JCDECAUX: chute de plus de 40% du chiffre d’affaires 2020 – Euro 2020

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(AOF) – Le chiffre d’affaires ajusté du groupe JCDecaux pour l’année 2020 est en baisse de 40,6 % à 2,31 milliards d’euros, comparé à 3,89 milliards en 2019, dans un contexte marqué par la crise du covid-19. En excluant l’impact négatif lié à la variation des taux de change et l’effet négatif des variations de périmètre, le chiffre d’affaires ajusté est en baisse de 38,1 %. Le chiffre d’affaires publicitaire organique ajusté, hors ventes, locations et contrats d’entretien de mobilier urbain et de supports publicitaires, est en baisse de 39,5 % en 2020.

Le chiffre d’affaires annuel ajusté du Mobilier Urbain a baissé de 33 % à 1,131 milliard d’euros (-31,9 % en organique), significativement affecté tout au long de l’année par la pandémie de la Covid-19 avec une baisse de plus de 60% des audiences en Mobilier Urbain lors des confinements.

Pour le pôle Transports, le chiffre d’affaires annuel ajusté a reculé de 50,4 % à 810,9 millions d’euros (-47,1 % en organique), lui aussi plombé par la pandémie, avec des audiences chutant autour de 90% pendant les confinements. Les restrictions liées aux voyages internationaux se sont poursuivies en 2020, entraînant une réduction de 60% du trafic mondial de passagers.

Enfin, la division Affichage a enregistré un chiffre d’affaires annuel ajusté en retrait de 34,6 % à 369,7 millions d’euros (-30,8 % en organique), la crise ayant entraîné une baisse du trafic automobile de plus de 60% pendant les confinements. Mais dès que les confinements ont été levés, il y a eu un retour rapide des audiences automobiles, les ventes publicitaires locales affichant une certaine résilience.

JCDecaux n’a pas tenu à donner d’indication trimestrielle sur la croissance du chiffre d’affaires organique ajusté attendue en raison de la pandémie.

AOF – EN SAVOIR PLUS

Points clés

– Numéro un mondial de la communication externe créé en 1964 ;

– Groupe inventeur du concept du mobilier urbain (43,4 % des ventes), présent dans la publicité dans les transports (42,1 %) et dans l’affichage grand format (14,5 %) ;

– Implantation mondiale, avec des revenus de 3,9 Mds€, répartis entre la France pour 16 %, le Royaume-Uni pour 10 %, le reste de l’Europe pour 26 %, l’Amérique du nord pour 10 % et l’Asie-Pacifique pour 28 %, la Chine étant devenue le 1er marché du groupe ;

– Modèle d’affaires décliné en 3 activités publicitaires avec pour supports le mobilier urbain, les réseaux de transport terrestre et aéroportuaires et l’affichage grand format, avec une diversification dans le vélo-partage (n° 1 mondial) ;

– Capital détenu à 65,8 % par la famille fondatrice, avec un conseil de surveillance de 11 membres, le directoire étant présidé successivement par Jean-François et Jean-Charles Decaux ;

– Situation financière solide avec une dette nette de 1,2 1 Md€ face à 1,8 Msd€ de disponibilités.

=/ Enjeux /=

– Stratégie en 3 axes : croissance interne par gains de contrats, acquisitions stratégiques et optimisation du potentiel commercial et de la rentabilité des réseaux ;

– Stratégie d’innovation intégrée au modèle d’affaires (portefeuille de 141O brevets) axée sur :

– les services d’exploitation via la plateforme Digital Signage,

– l’exploitation des data et l’automatisation des processus d’achat du média via la plateforme programmatique VIOHH (13 pays connectés) ;

– Stratégie environnementale très volontariste et notée AAA :

– consommation d’électricité provenant à 100 % d’énergies renouvelables,

– éco-conception et économie circulaire,

– consommation d’électricité LED et intelligence de l’éclairage par modulation selon la présence d’humains,

– réduction des émissions carbone de 35 % entre 2017 et 2019 ;

– Contrats de long terme (15 ans en moyenne) assurant des revenus récurrents, indépendance à l’égard des annonceurs, les 10 premiers représentant 11,5 % du chiffre d’affaires, exposition à 37 % sur les pays à forte croissance et présence dans 12 des 15 villes les plus contributives au PIB mondial prévu pour 2030 ;

– Forte croissance du digital (24 % des revenus), 5 pays –Grande-Bretagne, Etats-Unis, Australie, Allemagne et Chine- en réalisant les 3/4 du chiffre d’affaires;

– Renforcement de la position en Chine.

=/ Défis /=

– Absence de visibilité du marché publicitaire dans les aéroports les gares et métros ;

– Valorisation boursière liée aux annonces d’attribution de contrats ;

– Impact de la pandémie : recul de 42 % du chiffre d’affaires et perte de 255 M€ au 1er semestre, en raison des confinements et du quasi-arrêt des transports aériens ;

– Réaction à la pandémie : soutien tarifaire aux clients, mesures en interne d’ajustement des coûts et investissements, négociations de baisse de loyers des supports publicitaires du groupe ;

– Risque de révision négative de la notation de la dette ;

– Suppression de l’objectif financier 2020 ;

– Suppression du dividende et baisse de rémunération des dirigeants.

Des signaux encourageants

Certaines études estiment que les investissements sur le marché publicitaire français devraient bondir de 9,5% l’an prochain pour s’établir à 13,4 milliards d’euros. Le marché retrouverait ainsi son niveau pré-Covid (13,2 milliards en 2019). La ruée des annonceurs vers les leviers numériques contribuera significativement à cette croissance. Après un développement de 10,5% l’an prochain, le numérique devrait capter 55,7% du marché français. Un ensemble de facteurs positifs comme les grands événements sportifs de 2021 (Euro, Jeux olympiques de Tokyo), 2022 (Coupe du monde de football) et 2024 (Jeux olympiques de Paris) porteront également le marché.

Sur le plan mondial, les professionnels prévoient un rebond de 12,3 % en 2021, après une décroissance de 5,8% cette année.