Italie & virus : plusieurs manifestations malgré les interdictions de rassemblements – Championnat d’Europe 2020

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ROME | Plusieurs manifestations contre le gouvernement de Giuseppe Conte se sont déroulées samedi en Italie, notamment à Rome et Milan, des rassemblements interdits où aucune forme de distanciation sociale n’a été respectée pour prévenir les risques de contamination. 

À Rome, quelque 200 personnes, dont certaines se réclamaient ouvertement de l’extrême droite, ont manifesté en fin de matinée au cœur du centre-ville historique, dénonçant le gouvernement Conte, au cri de « liberté », a constaté l’AFP.

Lors d’une tentative de contourner le cordon de policiers anti-émeute, un petit groupe s’est échappé dans une ruelle, d’autres manifestants se sont couchés devant les véhicules des forces de l’ordre ou tapaient sur leur carrosserie.

« Nous voulons la révolution en Italie, le gouvernement Conte ne nous plaît pas », a déclaré à l’AFP l’un des protestataires.

« J’ai une entreprise avec 30 employés dont 20 sont au chômage technique. Ils n’ont pas touché un euro depuis trois mois, comment vont-ils manger! », criait Nicola Franzoni, un des organisateurs, évoquant des dizaines de milliers de petites et moyennes entreprises en grande difficulté. « Nous ne voulons plus de cette Italie ni de cette Europe », a-t-il dénoncé.

Une partie d’entre eux portait des masques chirurgicaux, souvent rabaissés sur le cou, mais aucun ne respectait les distanciations et gestes barrières préconisés par les autorités pour prévenir les contaminations au Covid-19.

À l’issue de cette manifestation non-autorisée, la police a cherché à identifier les manifestants pour les verbaliser.

Des scènes identiques se sont déroulées dans le centre de Milan, capitale de la Lombardie, ont rapporté des médias locaux.

Près de 200 personnes se sont rassemblées sur la place du célèbre Duomo (cathédrale), pour vilipender le gouvernement et réclamer, entre autres, un « gouvernement élu par le peuple » et le retour à la lire italienne, la monnaie en vigueur avant l’entrée de l’euro.

Là aussi, ces « gilets oranges » (la plupart portant une chasuble orange fluorescente) ne respectaient aucune distanciation sociale.

Le maire de Milan, Giuseppe Sala, a dénoncé une manifestation « irresponsable » et a demandé au préfet de police de traduire en justice les organisateurs du rassemblement.

La Lombardie a été la région la plus touchée par la pandémie de COVID-19 avec plus de 16 000 morts sur les 33 000 recensés dans toute l’Italie. La péninsule a entamé début mai son déconfinement et la situation se normalise lentement.

Illégaux, ces appels à manifester ont été relayés sur les réseaux sociaux, alors que tous les grands rassemblements publics restent proscrits par les autorités en raison des risques de contamination au nouveau coronavirus.