Les éleveurs donnent de la voix pour dénoncer des revenus en berne – Championnat d’Europe 2020

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Emmanuel Macron (au centre) visite une ferme à Etaules (Côte-d’Or), le 23 février.

Cette année, veaux, vaches, cochons et moutons sont privés de transhumance parisienne. Le Salon de l’agriculture, traditionnelle vitrine de l’agriculture française, ne sera pas inauguré comme initialement prévu, samedi 27 février. La pandémie de coronavirus qui avait contraint les organisateurs à fermer les portes de la plus grande ferme de France un jour plus tôt que prévu, il y a juste un an, sévit toujours.

Pas de vache égérie, trônant sur les affiches et mitraillée par les visiteurs. Pas de défilé de bêtes à concours prêtes à décrocher les précieuses médailles. Pas de déambulation de personnalités politiques déclarant leur flamme aux électeurs des campagnes. Et surtout, pas de porte-voix pour entendre celle des agriculteurs. Et en particulier, celle des éleveurs bovins, les plus inquiets pour leur avenir. Morne plaine…

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L’absence de ce rendez-vous est regrettée par tous. « Le Salon de l’agriculture, c’est un moment clé où l’on peut parler de notre métier, un moment utile dans le rapport de force au sein de la filière. C’est à la fois une caisse de résonance et un lieu de rencontre pour ceux qui gravitent autour des mêmes sujets », explique Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), syndicat spécialisé affilié à la FNSEA.

« Faire entendre la colère »

Même son de cloche, du côté de Nicolas Girod, porte-parole du syndicat Confédération paysanne : « C’est dommageable en termes d’image, car tous les yeux sont d’ordinaire braqués sur nous pendant dix jours. » Ce syndicat a donc décidé d’organiser, du 27 février au 7 mars, « le Salon à la ferme ». L’occasion de « faire découvrir l’actualité, sur le terrain, de l’agriculture paysanne ». Près de 200 exploitations convient les visiteurs sur l’ensemble des territoires, et une vingtaine organisent des débats thématiques en présence de parlementaires ou d’élus locaux.

La Coordination rurale a, elle, choisi de sonner l’alarme à Paris. Ce syndicat a fixé rendez-vous jeudi 4 mars aux Invalides pour « faire entendre sa colère ». « Deux suicides de collègues par jour, un tiers d’entre nous gagne moins de 835 euros par mois pour un travail hebdomadaire de 55 heures en moyenne. L’industrie et la grande distribution qui nous écrasent pour acheter toujours moins cher et souvent bien en dessous des coûts de production… C’en est trop », dénonce la Coordination rurale.

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