La zone euro en quête d’un nouvel équilibre – Euro 2020

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Les ministres des Finances adoptent un nouveau programme de travail mais naviguent à vue face à une crise qui n’en finit pas.

Sauf à prendre des libertés avec le calendrier, le gouvernement De Croo n’a qu’une dizaine de jours pour rédiger et soumettre à la Commission son projet de budget 2021 et son plan de relance (“Recovery and Resilience Plan”). Comme l’ensemble de la classe européenne, il est pour l’heure libéré du cadre budgétaire: l’Union en a débrayé au printemps dernier en activant la clause dérogatoire au pacte de stabilité, qui “restera active dans l’année 2021”, a indiqué le commissaire européen au Budget Paolo Gentiloni, lundi soir, soulignant que les politiques budgétaires devraient continuer de soutenir la reprise. Il participait à la réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), qui adoptait un programme de travail pour l’année à venir sans laisser entrevoir le sort qui sera réservé à ces règles. Les ministres n’ont pas entamé de discussion pour définir les indicateurs qui définiraient “les circonstances d’un retour à des pratiques budgétaires plus normales”, a indiqué le président du groupe, l’Irlandais Paschal Donohoe.

“Possibilités de changement”

La discussion sur le moment, mais aussi la “progressivité” du retour aux règles communes, aura lieu “sans doute au printemps prochain”, selon Gentiloni, alors que l’endettement moyen des pays de la zone euro devrait s’établir cette année autour de 103% du PIB, et que l’Union n’espère pas retrouver son niveau de croissance d’avant-crise avant le début 2022.



“Il y a encore des zones grises, mais le seul fait que l’on s’interroge de cette façon est inédit depuis la création de la zone euro.”

Clément Fontan

UCLouvain

À quoi pourrait-elle aboutir ? Clément Fontan, qui enseigne l’économie politique européenne à l’UCLouvain et à l’USL-B, voit se mettre en place les conditions d’un changement de modèle. Alors que la crise de 2010 a été “cadrée” par l’idée moralisatrice d’une crise causée par l’endettement de la Grèce, celle de 2020 n’a pas de lien avec un supposé “péché” originel, “cela ouvre des possibilités pour un changement au niveau des règles budgétaires”, estime-t-il.

D’autant que la politique monétaire a changé: “La BCE a multiplié son bilan par cinq par rapport à 2010, pour poursuivre sa politique elle a besoin que les États créent davantage de dette sûre. Cela va peut-être dans le sens d’un changement de paradigme. Il y a encore des zones grises, mais le seul fait que l’on s’interroge de cette façon est inédit depuis la création de la zone euro.”

Contrôler le déséquilibre

Parallèlement à ce débat, l’Union croise les doigts pour avoir trouvé le bon dosage d’aides publiques, qui éviterait un creusement trop profond du déséquilibre de son marché intérieur. Parlement et Conseil de l’UE cherchent toujours le chemin d’un accord final sur le plan de relance européen de 750 milliards d’euros, qui doit prioritairement bénéficier aux pays du Sud – plus touchés par la crise. En attendant, les pays du Nord procèdent à des injections massives: à elle seule, l’Allemagne a débloqué 1.500 milliards d’euros – majoritairement sous forme de prêts – pour sauver ses entreprises. C’est autant que l’ensemble des aides d’État mobilisées par tous les autres pays de l’Union réunis. Des soutiens mobilisés en vertu d’une autre règle d’exception: un régime d’aides d’État considérablement assoupli.



“Ça ne peut pas devenir une habitude, ça va seulement nous mener au protectionnisme et ce n’est pas la manière d’améliorer la croissance économique.”

Tytti Tuppurainen

Ministre finlandaise des Réformes

Cette nouvelle donne incommode certains gouvernements – “ça ne peut pas devenir une habitude, ça va seulement nous mener au protectionnisme et ce n’est pas la manière d’améliorer la croissance économique”, estimait récemment la ministre finlandaise des Réformes Tytti Tuppurainen. Tandis que d’autres s’inquiètent des déséquilibres de long terme que ces aides pourraient créer au sein du marché unique, Clément Fontan estime que les aides allemandes ne posent pas de problème fondamental: “Il y a besoin de dépense supplémentaire allemande pour diminuer les déséquilibres macroéconomiques en Europe. Par ailleurs, cette aide peut être conçue comme une compensation des décisions coercitives prises pour des raisons sanitaires. Le déséquilibre, on ne le réduit pas en rabotant l’Allemagne, mais en augmentant les possibilités des autres.

Il s’agit en tout cas, selon la commissaire en charge, Margrethe Vestager, de ne “pas garder les règles plus longtemps que nécessaire”. Et si la formule est, ici encore, floue, c’est que l’Union continue de naviguer à vue dans la purée de pois du coronavirus.