Olivier Giroud : “Dépasser les 100 sélections me ferait un petit plus rentrer dans l’histoire de l’équipe de France” – Championnat d’Europe 2020

10

Olivier Giroud n’est qu’à trois unités d’atteindre la barre des 100 sélections en équipe de France. Un objectif pour le buteur de Chelsea.

L’équipe de France débutera sa Ligue des Nations ce samedi en Suède. En conférence de presse, l’attaquant Olivier Giroud a fait part de son objectif de dépasser la barre des 100 sélections, lui qui compte 97 caps et qui n’est qu’à deux buts de dépasser Michel Platini au nombre de réalisations en Bleus (41).

La barre des 100 sélections est-elle un objectif pour vous ?

Olivier Giroud :  C’est clairement un objectif, tout comme le classement des buteurs en équipe de France. Cela me ferait un petit plus rentrer dans l’histoire de l’équipe de France, car il me semble que huit joueurs seulement ont passé la barre des cent sélections (sept, ndlr).

Battre le record de Michel Platini vous obsède-t-il ?

Dépasser Michel Platini, ce n’est pas quelque chose qui m’obsède. C’est un bien grand mot, mais bien sûr que c’est un objectif qui me tient à cœur. 

Il va manquer le fameux douzième homme dans le stade. Cela fait quoi de jouer dans un stade vide ? Cela vaut-il le coup de disputer une compétition dans ces conditions ?

Jouer dans un stade vide, sans le soutien du public, pour moi c’est un tout autre métier malheureusement. Mais on doit faire avec. On a hâte de rejouer devant du public. C’est important, parce que le football perd de son charme. Mais on n’est pas le seul sport touché par le virus. On relativise et on essaye de rester concentré sur le terrain, même si l’atmosphère est complètement différente. (…) Cela ne nous enchante pas, mais s’il faut disputer une grande compétition de cette manière, on le fera parce qu’on est professionnels. Cependant, j’espère que pour l’Euro il y aura le retour du public car cela manquerait d’une certaine saveur quand même.

Quel est l’enjeu de cette Ligue des Nations ?

L’objectif, c’est de la gagner. On est champions du monde en titre, on a encore beaucoup de confiance et de nouveaux talents qui arrivent dans cette équipe de France. On a beaucoup d’espoir quant à l’avenir, et ça commence par cette Ligue des Nations, même si ce n’est pas une grande compétition internationale comme l’Euro et la Coupe du monde. On va se frotter à de grandes équipes européennes. Il va falloir faire mieux que la première Ligue des Nations, où on est sortis trop tôt à mon goût.

Avez-vous l’impression de traverser la meilleure période de votre carrière ?

J’ai marqué huit buts sur mes dix dernières titularisations en Premier League, c’est très positif. Mais il y a eu d’autres périodes dans ma carrière où j’ai été assez prolifique. Je pense notamment à ma saison 2015-2016 (avec Arsenal, ndlr). Disons que c’était comme une deuxième jeunesse après quelques mois difficiles. Pouvoir revenir, retrouver du plaisir sur le terrain et enchaîner, m’ont fait le plus grand bien.

“Le début d’une longue aventure en Bleus pour Camavinga”

Quand vous voyez débarquer Eduardo Camavinga à 17 ans, cela vous file-t-il un coup de vieux ?

17 ans, c’est très jeune. Bien sûr qu’on prend un petit coup de vieux, je vais avoir 34 ans à la fin du mois. C’est le choc des générations, mais quand j’ai commencé ma carrière à 18-19 ans, je jouais avec des mecs qui en avaient 35. C’est très motivant et ça me donne envie d’être là pour lui donner des conseils et l’intégrer le mieux possible, même s’il n’a eu aucune difficulté par son naturel et sa maturité à se fondre dans cette équipe de France.

Dégage-t-il une aisance, une maturité similaire à celle d’un Kylian Mbappé lors de son arrivée en A ?

Eduardo nous bluffe un petit peu par sa maturité, que ce soit en dehors ou sur le terrain. J’avais déjà vu quelques matches de lui au Stade Rennais, donc je ne suis pas surpris. Il est très à l’aise, c’est un joueur très très prometteur, tellement jeune ! Ce qui m’a surpris le plus, c’est à son arrivée au château, j’ai rencontré quelqu’un de souriant, naturel, spontané, à l’aise avec tout le monde, qui est très sociable. C’est un très bon petit et je pense que c’est le début d’une très longue aventure pour lui en équipe de France.

Que pensez-vous du système en 3-5-2 ?

Cela va faire neuf ans que je suis en équipe de France. C’était la première fois contre l’Albanie qu’on jouait dans ce système. Cela a été assez concluant. Il y a eu la victoire et un bon match de notre part. Je ne sais pas si c’est la meilleure formule, mais c’est bien d’avoir plusieurs cordes à son arc. C’est le coach qui décide, on s’adapte et on connaît les forces de ce 3-5-2. (…) On travaille tous les schémas tactiques à l’entraînement, on est prêts à évoluer dans n’importe quel système.

Avec qui seriez-vous le plus complémentaire dans ce système ? Wissam Ben Yedder qui décroche, ou Kylian Mbappé qui prend la profondeur ?

J’ai été à l’aise avec Wissam en Albanie dans ce 3-5-2. J’ai pris beaucoup de plaisir et je suis certain qu’avec Antho Martial, Kylian ou peut-être Nabil, j’aurais autant de facilités. Je n’ai aucune préférence, du moment que chacun s’adapte aux qualités de son partenaire.

Giroud Chelsea 2020

À l’égard de la situation qui était la vôtre en club, pensez-vous que ce soit une bonne chose pour vous que l’Euro 2020 soit reporté d’un an ?

Je ne pense pas que cela change grand chose pour ma situation personnelle. J’ai toujours autant de motivation et une grande détermination à jouer cet Euro. C’est clairement un objectif, et même si j’ai très bien fini la saison avec mon club, j’aurais pu espérer une place pour cet Euro 2020. J’ai toujours travaillé pour ça et j’ai hâte que l’Euro 2021, du coup, arrive.

Vous voyez-vous aller au-delà de l’Euro 2021 avec l’équipe de France ?

Je n’en sais rien du tout. Je suis concentré sur le court et moyen terme. On verra ce que l’avenir me réserve. J’ai encore de belles années devant moi, et à partir du moment où je serai décisif et compétitif pour mon club et l’équipe de France, je répondrai toujours présent si le coach a besoin de moi. Je ne me fixe aucune limite pour l’instant.

“Si Werner avait le même profil que moi, j’aurais été plus inquiet”

Finir par s’imposer à Chelsea est-il le plus beau challenge que vous ayez-eu à relever ? Et êtes-vous prêt à remettre ça la saison prochaine ?

Tout le monde sait que j’étais proche d’un départ l’hiver dernier. Je me suis remis dedans après le mercato et j’ai saisi ma chance. C’était une grande victoire pour moi et un défi important. Il ne fallait pas passer à côté de cette nouvelle chance que me donnait le coach (Frank Lampard). Je suis content d’avoir renversé la tendance et je suis confiant pour l’année à venir qui sera belle et bien remplie à Chelsea. Dans chaque grand club, il y a de la conccurence. Cela m’a toujours motivé afin de me battre pour ma place. Je ne suis pas naïf. Le club a acheté Timo Werner pour le faire jouer, mais une chose est sûre, on n’a pas le même profil. Il aime aussi s’excentrer. Il l’a fait en club la saison dernière et aussi en sélection. Si cela avait été un attaquant du même profil que moi, j’aurais été plus inquiet. En fonction des équipes qu’on affrontera, le coach optera parfois pour des systèmes tactiques différents. J’espère vraiment avoir du temps de jeu pour continuer sur ma lancée de la saison dernière. À bientôt 34 ans, je ne lâcherai rien.

Quel est l’état de votre relation avec Frank Lampard ?

Notre relation a évolué. Durant la période où on cherchait à trouver une solution pour que je parte, j’ai appris à le connaître. On a fait quelques réunions en tête à tête. C’était positif. Il a aussi appris à me connaître un petit peu mieux. C’est une relation de confiance, dans le sens où il m’a donné ma chance après le confinement, comme il me l’avait annoncé. Je lui ai rendu cette confiance sur le terrain. Il connaît mes valeurs et mon professionnalisme. J’ai une bonne relation avec lui, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il me fera jouer à tous les matches. Ce sera à moi de continuer à être performant aux entraînements en lui montrant mon désir d’être dans le onze de départ.

Qu’est-ce que l’arrivée de Thiago Silva peut apporter à Chelsea ?

Son expérience, son vécu et son leadership. Je pense que le coach l’a pris pour ça. On a beaucoup de jeunes joueurs, donc il pourra les encadrer. Il a encore ses qualités, bien sûr, même si comme moi il se fait un petit peu vieillisant, mais je suis certain qu’il va beaucoup nous apporter. Il va découvrir un nouveau championnat et je suis sûr qu’il va s’adapter très rapidement. On a beaucoup d’ambitions cette année avec le recrutement et j’espère qu’on pourra se mêler à la course au titre qui me tient tant à cœur.