L. Nations – L’Espagne arrache le nul en Allemagne en Ligue des nations (1-1) – Euro 2020

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Soccer Football - UEFA Nations League - League A - Group 4 - Germany v Spain - Mercedes-Benz Arena, Stuttgart, Germany - September 3, 2020 Spain's Ansu Fati scores a goal later disallowed REUTERS/Kai Pfaffenbach (Reuters)

L. Nations

L’Espagne a eu beau avoir la possession du ballon, l’Allemagne a longtemps mené au score suite à un but de Werner avant que la Roja n’arrache le nul dans le temps additionnel grâce à Gaya (1-1).

La leçon : L’Allemagne est dans le vrai

Dix-huit mois. Cela faisait un an et demi que Luis Enrique n’avait pas dirigé la Roja avant le coup d’envoi de la rencontre entre l’Espagne et la Nationalmannschaft de Joachim Löw. Entre-temps, ses hommes s’étaient qualifiés sans embûche pour l’Euro 2020 et il nous tardait de les revoir à l’œuvre, de surcroît face à une autre nation amenée à jouer un rôle majeur l’été prochain. L’envie était d’autant plus grande qu’il fallait remonter à l’automne dernier pour trouver trace d’une affiche internationale. Se sachant certainement observés à l’occasion de ce qui s’apparentait à une rentrée, Allemands et Espagnols ne sont pas arrivés en retard. Du rythme, des occasions, quelques prestations individuelles de très haut niveau : la première période parvenait presque à nous faire oublier que la rencontre faisait office de footing de reprise pour nombre de titulaires du soir. Toni Kroos et cie paraissaient même ne jamais s’être arrêtés et s’ils avaient disposé de deux longueurs d’avance au terme des vingt premières minutes de la partie, il n’y aurait pas eu grand-chose à redire. Heureusement pour les visiteurs et l’intérêt de la soirée, David De Gea se montrait intraitable devant Thilo Kehrer (11e), Julian Draxler (13e) puis Leroy Sané (17e). De quoi donner l’opportunité à Sergio Busquets d’ouvrir la marque, suite à une jolie combinaison sur coup franc orchestrée par Fabian Ruiz (22e). La sentinelle ibérique butait sur Kevin Trapp mais les visiteurs, façon diesel, reprenaient dans la foulée le contrôle des opérations et à la pause il n’y avait donc rien d’illogique à ce que les deux formations regagnent les vestiaires dos à dos.

Un score équitable, donc, mais qui n’était pas du goût de Timo Werner. Frustré durant le premier acte, le nouveau joueur de Chelsea inscrivait son douzième but en sélection après un bon travail du néo-international Robin Gosens (1-0, 51e). La suite ? Une Roja joueuse dans le sillage d’un Thiago Alcantara omniprésent et toujours aussi inspiré, quelques opportunités pour Rodrigo mais aussi et surtout une verticalité de tous les instants côté allemand. De quoi donner le vertige à une défense espagnole qui s’en remettait de nouveau au talent de De Gea (66e) et à la maladresse des offensifs allemands dans le dernier geste (61e) pour rester dans la rencontre. Et si Alcantara, encore lui, manquait l’égalisation d’un cheveu après un superbe enchaînement (70e), son petit numéro rappelait aussi combien ceux qui évoluaient devant lui avaient eu du mal à exister, face aux trois centraux allemands. Un constat d’autant plus dommageable pour les champions d’Europe 2008 et 2012 que le ballon avait été dans leurs pieds 60% du temps. Les nostalgiques pouvaient alors être rassurés : le monde d’après ressemblait jusque-là comme deux gouttes d’eau à celui d’avant. Un constat qui ne plaisait guère à José Gaya. Au bout du temps additionnel, le latéral gauche était à la retombée d’une remise de la tête du batailleur Rodrigo pour égaliser (1-1, 90e + 6). Un but qui venait récompenser l’abnégation espagnole et sanctionner un léger relâchement des locaux. Pour mieux nous rappeler qu’il est des choses qui ne changeront jamais en football.

Le gagnant : Joachim Löw, choix de départ validés

De la composition de la liste au choix du dispositif en passant par celui des titulaires : il ne fallait pas disposer d’un Master en tactique ce jeudi soir pour comprendre quelles étaient les intentions du sélectionneur de la Nationalmannschaft. Et si ce match de reprise faisait office de test, alors Joachim Löw l’a passé avec succès. Le technicien a fait le pari de la verticalité et de la vitesse dans l’optique de l’Euro à venir et ce n’est pas le contenu du soir qui lui donnera envie de revoir ses plans. Car si tout n’a pas été parfait à la Mercedes-Benz-Arena, l’Allemagne a, 95 minutes durant, montré que vite et bien pouvait aller de pair.

Le perdant : L’animation offensive espagnole

Ferran Torres, Rodrigo et Jesus Navas. Sur le papier, le trio offensif espagnol avait de quoi donner des sueurs froides à un attelage Niklas Süle, Antonio Rudiger, Emre Can dont la vitesse est loin de constituer le principal atout. Problème pour la Roja : celui-ci n’aura quasiment jamais été débordé de la partie ou à tout le moins pas dans son dos. Avant la partie, Luis Henrique avait affirmé que nombre de ses joueurs «pouvaient donner plus devant le but» et ce n’est pas la rencontre du soir qui l’aura fait changer d’avis. – T. P.

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