Le Dinar « surévalué », voici sa valeur réelle selon un économiste – Championnat d’Europe de Football 2020

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Algérie – Face à l’alarmante crise que traverse l’économie du pays, Nour Meddahi; expert en économie et finances, a accordé un entretien au quotidien national Liberté, publié dans son édition de ce 14 mai; dans lequel il a fait part de son analyse et de ses prévisions concernant l’évolution de la valeur réelle du Dinar Algérien.

Alors que le Dollar a significativement augmenté en 5 ans, passant de 80 DA à 120 DA en 2019; la Banque d’Algérie a récemment revu à la baisse la valeur du Dinar, a confié le professeur Meddahi. « Actuellement un dollar vaut 128.8 DA; contre 120 DA vers la mi-mars, soit une chute de 6.9%; mais nous sommes encore très loin du compte »; a-t-il avancé soulignant que le dinar est surévalué.

Concernant l’impact positif de la dépréciation du dinar qui pourrait soigner les déséquilibres financiers du pays; l’intervenant a attesté que la baisse du dinar va abaisser les importations, devenant plus chères; et ainsi réduire le déficit externe. De plus, cela participerait à augmenter la fiscalité pétrolière, la fiscalité douanière et les bénéfices que va verser la Banque d’Algérie au Trésor; ce qui diminuerait du déficit budgétaire, a-t-il ajouté.

Selon lui, cette dévaluation va également encourager la production locale, et promouvoir les exportations hors-hydrocarbures; dont les produits agricoles. D’autre part, il a confirmé que tant que le dinar est surévalué et que le déficit externe est au-dessus de 3% du PIB, l’équilibre entre le dinar et les devises-clés n’est pas prêt d’arriver.

Valeur réelle de la monnaie : « Le Dinar Algérien est fortement surévalué », selon l’expert

Le conseiller fiscal en a fait une longue analyse, à commencer par faire savoir qu’au début de l’année; il estime que le dinar était surévalué de 25%. Selon lui, le Dollar Américain (USD) qui devait valoir dans un premier temps 160 DA. Avec l’arrivé de la pandémie du Coronavirus, suivie par la chute drastique des cours du pétrole; Meddahi est qu’un Dollar (USD) devrait valoir dans les 175 Dinars (DZD).

Selon un calcul en termes réels, cette valeur du dollar devrait être l’objectif de la Banque d’Algérie, a préconisé l’orateur ajoutant que d’ici l’été 2021; cela ferait une baisse de 31.4%. Il s’est expliqué en reconnaissant qu’en effet le passage de la valeur d’un dollar de 120 DA à 175 DA; va créer de l’inflation. Admettant que le tiers de la consommation du pays provient de l’étranger; il a évalué cette inflation à 15% étalée sur deux à trois ans. 

Pour lui, une autre hausse serait inévitable au cours des trois à cinq prochaines années; notamment celle des produits subventionnés, en particulier les produits énergétiques. « En y afférant une inflation de 20% sur trois à cinq ans, en plus d’une autre de 15% sur une période de cinq ans, qui va venir des autres hausses, par exemple celle du SNMG, que le gouvernement vient d’annoncer »; l’expert a déduit que la combinaison des trois inflations donne une inflation globale de 60% sur cinq ans; soit une moyenne annuelle de près de 10%. 

Par ailleurs, il a appuyé ce raisonnement, par une dernière inflation, celle des partenaires commerciaux; soit 2% par an, ce qui donne une inflation de 10.5% sur cinq ans. Ainsi, il a clairement déclaré qu’avec une économie déjà mal au point, la valeur de 175 Dinars Algériens (DZD) pour un Dollar Étasunien (USD); en termes réels passerait en cinq ans ou peut-être moins, à 253 DA en termes nominaux. 

À cet égard, il a remis en cause la défaillance du système bancaire et le système de retraite qu’il faudrait réformer; ainsi que les récentes mesures populistes, alors qu’il reste moins de 60 milliards de dollars de réserves de change.

Dévaluation du Dinar : Quel impact sur le pouvoir d’achat de l’Algérien ?

La baisse du dinar va générer de l’inflation, ce qui va baisser le pouvoir d’achat, a attesté Nour Meddahi; qui se dit favorable à la hausse de toutes les allocations d’aide. Dans ce sens, il a fait référence à l’allocation familiale qui n’a pas changé depuis l’année 2000; et de l’allocation forfaitaire de solidarité qui n’a pas changé depuis 2009.

Concernant la hausse du salaire minimum qui n’a pas changé depuis janvier 2012; il est d’accord là-dessus aussi, néanmoins; il a spécifié que tous les salaires indexés sur le SNMG vont augmenter de 11.1%; ce qui n’est pas raisonnable, étant donné que la situation économique du pays ne le permets.

De plus, la suppression de l’IRG sur les salaires inférieurs à 30.000 DA, est compliquée à réaliser sans l’appliquer à tout le monde; s’est-il étonné, car « environs trois millions de personnes; dont le salaire imposable est de plus de 30.000 DA, par mois, seront exonérées des 4.000 DA de l’IRG ». Ceci engendrerait une baisse d’impôt de 144 milliards de dinars, alors que le pays s’approche d’un déficit du Trésor de 15% du PIB, a-t-il argumenté.

Cependant, il a avoué que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, tend à tenir ses promesses électorales; « mais le problème est que le prix du baril de Brent était de 55 dollars le jour de l’élection présidentielle et de 30 dollars actuellement ». Nour Meddahi a conclu son entretien en appelant tous les Algériens à être solidaires car « la pandémie du Coronavirus est une catastrophe pour le pays »; a-t-il déploré.