La pandémie de Covid-19 creuse l’écart économique entre le sud et le nord de l’Europe – Foot 2020

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Publié aujourd’hui à 04h42, mis à jour à 04h44

C’est le symbole du luxe à l’italienne. Le « quadrilatère d’or » au centre de Milan, la capitale de la mode et du design, concentre un florilège de bijouteries haut de gamme, boutiques made in Italy et grands noms du chic – Gucci, Prada, Versace. « Nos clients sont des touristes internationaux ou de passage pour affaires, leur ticket moyen dans nos boutiques dépasse les 2 000 euros », se targue Guglielmo Miani, le président de MonteNapoleone District, l’association qui regroupe les 150 marques du quartier. Mais depuis le début de la pandémie, à l’exception du rebond de l’été, les rues du quadrilatère sont presque désertes. D’après le cabinet Deloitte, le nombre de visiteurs y transitant a chuté de 8 à 3,4 millions entre 2019 et 2020. Et les touristes chinois ont disparu. « C’est une grosse perte pour Milan », se désole M. Miani. Il dirige la marque de confection Larusmiani, fondée en 1922 par son grand-père. « Les grands groupes compensent avec les ventes en ligne, mais pour les petits groupes familiaux comme le mien, où tout est fait main, c’est un peu plus difficile. »

Le Sud touristique sinistré

Algarve, dans le sud du Portugal. En 2020, le tourisme régional a enregistré sa pire année de l’histoire, avec un nombre de nuitées tombé à 8,7 millions, contre 24 millions en 2019. « J’ai l’impression de revivre la crise de 2008 », confie Miguel Costa, 38 ans, cuisinier dans un restaurant dans la région. A l’époque, il avait choisi d’émigrer au Royaume-Uni, le temps que l’économie portugaise se relève. Il est rentré en 2015, alors que le tourisme décollait dans son pays. « Aujourd’hui, je songe à repartir. Les fins de mois difficiles, c’en est trop. »


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Italie, Portugal, mais aussi Espagne, Grèce, Malte, Chypre : le sud de la zone euro, très dépendant du tourisme, est frappé de plein fouet par la pandémie et, surtout, par les restrictions de déplacements liées aux mesures sanitaires. « Le Covid-19 va aggraver les divergences déjà existantes entre le sud et le nord de la zone euro, c’est très préoccupant », souligne Patrick Artus, économiste chez Natixis.

Même s’ils sont eux aussi affectés, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et les pays nordiques tels que la Finlande ont enregistré une récession moins violente en 2020. Parce que leurs économies dépendent moins du tourisme international. Mais aussi parce qu’ils sont entrés dans la crise avec des finances publiques bien plus saines, leur permettant de déployer des plans d’urgence et de relance plus ambitieux que dans le Sud – celui de l’Allemagne dépasse 8 % du produit intérieur brut (PIB), contre 5 % en France, 4,3 % en Espagne et 3,4 % en Italie.

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