McPhy, Carbios, Kalray : l’avis des gérants sur ces petites valeurs stars de 2020 – Championnat d’Europe de Football 2020

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Certaines petites et moyennes valeurs exposées aux secteurs de la santé, des technologies et des énergies renouvelables se sont envolées l’an dernier. Plusieurs gérants de fonds PME font malgré tout le choix de les garder en portefeuille.

Le succès de l’introduction du titre Hydrogen Refueling Solutions (HRS), la société grenobloise de construction de station de recharge pour véhicules à hydrogène, n’est peut-être que l’avant-gout d’une année qui s’annonce riche en introductions et heureuses surprises sur les marchés boursiers consacrés aux PME et ETI.

Car après avoir délaissé les petites et moyennes valeurs les investisseurs qui craignaient leur manque de liquidité semblent redécouvrir ce segment depuis l’an dernier.

La fièvre a notamment gagné les petites valeurs vertes, promises à un bel avenir sous les hospices de plans de relances sensibles à la dimension écologique des investissements, du green deal européen, de la ratification des Accords de Paris par les États-Unis…. Et ce d’autant plus que la cote manque cruellement de fabricants d’énergies renouvelables par rapport aux capitaux prêts à s’y investir ! Ce que les gérants qualifient d’effet «entonnoir».

Les valeurs vertes dans les portefeuilles des gérants

S’ils ne sont plus forcément acheteurs de toutes les valeurs d’énergie renouvelable à leurs cours actuels beaucoup de gérants en conservent précieusement en portefeuille, et pas les moins chères, tel le producteur français d’hydrogène McPhy qui, après sa spectaculaire progression figure encore en bonne place des fonds DNCA Actions Euro Micro Caps ou Pluvalca Initiatives PME.

Et ce malgré un ratio de soixante fois le chiffre d’affaires et des pertes attendues jusqu’en 2022. «Des commandes vont arriver» argumente Valérie Lefebvre chez DNCA qui a juste «un peu allégé» sa position, encore proche du seuil limite de 5%.

Les ratios hors normes n’inquiètent pas forcément les gérants. «On sous-estime encore les perspectives à long terme des nouvelles énergies» renchérit Sébastien Lalevée, directeur général de la Financière Arbevel et co-gérant du fonds Pluvalca Initiatives PME qui conserve donc sa position dans McPhy. Et conserve Neoen (nouvelles énergies) pour la qualité de son management, sa capacité à gagner de grands marchés et la «prime au leader».

La course pour dénicher les acteurs de la transition énergétique a aussi propagé la fièvre à des petites sociétés moins en vue tels que les fournisseurs d’équipements pour les énergies renouvelables, de matériaux bio etc.. que ces gérants tentent d’acquérir à des prix raisonnables et/ ou conservent précieusement.

En plus de McPhy, Valérie Lefebvre chez DNCA conserve donc Carbios (aussi apprécié par Sébastien Lalevée à La Financière Arbevel) dans la chimie verte, ou les spécialistes allemands des batteries Akasol et SFC Smart fuel Cell

De même Voltalia reste en bonne place chez DNCA Actions Euro Micro Caps et Sycomore Sélection PME malgré une valorisation élevée.

Tout comme les fabricants de matériaux recyclables aussi très recherchés, tel l’allemand Steico, qui a doublé de valeur en un an. «C’est l’un des leaders européens des matériaux d’isolation en bois. La société profite de l’engouement pour la construction et la rénovation éco-responsable, et des plans de soutien au bâtiment pour la réduction des émissions, qui se développent sur le vieux continent» souligne Augustin Lecoq, gérant de Mandarine Microcaps qui conserve la valeur même si ses modèles accordent une grande attention à la valorisation des sociétés.

Les secteurs numériques ont profité du Covid

Autre secteur proche de la bulle : celui du numérique car l’activité profite des confinements. «Toutes les sociétés vont continuer à se digitaliser» argumente Alban Préaubert gérant de Sycomore Sélection PME qui a notamment choisi Bastide dans l’équipement des postes de télétravail. Les pénuries de semi-conducteurs profitent à Kalray qui a doublé de valeur en un an et qui demeure encore parmi les favorites de DNCA Actions Euro Micro Caps et de Pluvalca Initiatives PME. Ce dernier a aussi investi la cybersécurité avec Wallix.

Sébastien Lalevée accepte de payer des primes. «Tous ceux qui prédisaient une bulle sur Facebook en 2012 n’avaient juste pas vu son potentiel, de même pour Amazon et Google». Et d’ajouter : «les plus belles histoires boursières sont celles de sociétés, qui année après année, révisent à la hausse leurs prévisions de résultats».

Même confiance dans les stars de la santé

Après son envolée boursière, le fournisseur de poches et de filtres à usage unique pour les grands labos pharmaceutiques Sartorius Stedim – qui n’est plus une petite valeur depuis longtemps – reste dans de nombreux fonds tels DNCA Actions Micro Caps et Nova Europe ISR. Outre Sartorius Stedim, Nova Europe ISR conserve également le fabricant français de vaccins Valneva propulsé sur le devant de la scène par les commandes britanniques de vaccins anti-Covid.

Vu les valorisations déjà atteintes par certaines valeurs, il pourrait y avoir des déconvenues. Plus une société a vu son titre s’enflammer plus le risque d’un retour de bâton est fort. Une controverse peut alors être brutalement sanctionnée. En témoigne la dégringolade récente de Solutions 30. Le titre de la société de technologies digitales a vu sa valeur divisée par deux en décembre dernier à cause des ventes à découvert et des allégations de tricherie sur les comptes et de collusion avec la mafia italienne du fonds Muddy Waters.

Pour minimiser les risques, mieux vaut avoir du temps devant soi et diversifier ses positions, comme le font ces gérants qui cherchent sans cesse de nouvelles pépites.