Handball. Le lexique pour tout comprendre de l’Euro 2020 – Championnat d’Europe 2020

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Schwenker, pastis, roucoulette, Chabala, 6-0, il est souvent difficile pour un non-initié de suivre les actions d’un match de Handball. L’Euro, débutant ce jeudi 9 janvier, est l’occasion de vous présenter les termes techniques les plus courants de ce sport, afin de suivre plus aisément le parcours de l’Equipe de France de Handball.

L’Euro de Handball va débuter ce jeudi 9 janvier. La concurrence pour l’équipe de France emmenée par Nikola Karabatic sera au rendez-vous | REUTERS


  • L’Euro de Handball va débuter ce jeudi 9 janvier. La concurrence pour l'équipe de France emmenée par Nikola Karabatic sera au rendez-vous
    L’Euro de Handball va débuter ce jeudi 9 janvier. La concurrence pour l’équipe de France emmenée par Nikola Karabatic sera au rendez-vous | REUTERS
  • Patrick Wiencek et Paul Drux sont la base du système défensif allemand.
    Patrick Wiencek et Paul Drux sont la base du système défensif allemand. | MAXPPP


L’Euro de Handball va débuter ce jeudi 9 janvier et durera jusqu’au 26. La bataille sera âpre pour le titre, car il est synonyme de qualification olympique. La Danemark, champion du monde et olympique en titre (déjà qualifié pour les Jeux), l’Espagne, championne d’Europe en titre et la France compteront parmi les têtes d’affiches de la compétition.

Pour suivre les aventures des différentes nations, et apprécier pleinement le jeu, il est préférable de comprendre les termes employés par les commentateurs. Car il faut le reconnaître, il est parfois difficile de décrypter les actions des matchs, tant le rythme et l’engagement physique est important au niveau international. Petit tour d’horizon du vocabulaire du handball.

Quelques règles élémentaires

  • 7 joueurs : Les équipes présentent 7 joueurs (1 gardien et 6 joueurs de champ) avec 9 remplaçants sur la feuille de match. Le temps réglementaire de la rencontre est de 2 fois 30 minutes.
  • Zone : La zone est la surface devant les cages, généralement peinte d’une couleur différente. C’est une zone réservée aux gardiens. Il y est interdit de s’y déplacer et d’y prendre appui. Cependant, il est possible de sauter par-dessus, pour réduire la distance avec les buts lors d’un tir.
  • 7 mètres : Le trait de penalty se situe à 7 mètres des buts. Les pointillés tracés à l’extérieur de la zone signalent les 9 mètres. En cas de faute simple (immobilisation de l’adversaire, pied involontaire) la balle est remise en jeu à partir de cette ligne des neuf mètres. En revanche, une défense en zone, ou une faute d’antijeu dans les trente dernières secondes d’une rencontre engendre un jet de 7 mètres.
  • Les postes : Le gardien de but : il est le dernier rempart dans les cages. Les ailiers : ce sont les deux joueurs excentrés. Sur attaque placée, ils sont généralement les finisseurs et sur contre-attaque, ce sont les premiers à partir vers l’avant. Le demi-centre : chargé de diriger le jeu et d’enclencher les systèmes, il évolue au centre dans une position reculée afin d’avoir une vision complète du terrain. Son rôle se rapproche du meneur de jeu au basket. Le pivot : il évolue au cœur de la défense adverse, il cherche à prendre position et à créer de l’espace par des blocs pour ses partenaires. Les arrières : situés entre le demi-centre et les ailiers, ils doivent prendre de la vitesse afin de tirer à 9 mètres ou de décaler l’ailier.
  • Le marcher : Dans le cas du handball, les joueurs ont le droit de faire trois pas, ou quatre appuis, avec le ballon sans poser de dribble.
  • Le bras levé : Il peut arriver que les arbitres se retrouvent à lever le bras pendant le match. Cela signifie que l’équipe en phase d’attaque risque d’être sanctionné pour jeu passif. Autrement dit, qu’elle cherche à gagner du temps, sans vraiment tenter de marquer. En tel cas, les arbitres lèvent un bras. L’équipe en phase d’attaque peut alors faire encore six passes maximum, avant de devoir rendre le ballon à l’adversaire.
  • Le carton bleu : Depuis 2016, les arbitres disposent d’un troisième carton, en plus du carton jaune et du carton rouge (disqualification). Le carton bleu, s’il n’est pas régulièrement sorti, averti le joueur qu’il est sous le coup d’une enquête disciplinaire pour sa faute. Cette enquête peut engendrer des suspensions longue durée.
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Mikkel Hansen, le demi-centre star du PSG, est le maître à jouer de la sélection danoise. | REUTERS
  • Les droitiers à gauche / Les gauchers à droite : On positionne, sur le terrain, les droitiers à gauche et inversement afin d’offrir aux tireurs un angle maximal de tir. Il arrive cependant que les droitiers se retrouvent à droite et réciproquement pour les gauchers. Dans ces cas-là, ils doivent souvent faire des “tirs désaxés”. Au lieu de tirer avec le buste droit pour passer au-dessus de la défense, ces joueurs vont chercher à contourner le rideau adverse pour ouvrir leur angle de tir.
  • Changements illimités : Les changements sont illimités au Handball. Le joueur entrant peut entrer sur le terrain uniquement lorsque son partenaire a quitté l’aire de jeu. Le changement a lieu dans une zone délimitée. Toute entorse à cette règle entraîne une sanction de deux minutes. Cette règle permet donc aux spécialistes défensifs de ne pas attaquer et inversement. Didier Dinart était, par exemple, connu pour ne participer qu’aux phases défensives de l’équipe de France.
  • 2 minutes et exclusions : Lorsque des défenses illicites sont sifflées, les arbitres peuvent sanctionner les joueurs d’une exclusion temporaire de 2 minutes. L’équipe sanctionnée est alors en infériorité numérique. Un seul et unique carton jaune sans conséquences peut-être également donné en guise d’avertissement avant les 2 minutes. Dans le cas où trois joueurs de la même équipe seraient sanctionnés d’un carton jaune, l’arbitrera infligera systématiquement un 2 minutes pour toute défense illicite. Si un joueur prend 3 fois 2 minutes, il est exclu et ne peut plus rentrer sur le terrain. En revanche, un de ses partenaires le peut au bout des 2 minutes de pénalité.

Tactiques défensives :

  • La « 6-0 » : C’est le schéma le plus utilisé. L’équipe met en place une défense à plat. C’est-à-dire que les 6 joueurs s’alignent sur la délimitation de la zone afin de protéger les buts. Cette tactique à l’avantage de ne laisser que peu d’espace latéral entre les défenseurs. Attention cependant à ne pas rester trop bas aux six mètres, beaucoup d’arrières de niveau international ont un excellent tir à 9 ou 10 mètres, voire plus pour certains.
  • La « 5-1 » : C’est une défense alternative. Un défenseur, généralement un ailier ou un demi-centre car plus mobile, joue devant la défense afin de tenter des interceptions. Ce fut l’une des tactiques phares de l’équipe de France des années Jackson Richardson. Cette défense a pour objectif de perturber les transmissions adverses mais laisse beaucoup d’espace entre les défenseurs. 5 désigne le nombre de joueurs à 6 mètres et le 1 le joueur avancé. Ce style appartient à la catégorie des défenses étagées, avec la 3-2-1. Dans le même registre que la 5-1, ce style défensif à pour vocation de faciliter les interceptions, tout en empêchant les arrières adverses de prendre de la vitesse. Attention tout de même, car si un défenseur se fait éliminer par son vis-à-vis, le chemin du but se retrouve plus accessible pour les attaquants.
  • La « stricte » : Lorsqu’un joueur adverse est intenable en attaque, il se peut qu’une “stricte” soit mise en place. Un défenseur est désigné pour couper et isoler l’attaquant de tout ballon et toute relation avec ses coéquipiers. Cette défense demande un investissement physique énorme de la part du joueur concerné, et laisse ses coéquipiers en situation de 5 contre 5, avec beaucoup d’espace à couvrir.

Les tactiques offensives

  • La supériorité numérique / le double pivot : Il est possible de faire sortir le gardien de but afin de faire rentrer un joueur de champ et de disposer de 2 pivots en attaque par exemple. Cette tactique n’est pas sans risque : si le ballon est récupéré rapidement par l’adversaire, et que le retour du gardien n’est pas immédiat, le but est grand ouvert.
  • Les croisés : Pour donner de la vitesse à la base arrière, les équipes enclenchent des systèmes offensifs appelés des « croisés ». Ces systèmes sont basés sur l’interversion des postes de deux joueurs (typiquement l’arrière croise avec le demi-centre pour la croisée la plus simple). Chaque équipe le décline en fonction de ses besoins : « l’Espagnole », le croisé demi-centre ailier ou « la yago » le croisé arrière demi-centre avec passage du pivot devant la défense sont des variantes très communes. Les Suédois sont les instigateurs des croisés redoublés afin d’étourdir la défense adverse, et leur jeu de mouvement incessant est un plaisir pour tout amateur de Handball.
  • La rentrée de l’ailier : L’ailier peut passer devant la défense et rentrer dans celle-ci afin de créer des espaces pour ses coéquipiers. Il rentre généralement vers le côté opposé de son positionnement de base.

Les gestes techniques

  • Le 1 contre 1 : En situation de face-à-face, le joueur effectue un droite-gauche à très haute vitesse afin d’éliminer son adversaire. Daniel Narcisse, ancien demi-centre tricolore en était un spécialiste.
  • La « roucoulette » : C’est l’un des gestes les plus spectaculaires du Hand. Le tireur met un effet important dans la balle pour que cette dernière change de direction au moment de l’impact avec le sol. Les trajectoires sont souvent surréalistes pour le plaisir du spectateur et le malheur du gardien. Ce tir permet souvent aux ailiers de s’offrir davantage d’angle au moment du tir.
  • Le demi-tour contact : Pour éliminer le défenseur, l’attaquant effectue une rotation sur lui-même, tel une toupie. Jérôme Fernandez, ancien capitaine de l’équipe de France, affectionnait ce geste. Il s’assure tout de même d’être assez proche du défenseur pour l’éliminer dans sa feinte. Il doit cependant ne pas être trop proche, car sinon son geste est annihilé.
  • Le « Schwenker » : Action très technique, nommée après son inventeur Uwe Schwenker, qui consiste, à la réception du ballon, à sauter pour feinter le tir, faire rebondir le ballon, le récupérer avant que les pieds ne touchent le sol et s’en aller au but. Cette action nécessite une grande coordination mais permet de faire sauter la défense sur la feinte initiale. Le demi-centre français Nikola Karabatic est un spécialiste du genre. Il en a fait son arme fatale numéro 1.
  • Le « Kung-fu » : C’est une action de haut vol, impliquant deux joueurs. Le passeur délivre une passe lobbée, dont le tireur, déjà en l’air, se saisit et tire immédiatement après.
  • Le passage de bras : L’attaquant effectue une sorte de moulin à vent avec son bras tenant le ballon afin de passer derrière le défenseur. Effectué à très haute vitesse, ce geste est quasiment inarrêtable.
  • Le tir à la hanche : C’est un tir effectué généralement en appui au niveau de la hanche. Très soudain, il permet de surprendre les défenses peu attentives.
  • Le « chabala » : C’est un petit tir flottant, généralement placé entre la tête et l’épaule du gardien. Il a tendance à énormément frustrer le gardien de but. Il peut se confondre avec un lob. Or dans le cas du Chabala le tireur casse son poignet au moment de tirer. Dans le cas du lob, le tireur pousse le ballon au-dessus du gardien.
  • Le « pastis » : C’est le surnom sympathique donné à un arrêt du gardien, où le ballon est bloqué/conservé par ce dernier. C’est un geste qui peut entamer la confiance du tireur.
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