Pourquoi Deschamps doit opter pour la défense à trois – Championnat d’Europe 2020

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Leur dernier match en date, en Albanie le 17 novembre 2019, les Bleus l’ont joué dans un dispositif à trois défenseurs. Une première sous la houlette de Didier Deschamps et une configuration qui semble avoir de l’avenir en équipe de France.

Il aura fallu attendre la 100e de Didier Deschamps à la tête des Bleus pour voir l’équipe de France dans un système en 3-4-1-2. Comprenez avec trois défenseurs, un milieu de terrain complété par deux joueurs de couloir appelés à se replier et deux attaquants assistés d’un électron libre. C’est à Tirana, en Albanie sur la route de l’Euro 2020, que le technicien bayonnais a franchi le pas le 17 novembre dernier alors que sa sélection était déjà qualifiée. Pour une victoire 0-2 et avec le onze de départ suivant: Mandanda – Varane, Lenglet, Kimpembe – Dubois, Sissoko, Tolisso, B. Mendy – Griezmann – Ben Yedder, Giroud.

Avant Didier Deschamps, Laurent Blanc n’avait pas été plus inspiré par ce dispositif qui demande beaucoup d’efforts aux latéraux mais permet de densifier son entre-jeu. Pas une fois en effet « Le Président » n’avait opté pour une défense à trois. Quant à Raymond Domenech, adepte de la chose à la tête des Espoirs, il ne s’y était pas attardé non plus: tout juste deux tentatives sur six années de service, contre la Bosnie en amical (1-1) et Israël lors des éliminatoires du Mondial 2006 (0-0). Deux précédents guère probants avec les Patrice Evra et Bernard Mendy dans le rôle des pistons.

Des options axiales en pagaille

A première vue, pas de quoi céder aux sirènes de cette configuration, donc. Et pourtant le schéma a fait ses preuves à la Juventus et même à l’échelle internationale quand le Brésil et l’Allemagne, entre autres, l’adoptèrent pour rallier la finale de la Coupe du monde 2002. Alors pourquoi s’en priver quand les effectifs sont susceptibles de répondre à ses exigences ? Il n’y a qu’à voir les convocations de Didier Deschamps pour s’en convaincre. L’équipe de France regorge d’options défensives dans l’axe et peine à renforcer les flancs de son arrière-garde avec de vrais spécialistes du couloir.

Jeudi, le patron des Bleus a appelé pour la première fois Dayot Upamecano, avec les Raphaël Varane, Clément Lenglet et Presnel Kimpembe. Autant de piliers centraux susceptibles d’être suppléés par les Samuel Umtiti, Aymeric Laporte et Kurt Zouma. Sans oublier les Benjamin Pavard ou Lucas Hernandez qui malgré leur appétence pour l’axe évoluent sur le côté en équipe de France. Et que dire du vivier tricolore incarné par Abdou Diallo, Dan-Axel Zagadou, Jules Koundé ou Issa Diop qui tôt ou tard frappera à la porte des A ?

A contrario, les alternatives parmi les latéraux se font rares. Il y a bien les Nordi Mukiele, Ruben Aguilar ou Kevin Malcuit pour préparer l’avenir mais en l’état, les options de Didier Deschamps se bornent aux Mendy (Ferland et Benjamin), Léo Dubois, Lucas Digne, Layvin Kurzawa et Djibril Sidibé. Des choix qui peuvent être concurrencés par des milieux polyvalents en 3-5-2. Pas en 4-3-3 ou 4-4-2. Que ce soit aux avant-postes ou dans l’entre-jeu, le sélectionneur national ne manque pas de possibilités et l’équipe de France est suffisamment armée pour imposer son rythme et dicter son jeu. Une condition sine qua non pour rendre efficace un dispositif limité à trois défenseurs.

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