Pourquoi il faut donner plus de moyens à la zone euro – Foot 2020

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L’Italie et l’Espagne ont payé un lourd tribut à la crise sanitaire que nous subissons encore. Tous deux ont besoin de mesures de soutien et de relance pour éviter un décrochage de leur économie. Mais, au moment de solliciter la solidarité européenne, certains membres de l’Union européenne (UE), notamment le Danemark ou la Suède, ont dévoilé leur opposition au plan d’aide de 750 milliards d’euros proposé par la Commission. Or, à ce stade, il faut bien faire la distinction entre la zone euro et l’UE. Si la première a une ambition commune avec sa monnaie unique, la seconde se définit davantage comme un territoire de libre-échange entre 27 pays.

Les 19 Etats constituant la zone euro n’ont pas les mêmes ambitions que ceux appartenant à l’Union européenne. Le départ du Royaume-Uni caractérise bien les relations superficielles que peuvent entretenir les pays européens avec cette association. A contrario, l’adhésion à l’euro est irrévocable (voir le paragraphe 3 de l’article 140 du traité de Lisbonne). La zone euro a défini sa discipline interne et ses mécanismes propres autour de la stabilité de sa monnaie et dispose d’un vrai projet commun beaucoup plus abouti que celui de l’UE.

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Néanmoins, sa gouvernance est bancale. La zone euro dépend entièrement des instances de l’UE et n’y est représentée que de manière informelle par l’Eurogroupe (réunion des ministres des Finances des Etats membres de la zone euro). Ainsi, elle se retrouve noyée dans un appareil institutionnel qui ne lui est pas dédié. Elle subit les dysfonctionnements de ce système encore chaotique et qui manque de cohérence et de cohésion. L’explication apportée à cette organisation boiteuse n’est plus recevable: l’euro a vocation à devenir la monnaie de l’ensemble des pays de l’UE. Mais, dès l’avènement de la monnaie unique, le Royaume-Uni et le Danemark se sont mis à l’écart de cette union monétaire.

Aujourd’hui, la situation n’a guère progressé, bien au contraire, puisque la Grande-Bretagne a décidé de s’extraire de l’Union européenne. La nécessité de disposer d’outils de politiques budgétaires qui sont propres à la zone euro est devenue prégnante avec cette crise sanitaire. Une gouvernance distincte de celle de l’UE autour d’un budget dédié est requise pour poursuivre sa construction dans les meilleures conditions et faire face aux nouveaux défis environnementaux et numériques. L’incertitude qui plane sur l’avenir de l’Union européenne devrait inciter les 19 membres de cette union monétaire à se recentrer.

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Enfin, il est vrai que certains pays au sein même de la zone euro, tels que l’Autriche et les Pays-Bas, s’opposent aussi à la solidarité avec les pays méditerranéens. Toutefois, ces divergences, qui réclament des discussions et des aménagements, permettent la mise en lumière d’un consensus pour ces pays qui partagent les mêmes ambitions et les mêmes contraintes. A contrario, l’unanimité des 27 membres de l’UE est requise pour valider le plan de relance.

Ainsi, tout projet qui nécessite une participation financière se heurte à la résistance des Etats membres hors zone euro. Pour soutenir l’Italie et l’Espagne, il aurait été plus efficace d’obtenir un accord entre les 19 pays partageant cet avenir commun que d’attendre un geste de l’Union européenne. Les critiques de certains économistes concernant l’abandon de souverainetés nationales expriment surtout leur opposition à l’union politique au sein de la zone euro qui sera rendue indispensable pour avancer dans le bon sens.

*Stéphanie Villers est économiste, spécialiste de la zone euro, coauteure avec Henri Sterdyniak de «Après la crise économique de 2020, quel nouveau monde?», à paraître le 8 septembre 2020 (éd. Economica)

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