l’économie, bombe à retardement pour le régime – Championnat d’Europe 2020

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Les devises étrangères, euros et dollars en tête, sont une denrée rare ces jours-ci en Biélorussie. Selon de nombreux témoignages, il faut patienter des heures devant le guichet avant d’obtenir les précieuses liquidités contre des roubles biélorusses. « Tout le monde achète de la monnaie, les particuliers, les entreprises et les banques elles-mêmes », observe Vadim Iosub, analyste chez Alpari Eurasia.

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À l’origine de la ruée vers les guichets : la dépréciation du rouble. Après avoir perdu 20 % de sa valeur entre février et juillet face à l’euro, la devise biélorusse s’est à nouveau dépréciée de 10 % en août. Aux effets du coronavirus sur l’économie locale se sont ajoutées ces dernières semaines les incertitudes liées à la contestation. Les particuliers, inquiets pour leur capital, ont commencé à changer leur argent, ce qui a accéléré la dégringolade de la monnaie locale.

Chez de nombreux épargnants, la course aux devises s’accompagne de la fermeture de leur compte. « Il s’agit d’un acte politique de leur part. Leur démarche est d’ébranler le pouvoir », rapporte l’économiste Dmitri Kruk, chercheur à l’institut Beroc. « On ne connaît pas encore combien de dépôts ont été fermés. Certains évoquent 5 %, ce qui est déjà beaucoup. Les banques courent le risque de se retrouver sans liquidités, mettant à mal tout le système financier du pays. »

La dette se creuse

L’État, qui possède environ un mois et demi de réserves de changes, a dû se résoudre à laisser la monnaie perdre de sa valeur. « Si les gens veulent acheter des dollars, qu’ils y aillent », a déclaré ironiquement Alexandre Loukachenko. Problème, la chute du rouble aggrave la dette de l’État qui est à 90 % indexée en dollars. « Et les autorités doivent trouver 1,25 milliard d’euros d’ici à la fin de l’année », poursuit Dmitri Kruk. Une somme impossible à financer sur les marchés.

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Face au risque de défaut de paiement, Alexandre Loukachenko a été contraint d’appeler à l’aide Vladimir Poutine. « Seuls d’importants investissements étrangers pourraient maintenir l’économie à flot, prévient Dmitri Kruk. La Russie apportera peut-être le milliard de dollars nécessaire au remboursement de la dette, mais elle ne défendra pas les entreprises publiques biélorusses. » Le Kremlin n’a cessé de réduire depuis 2010 ses subventions directes et indirectes, dont la fourniture à prix cassé de pétrole : du brut que son voisin raffine puis exporte en Europe.

Vers la fin du « socialisme de marché »

Or, cette manne financière participe d’une part au train de vie des forces de sécurité aux effectifs hypertrophiés et permet d’autre part de combler les dettes des kol­kho­zes et des entreprises publiques peu rentables. Des centaines de milliers d’emplois sont ainsi maintenus artificiellement en vie face à la concurrence étrangère. Pour ne rien arranger, les sociétés du numérique, rare succès économique du régime, disent vouloir quitter le pays si les violences policières se poursuivent contre les manifestants.

À terme, c’est tout le « socialisme de marché » à la sauce biélorusse, sorte de capitalisme d’État, où le secteur public fournit 70 % du produit intérieur brut, qui menace de s’effondrer. « Les forces du régime semblent en mesure de contrôler les protestations sociales, mais pas la crise économique », prévient le politologue et journaliste Alexandre Papko. « Après les manifestations politiques, on peut s’attendre à des protestations sociales dans la rue. »