la situation est inédite en 2020 avec des pertes nettes de cinq milliards d’euros – Championnat d’Europe de Football 2020

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Les entreprises françaises ont enregistré des pertes nettes l’an dernier, une première en 36 ans selon l’institut Rexecode.

L’investissement pourrait ralentir en 2021. Les entreprises françaises ont enregistré une perte nette l’an dernier pour la première fois depuis 1984. « Les résultats nets des sociétés non financières en France ont été négatifs à hauteur de cinq milliards d’euros en 2020 », précise aux Echos Denis Ferrand, directeur général de Rexecode. Ces pertes nettes avant versement des dividendes « signifient que les entreprises doivent s’endetter pour maintenir constant leur stock de capital productif », ajoute le directeur de l’institut. En 2019, le résultat net des sociétés non financières était positif de 75 milliards d’euros et il était en moyenne de 55 milliards d’euros les trois années précédentes. La dernière fois que les entreprises tricolores ont enregistré des pertes nettes, c’était juste après la mise en place de la rigueur par Jacques Delors, alors ministre des Finances, rappellent nos confrères du quotidien.

Autre constat de Rexecode, le taux de marge a chuté de 33,3% à 29,3% en 2020, en dépit des mesures de soutien aux entreprises (activité partielle, fonds de solidarité, prêts garantis par l’Etat). C’est son niveau le plus bas depuis 1985. La capacité d’autofinancement est, elle, tombée à son niveau de 2008. L’institut craint donc une diminution de l’investissement, relève Les Echos, sur plusieurs années, même si les taux d’intérêt sont très bas. Surtout, les entreprises ont dû s’endetter l’an dernier : leur endettement brut représentait 86% du PIB au troisième trimestre 2020, alors qu’il était de 74% en 2019, selon les chiffres de la Banque de France (BdF). Il faut prendre en compte les PGE qui n’ont pas encore été totalement dépensés et qui restent dans la trésorerie, note encore le journal.

Consommateur américain

La demande est un facteur déterminant dans l’investissement, le principal selon Les Echos. Elle est encore faible, les Français ne se sont pas remis à consommer, en raison des restrictions sanitaires, toujours d’actualité. Les analystes regardent vers les Etats-Unis : « L’impulsion pourrait venir du consommateur américain avec le plan de relance de Joe Biden, ce qui participerait à soutenir l’investissement en France et en zone euro », explique au quotidien Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum. Autre signe d’optimisme, le fait que les entreprises n’aient pas autant réduit leurs investissements que ce qui était attendu. Ils ont reculé de 9,6% en 2020, ce qui ne serait finalement pas si catastrophique.