Le tacle du lundi – PSG : la huitième merveille du monde – Championnat d’Europe de Football 2020

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Arrêtez tout ! Le Paris Saint-Germain joue mardi un huitième de finale de Ligue des champions. Oui, un huitième de finale. Depuis le mois de décembre, la planète football (français, rassurons-nous) ne pense qu’à ça. La double rencontre contre Dortmund. On scrute les résultats du PSG, l’état du quatuor magique et les performances de l’adversaire allemand. Pour un huitième de finale. On anticipe le dispositif tactique. Depuis janvier, les débats médiatiques accouchent d’un tas de questions : faut-il faire souffler Mbappé (début janvier) ? Faut-il le faire jouer tous ses matchs pour ne pas casser sa confiance – et son ego – (fin janvier) ? Faut-il le faire jouer pour qu’il ne perde pas son rythme (début février) ? Faut-il mettre sous coffre-fort la pépite Neymar pour qu’elle évite toute blessure avant le choc (début, mi, fin janvier et février) ? Tout ça pour un huitième de finale de Ligue des champions. On imagine les mêmes questionnements à Liverpool, Madrid ou Turin. « Avis à la population, notre club joue un huitième de finale de Coupe d’Europe. Cristiano Ronaldo doit-il arrêter de faire ses 3 000 abdos par jour ? »

Au vu de la faiblesse du niveau de la Ligue 1 et de l’absence de concurrence, le PSG ne peut en effet pas faire du Championnat de France l’alpha et l’oméga de sa saison. Rendez-vous est donc donné chaque mois de février, quand le club de la capitale se teste face à des équipes de son calibre. Et chaque année, c’est la même dramatisation et la même pression. Ce qui ne devrait être qu’une étape dans un projet plus vaste devient le projet lui-même : gagner un huitième de finale de Ligue des champions, plutôt que de gagner la Ligue des champions.

Traumatisme

Quand on a une équipe évaluée à un milliard d’euros, que l’on possède l’un des carrés offensifs les plus étourdissants d’Europe et qu’on est sorti de son groupe en première position, cet événementialisation d’un huitième de finale frise le ridicule et prouve que le PSG demeure un club moyen qui peine à peser sur la scène européenne. Au Barça ou au Real, les choses sérieuses commencent en demi-finale – ou en quarts les mauvaises années. Alors, certes, le passif du club parisien est lourd. Ces trois précédentes années, le PSG a été éliminé dès mars : une humiliation (la fameuse remontada), une résignation (le non-match contre le Real) et une débandade (défaite contre l’équipe B-C de Manchester), ça vous traumatise un club. Mais de là à faire tout un plat d’un huitième de finale contre une équipe certes attrayante offensivement, mais effrayante défensivement. Il faut savoir raison garder.

Alors, oui, le Paris Saint-Germain jouera ce mardi un huitième de finale aller de Ligue des champions. Mais en le prenant (presque) comme un match comme les autres, les hommes de Thomas Tuchel s’enlèveront de la pression et aborderont cette double confrontation comme le début d’une formidable aventure. Surtout lorsqu’on voit les autres mastodontes européens : le Real est en convalescence, Liverpool concentré sur son titre national, le Barça malade, Manchester City en bout de course… Que les dirigeants, entraîneurs et joueurs – et même les journalistes et consultants – se réfèrent au slogan du club : « Rêvons plus grand.  » Plus grand qu’un simple huitième de finale.

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