Oise / Restos du coeur : 35 000 euros de budget en moins à cause de la crise sanitaire – Euro 2020

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Oise / Restos du coeur : 35 000 euros de budget en moins à cause de la crise sanitaire - Euro 2020
Vendredi 27 novembre dernier, au centre de distribution de Compiègne : le mois prochain, Jean-Pierre Roda, président, devait passer la main à Bruno Cauchy, actuellement secrétaire départemental. (Photo Céline Sol / Le Bonhomme Picard)

Jean-Pierre Roda, le président des Restos du Cœur du département jusque fin 2020, dont le siège est à Mouy, tire la sonnette d’alarme en cette période de crise sanitaire et en appelle aux élus. Dans l’Oise, les « Restos », ce sont 24 centres de distribution dont deux centres dédiés au bébés, qui aident chaque année 350 bambins de 0 à 18 mois. Interview.

Le Bonhomme Picard : Comment se présente la situation pour votre association départementale en cette fin d’année 2020 ?

Jean-Pierre Roda : « Le premier constat, c’est que nous avons proposé plus de repas que l’an dernier. Rien que pour la campagne d’été, c’est à dire celle qui débute du 27 avril à la fin du mois d’octobre, dans l’Oise, 736 000 repas ont été distribués. Ce qui représente une hausse de 15 % par rapport à l’an dernier. Si l’on additionne avec la campagne de l’hiver dernier, cela représente 1 383 000 repas distribués dans l’Oise en 2020, campagnes d’hiver et d’été confondues.

Financièrement, comment pouvez-vous absorber cette hausse de distribution ?

Un repas nous revient à 1 euro. Nous avons donc dépensé 1 383 000 euros. Mis en perspective avec les 50 000 euros d’aides que nous percevons des communes du département… Nous sommes très inquiets. Surtout que nous avons logiquement dû faire face à des dépense supplémentaires liées à la situation sanitaire : il a fallu acheter des masques, du gel hydroalcoolique, mais également des sacs car nous avions opté pour la préparation des repas dans des sacs pour éviter les contacts et les allers-venues dans nos centres de distributions. Au niveau des recettes, comme nous avons dû annuler des animations, le manque à gagner va peser sur notre budget. Nous ne proposerons pas de réaliser des paquets-cadeaux pour Noël dans les grandes surfaces : c’est 25 000 euros de recettes en moins. L’organisation de soirées, quatre dans l’année, permettait de récolter 2 500 euros à chaque fois ; c’est donc 10 000 euros de moins. Cela veut dire que nous aurons, au moins, 35 000 euros de moins de recettes. Si nous ne sommes pas compensés financièrement, nous allons rencontrer des soucis, même si nous avons deux mois de stocks au niveau national et que nous sommes aidés, aussi, par les instances européennes.

Qui peut vous aider à compenser ce manque à gagner, aujourd’hui ?

Il faut préciser que des communes ont augmenté leur dotation. La commune de Margny-sur-Matz a lancé l’idée suivante : que chaque maire verse un euro. Mais il y a, dans l’Oise, 500 communes qui ne donnent rien – l’Oise compte 693 communes, ndlr. Même pendant la période très particulière du premier confinement, nous avons été ouverts tout le temps. Le manque d’aide de la part de certains me chagrine… J’entends que certains élus expliquent qu’ils nous prêtent gracieusement un local, mais j’ai du mal à entendre cet argument : le local, c’est pour que les gens puissent être accueillis dignement… Il faut savoir aussi que le rapport financier est de 1 à 6 : concrètement, un repas nous revient à 1 euro. Si les mairies le prennent en charge directement, cela revient à 6 euros. Il est plus simple et moins coûteux de nous aider directement.

Comment expliquez-vous le boom de 15 % des distributions de repas lors de la dernière campagne ? Est-il, selon vous, directement lié à la situation sanitaire ?

Je dirai que oui, en grande partie, cette augmentation est à imputer aux conséquences de la covid-19. Des gens qui avaient des petits boulots se sont retrouvés sans rien, du jour au lendemain. Nous avons reçu des gens dans cette situation, mais aussi des travailleurs pauvres. Il faut aussi dire que, au début du confinement, des familles ont dû nourrir leurs enfants qui, auparavant, déjeunaient à la cantine. J’espère que la reprise économique sera là, et rapidement. Je crains que, si les gens ne retrouvent pas de travail, il y ait encore plus de personnes au RSA. Mais quoi qu’il en soit, on assurera, en respectant les instructions sanitaires.

Avez-vous toujours la possibilité d’organiser des collectes dans les enseignes de grande distribution ?

Oui, nous continuons les collectes. 130 tonnes ont été collectées durant la campagne d’été. Collecter nous permet de ne pas avoir à acheter. Au niveau national, les dons représentent 40 % de ce qui est redonné. L’objectif est de passer à 50 %. Pour faciliter le tri et la redistribution, nous allons créer un centre qui centralisera ce qui a été collecté, à Compiègne.

Vous avez annoncé que vous allez passer la main prochainement…

Oui, je vais arrêter les responsabilités. Depuis six ans, j’ai eu peu de temps pour moi !  Je continuerai à être dans le coup, je resterai bénévole et bien entendu, j’aiderai la future équipe. Mais j’ai besoin, aussi, de me retrouver…«