Les marchés mondiaux hésitants face à des taux conquérants – Championnat d’Europe 2020

186

Les marchés européens montaient dans l’ensemble tandis que Wall Street reculait, en pleine hésitation des investisseurs face à la forte poussée des taux d’emprunt sur le marché obligataire.

Vers 16H10 (15H10 GMT), Paris prenait 0,20%, Londres 0,23% et Milan 0,36%, pendant que Francfort cédait 0,18%. A Wall Street peu après l’ouverture, le Dow Jones perdait 0,20%, le Nasdaq 0,78% et le S&P 500 0,49%.

Un peu plus tôt, la Bourse de Tokyo avait été portée par les performances de la Bourse de New York la veille, le Nikkei à Tokyo prenant 1,67% pendant que Hong Kong a gagné 1,20% et Shanghai 0,59%.

La forte progression des taux d’emprunt ce jeudi des deux côtés de l’Atlantique, un temps freinée la veille par des propos du président de la Banque centrale américaine, venait réveiller les vieux démons inflationnistes.

Alors que le taux à dix ans français est repassé en territoire positif pour la première fois depuis juin 2020, évoluant à +0,02%, le «Bund», le taux allemand de même échéance, référence en zone euro, cotait -0,24%, niveau proche de ses plus hauts depuis fin mars 2020, et le taux américain montait jusqu’à 1,48%, un nouveau plus haut depuis un an.

«Les taux pourraient maintenant accélérer sans que les actions ne s’en émeuvent, ce qui pourrait renforcer le risque d’une réaction violente à partir d’un certain seuil» évalué par beaucoup autour de 1,50% pour le taux américain, prévient Tangi Le Liboux, stratégiste du courtier Aurel BGC.

Selon lui, Jerome Powell a «visé juste» en «déclarant que l’inflation ne ferait pas son retour de manière durable au-delà de l’objectif de 2% avant trois ans», mais il a «aussi pris un risque (…) significatif» si cette inflation accélère de manière imprévue.

Outre-Atlantique, la révision du PIB pour le quatrième trimestre 2020 à la hausse, à +4,1%, a suscité peu de mouvements sur les marchés.

L’assurance reprend des couleurs

Le géant allemand de la réassurance Munich Re (+3,32% à 249,30 euros) a annoncé jeudi un bénéfice net en retrait de plus de moitié sur un an en 2020, lesté par la pandémie du Covid-19, mais va verser un dividende stable.

De son côté, le français Axa gagnait 4,80% à 21,28 euros en dépit d’un bénéfice net en baisse de 18% en 2020, à 3,16 milliards d’euros. Il a annoncé vouloir verser un dividende de 1,43 euro par action en 2021, montant identique à celui annoncé l’année dernière avant que la crise n’oblige à l’abaisser à 70 centimes.

Fortunes diverses pour la défense

Le groupe de défense BAE Systems (+0,81% à 500,00 pence) a enregistré un recul de 12% de son bénéfice net part du groupe l’an dernier à cause de l’impact de la pandémie, essentiellement au premier semestre, mais ses ventes sont en hausse sur l’année.

A Paris, Safran reculait en revanche de 3,64% à 116,60 euros. Le groupe est parvenu à rester bénéficiaire en 2020, publiant un bénéfice net de 352 millions d’euros, malgré la crise historique du secteur aérien due à la pandémie de Covid-19.

Du côté des devises, du pétrole et du bitcoin

Vers 16H10 (15H10 GMT), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril cédait 0,50% à Londres par rapport à la clôture de mercredi, à 65,85 dollars. Le baril américain de WTI pour le même mois reculait de 0,47% à 62,92 dollars.

L’euro montait face au dollar, de 0,42% à 1,2227 dollar. La livre restait proche de ses plus hauts en 3 ans, à 1,4153 dollar (+0,07%).

Le bitcoin gagnait pour sa part 4,9% à 51.150 dollars.