Léo Dubois : «On remet la machine en route en espérant éviter la casse» – Championnat d’Europe 2020

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Titulaire lors du dernier match des Bleus, le 17 novembre 2019, en Albanie (2-0), Léo Dubois, 4 sélections, aurait pu figurer actuellement parmi les 23 Bleus, réunis à Clairefontaine afin de préparer l’Euro 2020 dont le début était programmé ce vendredi. La pandémie est passée par là repoussant d’une année le tournoi. Le latéral droit de 25 ans a donc repris lundi le chemin de l’entraînement avec son club, Lyon. Voix posée et discours raisonné, il nous raconte ce drôle de contexte. Mais pas seulement.

Savez-vous à quoi correspondait la date du 12 juin 2020 ?

LÉO DUBOIS. Le début de l’Euro ! J’y ai pensé forcément, même si maintenant il faut passer à autre chose.

Comment aviez-vous accueilli l’annonce du report de l’Euro ?

Avec le contexte sanitaire international, je m’y étais préparé. J’attendais juste de savoir s’il allait être reporté ou annulé. La meilleure solution a été prise. On a un an devant nous pour s’y projeter. Dans la carrière d’un sportif de haut niveau, il est essentiel de participer à des telles compétitions.

Entre les blessés, les joueurs en petite forme, l’équipe de France s’avançait sans toutes ses armes vers le tournoi. De ce point de vue là, ce report ne sert-il pas, un peu, ses desseins ?

L’avenir le dira. Il est toujours préférable de bénéficier de tous ses atouts pour aborder un tournoi final. Mais avec la richesse de son réservoir, l’équipe de France a cette capacité de se maintenir à un haut degré de compétitivité. À titre personnel, ma meilleure vitrine demeure mon club. Il m’appartient d’être performant avec l’OL pour avoir le privilège d’être appelé en sélection. Nous ne sommes que 23 sur près de deux millions de licenciés.

Comment avez-vous traversé cette période de confinement, puis de déconfinement ?

La situation était inédite. J’ai quitté Lyon, juste après les annonces du gouvernement, pour rejoindre ma famille, dans un environnement où je me sentais bien. Auprès de mes proches, de mes amis, j’ai pu partager et échanger. Mais ça a quand même été très long. Mon quotidien me manquait, même si ces efforts étaient nécessaires au regard de la férocité de l’épidémie. Après le 11 mai, j’ai repris un peu ma vie d’avant, recommencé à sortir pour réactiver le lien social, tout en continuant à respecter les gestes barrière.

Votre corps n’a pas trop subi durant ces longues semaines sans pouvoir travailler normalement ?

Mon corps est mon outil, il faut le choyer. J’ai donc été encore plus vigilant durant cette période. Il est trop tôt pour en mesurer déjà les impacts et dresser un état des lieux. On saura, seulement dans quelque temps, si on a bien su assumer cette séquence d’inactivité ou du moins sans compétition. Là, on remet la machine ne route en espérant éviter la casse.

Le retour à l’entraînement, cette semaine, correspond-il à une première victoire sur le virus ?

Le football ne s’arrête pas et il reprend ses droits petit à petit. Il était important de renouer avec le terrain, de revoir ses partenaires, les gens du staff et plus généralement de reprendre son activité. On n’oublie pas, pour autant, ces mois écoulés, même si les choses commencent, un peu, à se normaliser. Le protocole sanitaire est bien là pour nous rappeler que c’est quand même un peu différent.

Qu’avez-vous pensé de l’arrêt définitif des championnats ?

J’ai éprouvé de la déception, car je voulais reprendre la saison. Quand on regarde à l’étranger, on se dit que la Ligue 1 aurait peut-être pu redémarrer. Il faut digérer cette décision et se tourner vers nos prochains rendez-vous.

Léo Dubois redoute que l’arrêt de la Ligue 1 puisse avoir des conséquences sur le parcours de l’OL en Ligue des champions./Icon Sport/Baptiste Fernandez
Léo Dubois redoute que l’arrêt de la Ligue 1 puisse avoir des conséquences sur le parcours de l’OL en Ligue des champions./Icon Sport/Baptiste Fernandez  

Jugez-vous, comme Jean-Michel Aulas, que Lyon a été lourdement pénalisé par cette décision ?

Il restait 30 points à prendre. On avait le potentiel pour aller chercher une place européenne. On ne nous a pas permis de défendre nos chances jusqu’au bout. C’est dommage.

La Ligue 1 est le seul grand championnat européen à ne pas redémarrer. Est-ce un lourd handicap en vue du 8e de finale retour de la Ligue des champions ?

Ça peut se révéler pénalisant. En temps normal, un déplacement à Turin n’a déjà rien d’évident. Et dans ce cas précis, la Juventus s’avancera vers cette rencontre en ayant disputé 12 journées de Serie A, quand on aura dû composer, dans le même temps, avec de simples rencontres amicales et heureusement une finale de la Coupe de la Ligue (NDLR : face au PSG) très importante pour le club dans l’optique d’une qualification pour la Ligue Europa. Même si on va manquer de rythme, tout est jouable. La préparation va s’avérer cruciale afin que notre corps nous suive le plus possible pour ce type de match de très haut niveau. Au coup d’envoi, l’OL est qualifié après son succès à l’aller (1-0). Et on récupère Memphis et Jeff (NDLR : Depay et Reine-Adélaïde gravement blessés à un genou en décembre).

Malgré le contexte anxiogène, l’absence de spectateurs, les règles sanitaires strictes, la notion de plaisir peut-elle encore exister ?

J’ai déjà vécu des matchs à huis clos. L’absence de public enlève un peu de piment. Mais comme compétiteur, cette notion de plaisir est quand même présente. Le plaisir tu te le procures dans la victoire. On est conditionné pour gagner.

En mars, vous avez apporté, avec les Bleus, votre soutien au personnel soignant. Ça vous a paru normal ?

Bien sûr. Chacun œuvre à son échelle. Certains joueurs ne tiennent pas à ébruiter leurs actions et agissent en toute discrétion. Avant d’être des footballeurs, on est des êtres humains avec une sensibilité. On sait hiérarchiser les priorités. La santé passe avant toute chose. On a tous conscience du formidable travail accompli par les services médicaux comme par toutes ces autres professions mobilisées au plus fort de la pandémie. Tant mieux, au fond, si cette période singulière a aussi permis de mettre un peu en lumière la dimension humaine de ces métiers. J’espère qu’on saura s’en souvenir.

Estimez-vous, comme d’autres, qu’il y aura un football d’après crise différent de celui d’avant ?

Le football ne changera pas pour les joueurs. Il y aura autour de nous les mêmes exigences.