objectifs, modalités, prix de l’action, avis – Foot 2020

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VeraCash : cession d’actions sur CIIB suivie d’une augmentation de capital de 2,5 M€

VeraCash a lancé une levée de fonds d’un montant de 2,5 millions d’euros sur le carnet d’annonces de CIIB (plateforme d’échange de titres non cotés). L’opération se déroule au travers d’une cession, par AuCoffre.com, actionnaire majoritaire de VeraCash, de 1.562.500 titres qui sera aussitôt suivie d’une augmentation de capital souscrite par AuCoffre.com, pour un montant correspondant au produit de la vente. Les particuliers intéressés achètent donc dans ce cadre des actions VeraCash existantes et non des actions nouvelles.

Ce mécanisme vise à garantir le succès de l’opération, quel que soit le montant levé. « La réalisation de l’opération ne nécessite ainsi aucun minimum : le risque d’annulation des souscriptions en cas de non-réalisation de l’augmentation de capital est donc évité », explique Jean-François Faure, président-fondateur de VeraCash et d’AuCoffre.com.

L’opération se déroule en deux temps :

  1. du 27 novembre 2020 au 15 janvier 2021 : période préférentielle de souscription réservée aux utilisateurs VeraCash
  2. du 16 janvier au 31 mars 2021 : souscription ouverte à tous (clients VeraCash, particuliers, personnes morales)

Prix de l’action VeraCash

L’opération prend la forme d’une offre à prix ferme : les actions sont vendues au prix de 1,60 euro par action, quelle que soit l’importance de la demande.

L’opération fait apparaître une valorisation de 19 millions d’euros pré-money (avant émission des actions nouvelles) et de 21,5 millions d’euros post-opération, si 100% des actions proposées trouvent preneur.

L’action se paierait, sur la base du business plan communiqué dans le cadre de l’opération, 15,7 fois ses bénéfices 2021 et 6,9 ses bénéfices 2022.

Marché des titres VeraCash : achats et ventes de gré à gré

Le choix fait par Jean-François Faure de passer par CIIB pour mener l’opération permet aux actionnaires minoritaires d’acheter ou de revendre librement leurs actions de gré à gré et sans frais de transaction (pris en charge par VeraCash), en passant une annonce sur le carnet électronique mis en place par CIIB. Le prix des titres échangés sur le marché secondaire résultera uniquement de la confrontation de l’offre et la demande.

Ce système de négociation non réglementé est accessible :

VeraCash, comment ça marche ?

VeraCash est un compte en ligne adossé à des métaux précieux (or et argent) et des diamants, stockés en coffre-fort en Suisse (ports francs de Genève), en dehors du système bancaire. Le compte est associé à une carte de paiement MasterCard gratuite et à une application mobile de type wallet (porte-monnaie électronique).

La somme affichée sur le wallet VeraCash représente la contrevaleur exprimée en euros du poids de métal détenu par le client.

La valeur du compte fluctue :

  • en fonction du cours de l’or, de l’argent-métal et du diamant
  • en fonction de la répartition choisie entre l’or, l’argent et le diamant

Le modèle économique de VeraCash repose essentiellement sur les commissions sur les achats de matière facturées lors des dépôts :

  • 0,5% sur les dépôts transformés en lingots (or GoldSpot)
  • 3% sur les dépôts transformés en pièces et jetons en or (or GoldPremium)
  • 7% sur les dépôts transformés en argent-métal
  • 10% sur les dépôts transformés en diamant

Les paiements par carte en zone euro, comme à l’international hors zone euros, sont gratuits, sauf en cas de paiement à partir d’or GoldSpot (lingots), occasionnant une commission de 0,5%. Des frais de sortie de 1% sont facturés en cas de virement sortant vers un compte bancaire.

Ces frais représentent environ 90% des revenus de VeraCash. Le solde est pour l’essentiel représenté par les frais pour compte inactif, en l’absence d’utilisation pendant 6 mois consécutifs, à raison de 0,02% par jour, afin de couvrir notamment les frais de stockage en chambre forte.

Objectifs de la levée de fonds

Levée de capitaux pour financer les développements de nouvelles fonctionnalités

Pourquoi cette levée de fonds ? Jean-François Faure assure qu’il ne s’agit ni de financer une dette héritée du passé, ni d’absorber des pertes financières présentes à venir contrairement à d’autres néo-banques, mais « d’amplifier un modèle qui a prouvé sa capacité à dégager une rentabilité en 2019 et un résultat en forte hausse en 2020 ».

Les développements technologiques envisagés – à financer par la présente levée de fonds – visent à accroître les usages et donc la captation d’un surcroit de nouveaux clients, sachant que VeraCash parvient à conquérir environ 1.000 à 1.500 nouveaux clients chaque mois actuellement.

« Nos clients auront vocation à utiliser beaucoup plus nos services : la transformation de VeraCash, qui tend à devenir une néo-banque, vise à faire en sorte que leur compte VeraCash devienne leur deuxième compte après la banque principale plutôt que le troisième », espère Jean-François Faure.

6 paliers de levée de fonds pour 6 projets à financer

L’utilisation des fonds levés dépendra du montant final de l’opération. Les dirigeants ont prévu d’affecter les capitaux récoltés en fonction de l’atteinte de paliers successifs. Au jour de la mise en ligne de cet article, les trois premiers paliers ont été franchis.

Palier 1 : 250.000 €

VeraCash souhaite d’abord investir dans le renforcement de la sécurité des comptes et transactions de ses utilisateurs, en mettant en place :

  • une authentification à deux facteurs (2FA), où le client doit apporter deux preuves distinctes de son identité
  • une activation de la carte VeraCash avec un numéro Token (système utilisé par exemple par les néobanques N26 et Lydia)

La finalisation de ces développements est prévue au début de l’été 2021 (juin/juillet).

Cette première tranche de la levée de fonds vise également à finaliser le projet de blockchain, baptisé GouverNA, en avril. « Il s’agit de s’assurer que toutes transactions soient enregistrées de façon non falsifiable et anonyme », précise le PDG de VeraCash.

Palier 2 : 400.000 €

La société entend lancer une application mobile de petites annonces réservée à la communauté VeraCash, à l’issue de bêta-tests prévus au printemps auprès de l’Amuac (l’Association des membres utilisateurs d’Aucoffre.com) et au début de l’été auprès des actionnaires minoritaires.

Palier 3 : 600.000 €

Pour l’heure, le compte VeraCash permet de traiter les matières suivantes :

  • GoldSpot (adossement du compte à des lingots d’or)
  • GoldPremium (adossement du compte à des pièces d’or à cours légal et à des jetons d’investissement en or)
  • Argent-métal
  • diamant

VeraCash prévoit, à la demande de ses clients, d’ajouter une cinquième matière à sa gamme, baptisée « Euro Gold », dans le courant du second semestre 2021.

« Il s’agira de pièces d’or à forte valeur faciale en euros, conservées en dehors du système bancaire, dévoile Jean-François Faure. L’objectif est de permettre l’achat d’euros qui ne seront pas affectés par la perte de valeur de la monnaie. Nous sommes en train de nouer un partenariat dans ce but ». Pour mémoire, l’once d’or (31,1 grammes) valait 35 dollars américains en 1971, lorsque le président Nixon décidait la fin de la convertibilité du billet vert en or. Aujourd’hui, il vaut plus de 1800 dollars.

Palier 4 : 1.450.000€

En atteignant ce palier, la société pourra implémenter un IBAN personnel à son offre, permettant au client d’utiliser son compte VeraCash pour effectuer des prélèvements et des virements depuis un compte tiers. Ce développement est le plus coûteux de tous ceux prévus par Jean-François Faure, mais aussi celui qui permettra d’ancrer davantage le compte VeraCash dans les usages quotidiens de ses utilisateurs, par exemple en pour le prélèvement automatique des factures d’électricité ou d’eau courante.

Palier 5 : 1.900.000€

Des investissements complémentaires sont prévus afin d’ajouter wallet (porte-monnaie électronique) en euros et dans d’autres devises (USD, GBP, CHF) avec IBAN personnels associés. « Ce développement fera de VeraCash un véritable compte multidevises, qui vous permettra de passer d’une devise à l’autre en fonction de vos besoins », indique Jean-François Faure.

Palier 6 : 2.500.000€

Ce sixième et dernier palier ne porte pas sur l’offre en tant que telle, mais sur le déploiement de VeraCash, soit en direct, soit en partenariat, dans d’autres pays d’Europe. « La meilleure manière d’agir est d’avancer pays par pays », estime Jean-François Faure.

Business plan 2020-2023 et modèle économique de VeraCash

VeraCash a atteint l’équilibre financier en 2019, et devrait dépasser l’objectif de chiffre d’affaires annuel de 74,5 millions d’euros prévu en 2020, tout en améliorant sa rentabilité.

Le chiffre d’affaires est composé de la matière achetée pour le compte des clients majoré des commissions perçues, qui génèrent les marges. Le taux de rentabilité est assez faible (marge d’exploitation de 0,6% prévue en 2020 et de 2% attendue en 2023). Une parties des ressources humaines sont mutualisées avec la maison-mère AuCoffre.com et l’une des holding du PDG, qui refacturent des prestations de services à VeraCash : les charges de personnel ne devraient représenter que 0,5% du CA 2020 et 0,2% à l’horizon 2023 malgré les recrutements prévus.

VeraCash ne porte pas de stock d’or ni d’argent dans son bilan.

Sur la période 2021-2023, VeraCash vise un quasi-doublement de son chiffre d’affaires (+86%) et une amélioration plus forte encore de sa rentabilité (+177% pour le résultat d’exploitation, +152% pour le résultat net).

Avis de la rédaction

Investir dans VeraCash, c’est d’abord adhérer au concept du compte adossé à des métaux précieux, soit dans une logique de diversification de l’épargne, soit dans une logique de protection contre l’érosion monétaire, ou les deux.

La société est en forte croissance, la poursuite de celle-ci étant fortement conditionnée à la conquête d’un public plus large, qui doit en principe être favorisée par la mise en service des nouvelles fonctionnalités en préparation. L’amélioration de ses résultats financiers doit provenir d’une meilleure couverture des charges fixes.

Pour l’actionnaire minoritaire, la négociation des titres sur le carnet d’annonces n’offre pas la même protection qu’un marché régulé (comme Euronext Growth) ou réglementé (comme les compartiments A, B et C d’Euronext). En particulier, VeraCash n’est soumise à aucune obligation réglementaire d’information financière. Toutefois, la société a signé la « Charte de déontologie Love Money » prévoyant notamment « une transparence et une qualité d’information proche de ce qu’impose l’Autorité des marchés financiers (AMF) » et de consacrer « un budget de communication financière ».

On ajoutera que la structure de l’opération présente d’un côté l’avantage de bénéficier d’une livraison immédiate des titres dès réception du paiement, sans attendre la fin de la période de l’offre ; et de l’autre l’inconvénient de ne pas ouvrir droit à la réduction d’impôt IR-PME, les titres proposés étant issus d’une vente de titres et non d’une émission d’actions nouvelles.