MAISONS DU MONDE : perte en 2020, envisage de quitter les Etats-Unis – Foot 2020

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(AOF) – Maisons du Monde se classe bon dernier du SBF 120 ce matin, le titre cédant 4,25% à 17,81 euros, après la publication de ses résultats annuels 2020. Sans surprise, l’année a été fortement perturbée par la crise du Covid-19 mais, dans l’ensemble, les données ont été conformes aux attentes des analystes. Malgré tout, un élément est venu chiffonner les investisseurs, puisque l’enseigne d’ameublement et de décoration a publié une perte nette de 16,1 millions d’euros, après un bénéfice de 57,8 millions en 2019.

La faute à une charge de restructuration de 54 millions d’euros pour la dépréciation des actifs liés à Modani (impact dans le bilan : 51 millions d’euros), son activité aux Etats-Unis, “la pandémie ayant compromis le plan d’expansion de son réseau de magasins, un pilier essentiel de la stratégie américaine du groupe”, explique Maisons du Monde.

Le groupe envisage d’ailleurs de se séparer de sa filiale outre-Atlantique et “étudie actuellement toutes les options stratégiques”, celle-ci étant devenue moins pertinente pour sa stratégie globale. Il entend en effet se concentrer sur les opérations européennes et l’amélioration du rendement des capitaux investis.

“Nous saluons la décision de la direction de donner plus de clarté sur la situation aux États-Unis, s’est réjoui Berenberg, car la fermeture de deux magasins de la marque MDM et le peu de communication sur Modani au cours des derniers mois avaient alimenté les inquiétudes”. Le broker allemand précise que “de nombreux investisseurs ont été sceptiques quant à une entrée aux États-Unis, et la décision de procéder à un examen stratégique de Modani et de reconnaître une dépréciation leur a donné raison”.

Pour sa part, l’EBITDA est en repli de 7% (dont +6% au second semestre) à 240,6 millions d’euros, mais est néanmoins ressorti supérieur aux attentes des analystes de LCM (237,7 millions d’euros). Sa marge est restée solide à 20,4% (-70 points de base), une performance qui s’explique par une amélioration de la marge brute de 50 points de base portée par des effets changes positifs, la baisse des promotions et un effet mix légèrement favorable.

Les ventes, révélées fin janvier, ont affiché un recul limité de 3,5% (-6,6% à périmètre comparable) à 1,1821 milliard grâce à une solide seconde partie d’année. Au second semestre, elles ont en effet grimpé de 4,8% (+3% à périmètre comparable), malgré la fermeture de plupart de ses magasins européens pendant quatre semaines au quatrième trimestre, grâce à la performance de ses collections de décoration (+25%), ainsi qu’à des ventes de Noël dynamiques en décembre.

Maisons du Monde estime que les deux confinements de 2020 ont entraîné au total une réduction nette des ventes d’environ 160 millions d’euros.

Les ventes en ligne ont, elles, augmenté de 29% l’an dernier et ont représenté 33% des ventes totales.

Comme attendu, le groupe a également décidé de rembourser intégralement le prêt de 150 millions d’euros garanti par l’État français qu’il avait contracté l’année dernière avant son échéance début juin 2021.

De plus, il va proposer lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires du 4 juin 2021 un dividende de 0,30 euro par action pour le compte de l’exercice 2020.

En termes de perspectives, Maisons du Monde vise pour l’ensemble de l’année 2021 une croissance des ventes élevée à un chiffre (“high single-digit”), avec un nombre relativement stable de magasins à la fin de l’année, ainsi qu’une amélioration du taux de marge d’Ebit, avec une augmentation allant jusqu’à 50 points de base. Enfin, le cash-flow libre est attendu supérieur à son niveau de 2020 qui est ressorti à 51,1 millions (contre 84,1 millions en 2019).

Des perspectives prudentes “mais cohérentes au vu du contexte”, considère LCM, qui a maintenu sa recommandation d’Achat et son objectif de cours de 21,8 euros sur le titre du distributeur d’ameublement.

De son côté, Berenberg estime que la direction de Maisons du monde a jusqu’à présent fait face avec succès à la crise du Covid-19, et continue d’apprécier le positionnement du groupe, sa stratégie omnicanale et les initiatives lancées par le management pour continuer à améliorer les performances financières (marketplace, nouvel entrepôt automatisé).

AOF – EN SAVOIR PLUS

Difficultés inédites pour les grands magasins

Le secteur doit affronter une conjonction d’épreuves inédites suite à la crise sanitaire : fermeture des points de vente, désertion des clients internationaux et désaffection des Français pour la mode. Les Galeries Lafayette vont perdre la moitié de leur chiffre d’affaires cette année (soit 1,7 milliard d’euros) et subir des pertes d’exploitation très significatives, comme ils n’en ont jamais enregistré depuis vingt-cinq ans. Le retour en France des touristes internationaux devrait être très progressif. Le groupe estime qu’il ne devrait retrouver le niveau de 2019 qu’en 2024. Le Bon Marché ou Le BHV pâtissent également du télétravail et des nouvelles restrictions à l’utilisation de la voiture dans la capitale. Le groupe Printemps, qui a obtenu un PGE de 150 millions d’euros, va fermer sept magasins en France. Pour se redresser, les acteurs misent sur le numérique et modifient leur positionnement en se tournant davantage vers la clientèle locale et en transformant les magasins en des lieux de vie.