Nicolas Baverez: «L’euro en sursis» – Euro 2020

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CHRONIQUE – La crise du coronavirus a donné un formidable coup d’accélérateur à la divergence entre les États du Sud, en dérive économique et financière, et les pays du Nord, très critiques vis-à-vis de la politique d’assouplissement de la BCE.

Par Nicolas Baverez

Nicolas Baverez.
Nicolas Baverez. François BOUCHON/Le Figaro

L’Europe est la région du monde la plus touchée par la crise du coronavirus au plan économique comme au plan sanitaire. Si la gestion de l’épidémie a été chaotique, la riposte au choc économique a été bien plus rapide et adaptée qu’en 2008. Le choix de la rigueur monétaire avait alors provoqué une crise propre à la zone euro qui s’est ajoutée à la récession mondiale, différant la relance jusqu’à l’arrivée de Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). En 2020, à l’inverse, l’Union a réassuré les plans nationaux en activant la clause dérogatoire du pacte de stabilité et en mobilisant 540 milliards d’euros.

Pour autant, la survie de la monnaie unique n’a jamais été aussi menacée. Elle se trouve en effet prise en étau entre, d’une part, la dérive économique et financière des États du Sud et, d’autre part, les critiques croissantes contre la politique d’assouplissement quantitatif poursuivie par la BCE depuis 2015 émanant des pays du Nord, notamment l’Allemagne. La crise

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