manque pas de vérifier que ses coéquipières y déposent une pièce après chaque retard à l’entraînement. « C’est son côté taulière, souffle Philippe Bana, l’ancien Directeur technique national (DTN), fraîchement élu président de la Fédération française. Elle aime tenir les rênes de la maison bleue ».

Très en vue aux commandes de l’attaque de l’équipe de France depuis le début du championnat d’Europe au Danemark, voici une semaine, la demi-centre de 27 ans, lumineuse et pétillante, a endossé l’habit de « patronne ». Et pas seulement du secteur offensif des Bleues. « Elle est en train de prendre les responsabilités de l’âme bleue », poursuit Philippe Bana, par ailleurs admiratif de sa faculté à se placer « au-dessus la mêlée, à être joviale au milieu d’un handball professionnel un peu broyeur ».

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Dix ans plus tôt, c’est pourtant « très discrètement » que la native de Courcouronnes (Essonne), formée à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), était arrivée au Metz Handball, comme en témoigne son ancien président Thierry Weizman : sur le terrain, elle évolue alors « dans l’ombre des grandes joueuses ».

En dehors, cette discrétion est cependant nettement moins de mise. A 17 ans Grâce Zaadi fait ses « bêtises d’ado », comme elle le dit aujourd’hui. Dans une maison, où elle cohabite avec sept joueuses du même âge, elle fait « la fête jusqu’à pas d’heure, enquiquine le voisinage et compagnie ». « On était une bande de copines qui aimaient beaucoup profiter », se souvient l’intéressée.

« Cheffe de meute »

C’est en tout cas sur les bords de la Moselle que, saison après saison et sur une durée de dix ans, la joueuse se construit et s’impose au sein des Dragonnes, au point de devenir la « cheffe de meute » de l’équipe, pour reprendre les termes de Thierry Weizman. Son parcours est quasi identique avec l’équipe de France, au sein de laquelle elle a été appelée pour la première fois en 2013. « Queen G » – son surnom en sélection – y est aussi très vite devenue une pièce centrale. Elle s’y révèle véritablement lors du Mondial 2017, où les Bleues se parent d’or. Le sacre en France à l’Euro 2018 ne fait que confirmer sa carrure et l’installe au cœur de la direction du jeu.

La puissance de son tir est l’une des armes importantes de l’équipe de France et le début de l’Euro 2020 l’a encore montré (elle a débloqué la marque lors des trois matches du premier acte). Mais « son régal c’est aussi de balancer une passe de 30 mètres qui arrive dans la main de la contre-attaquante à l’image d’un quaterback », commente Philippe Bana. L’intéressée confirme avoir « besoin du collectif pour (s)’exprimer ». 

A Metz, ce côté chef d’orchestre, elle l’a cultivé, endossant un rôle de capitaine et aussi de « grande sœur ». Par exemple en prenant sous son aile les jeunes « pousses » débarquées du centre de formation. Plus particulièrement les deux Guadeloupéennes – et futures internationales – Méline Nocandy et Orlane Kanor.

Sororal, Grâce Zaadi n’en est pas moins exigeante. Un chef d’orchestre n’a pas une baguette pour rien. « J’ai toujours été dure avec elles pour qu’elles bossent plus, c’est comme ça que j’ai été éduquée dans le hand, éclaire-t-elle. J’ai eu des entraîneurs stricts, la rigueur était le mot d’ordre. » « Elle leur a appris l’amour du maillot et l’envie de gagner des titres », confirme Thierry Weizman.

« Une dimension supplémentaire » avec un départ à Rostov

Dans cet Euro, où les Françaises, tenantes du titre, sont malgré tout en reconquête après avoir perdu leur titre mondial fin 2019, Grâce Zaadi a débarqué avec une nouvelle stature. L’hiver dernier, elle a pris la décision de quitter le « cocon » messin pour l’hiver rugueux de Rostov (Russie) où évolue l’un des clubs les plus en vue au plan européen. « J’ai longtemps réfléchi et je pense que c’est le bon moment dans ma carrière et dans ma vie de femme », avait-elle déclaré en janvier.

Ce changement était « nécessaire pour prendre une dimension supplémentaire », analyse Philippe Bana. Si l’intégration avec ses nouvelles coéquipières, à son arrivée en août, a été immédiate – « J’ai même été surprise de m’entendre avec tout le monde » – Grâce Zaadi a toutefois connu des débuts plus compliqués sur le terrain. Ce n’est qu’à compter du match de Ligue des Champions contre son ancien club, le 17 octobre, qu’elle a retrouvé ses marques. « Ça a été le réveil de Grâce, témoigne Thierry Weizman. Elle a retrouvé sa vision du jeu, ses renversements, ses passes avec le pivot et un tir extraordinaire. Toutes les qualités qui ont fait d’elle la meilleure joueuse du monde. »

Philippe Bana considère que l’Euro est en train de faire émerger une nouvelle joueuse, sur le terrain et en dehors. « C’est vraisemblablement l’éclosion d’une taulière à laquelle on assiste », souffle le nouveau président du handball français. La joueuse aura l’occasion de le prouver vendredi 11 décembre, dans le match qui opposera l’équipe de France à la Russie, championne olympique en titre et qui devrait être décisif pour une qualification en demi-finales.

A cette occasion, elle affrontera cinq de ses coéquipières de club. Disant se sentir comme « une infiltrée », Grâce Zaadi a hâte d’en découdre. « Je connais certains de leurs points faibles. D’un point de vue tactique, c’est super intéressant de préparer ce match ». Avant le début de l’Euro, elle n’a pas manqué de « titiller » ses coéquipières sur ce rendez-vous. Ce vendredi soir, elle aura l’occasion de leur montrer ce qu’est « la deuxième lame de Grâce Zaadi », que Philippe Bana dit voir émerger.

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Un palmarès déjà bien étoffé

7 juillet 1993 Naissance à Courcouronnes (Essonne)

2010 Entre au centre de formation de Metz Handball

2014 Gagne sa deuxième Coupe de la Ligue, après celle de 2011.

2016 Médaillée d’argent aux Jeux Olympiques.

2017 Médaillée d’or au championnat du monde, et élue meilleure demi-centre de la compétition.

2018 Médaillée d’or à l’Euro 2018.

2019 Remporte son septième titre de championne de France avec Metz Handball (après ceux de 2011, 2013, 2014, 2016, 2017, 2018) et sa quatrième Coupe de France (après celles de 2013, 2015, 2017).

Août 2020 Rejoint le Handball club Rostov-Don (Russie) et remporte la Coupe de Russie et la Supercoupe de Russie.