Les Français sortent moins leur carte bancaire, mais dépensent en moyenne davantage – Championnat d’Europe de Football 2020

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Le montant moyen des transactions a atteint 41 euros en 2020, en hausse pour la première fois depuis sept ans.

Si les ménages ont moins consommé l’année dernière en raison des confinements et des couvre-feux successifs, la carte bancaire n’a pas autant pâti de cette baisse des achats qu’attendu. En valeur, les Français ont dépensé 490 milliards par CB en 2020. Un chiffre en repli de seulement 1,5% par rapport à l’année précédente selon le groupement Cartes bancaires, car la crise sanitaire a augmenté l’utilisation du sans contact et les paiements en ligne, et le panier moyen des achats a augmenté.

Sans surprise, les confinements et couvre-feux successifs ont nettement favorisé le paiement de biens et services en ligne. Le nombre de paiements CB en vente à distance et e-commerce a crû de 12% l’année dernière. «À partir d’avril, les paiements en ligne ont fortement augmenté, portés par les biens spécialisés, mais également par le recours au drive mis en place par la grande distribution, et plus tard, par les commerces indépendants», observe Loÿs Moulin, directeur du développement chez le groupement Cartes bancaires. En valeur, l’e-commerce concentrait environ 22% de l’ensemble des paiements CB en 2020.

La fulgurante ascension du paiement sans contact en 2020

La crise sanitaire a également poussé l’utilisation du paiement sans contact. Les transactions par ce biais ont atteint 4,6 milliards en 2020, contre 3 milliards en 2019, et 60% des paiements inférieurs à 50 euros réalisés en magasin l’ont été en mode sans contact. D’un point de vue sanitaire, «les consommateurs ont été particulièrement séduits par cette technologie, car elle permet de ne pas toucher les touches du TPE», pointe Loÿs Moulin. D’ailleurs, selon le baromètre réalisé par le cabinet d’étude Kantar pour le groupement Cartes bancaires (*), 20% des sondés ont affirmé avoir utilisé pour la première fois le paiement sans contact en 2020, la principale raison étant la volonté de respecter les gestes barrières.

Autre facteur de cette progression fulgurante: le rehaussement du plafond de 30 à 50 euros à la sortie du premier confinement. En janvier dernier, le sans contact représentait 38% des paiements CB, un taux qui s’est élevé à 45% en mai 2020. «La réouverture des commerces non essentiels le 11 mai a forcément profité au paiement sans contact, mais le rehaussement du plafond a également été un facteur d’accélération de son utilisation», assure le directeur du développement du groupement. Ce phénomène s’est renforcé dans les mois qui ont suivi: en juin, 49% des paiements CB se faisaient sans contact, et ont atteint 52% en décembre.

Un panier moyen plus élevé

Le nombre de transactions CB a pourtant baissé de 5% en 2020 par rapport à l’année précédente. La quasi-stabilité du montant dépensé entre 2019 et 2020 ne s’explique donc pas par une hausse du nombre de transactions, mais de leur valeur. En 2020, le panier moyen était de 41 euros, soit 1 euro de plus qu’en 2019. Selon Loÿs Moulin, «cela semble peu, mais c’est une tendance inverse à celle observée depuis 2012. Cela faisait 7 ans qu’il baissait chaque année.» Comment expliquer cette légère progression ? «Les Français ont fait leurs courses, notamment alimentaires, moins régulièrement et dépensaient donc plus à chaque fois. Par ailleurs, pendant le premier confinement, il fallait faire un plein pour nourrir toute la famille toute la semaine», analyse-t-il.

Enfin, les paiements CB ont particulièrement augmenté dans la restauration en ligne, secteur où «ils enregistrent une croissance à 3 chiffres, grâce à l’explosion de la livraison et de la vente à emporter», souligne Loÿs Moulin. Une réalité qui s’observe dans le nombre de transactions effectuées avec les titres-restaurants dématérialisés, qui a doublé en 2020, atteignant 70 millions. Car si tous ne proposaient pas une offre combinant service à table, livraison et vente à emporter au début de la crise sanitaire, «un certain nombre de restaurants se sont adaptés entre les deux confinements», observe-t-il.

(*) Baromètre réalisé du 2 au 9 novembre 2020 sur un échantillon national représentatif de 1100 individus de 15 ans et plus.