Les carburants retrouvent leurs prix d’avant-Covid – Euro 2020

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Dans les stations-service françaises, la page de la crise sanitaire est presque tournée. En tout cas pour ce qui concerne les prix des carburants, qui sont revenus à leur niveau d’il y a un an, à la veille du premier confinement. Le litre de gazole était vendu en moyenne 1,37 euro le litre la semaine dernière, en hausse de plus d’un centime, selon les statistiques du ministère de la Transition écologique.

Le litre de sans-plomb 95 était commercialisé 1,48 euro, un centime et demi de plus que la semaine précédente. Dans les deux cas, de tels prix n’avaient pas été constatés depuis février 2020. Ils n’ont pas encore retrouvé leur niveau de janvier 2020 toutefois. Au début de l’an dernier, le sans-plomb 95 cotait 1,54 euro et le diesel 1,49 euro.

Quotas de l’Opep

L’explication de cette remontée est simple : les prix à la pompe suivent, avec un léger décalage, les variations des cours du pétrole brut. Or le baril de brent s’est apprécié de près de 25 % depuis le début de l’année. Exprimés en euros, les prix du brut importé en France ont augmenté de près de 14 % en décembre, puis encore de 10 % en janvier, selon l’Insee.

Les carburants retrouvent leurs prix d'avant-Covid - Euro 2020

Les cours sont portés par la reprise de la demande mondiale et, surtout, par les restrictions de production que les grands pays producteurs se sont volontairement imposées depuis l’an dernier pour soutenir les prix.

Demande inférieure à la normale

Les treize pays membres de l’Opep et leurs dix alliés menés par la Russie se réunissent d’ailleurs jeudi pour décider d’une évolution éventuelle de ces quotas. Etant donné la remontée inattendue des cours, certains pays veulent rouvrir les vannes, mais l’Arabie saoudite se montre réticente.

En France, la consommation de carburants est remontée par rapport aux deux périodes de confinement (mars-mai et octobre-décembre) mais elle reste inférieure de 15 % à la normale, montrent les chiffres de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) pour le mois de janvier.

Télétravail et couvre-feu

La demande est inférieure de 14 % à janvier 2020 pour le gazole, et de 19 % pour l’essence. « Les restrictions ont toujours un impact énorme sur les déplacements », constate Olivier Gantois, le président de l’Ufip. Le transport routier est pénalisé par les secteurs à l’arrêt comme l’hôtellerie, la restauration ou encore la culture. Les déplacements individuels sont eux aussi affectés, souligne-t-il, tant les trajets quotidiens à cause du télétravail et du chômage partiel que les déplacements de loisirs à cause du couvre-feu.