pourquoi les prix à la pompe flambent – Championnat d’Europe de Football 2020

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Les prix des carburants sont remontés depuis le début de l’année avec la remontée des prix du pétrole brut, qui dépend lui-même des décisions des pays producteurs et des annonces autour des vaccins contre le coronavirus.

Si la situation est encore loin d’être revenue à la normale en France, les prix à la pompe, eux, retrouvent leurs niveaux d’avant-crise sanitaire. Une maigre consolation puisqu’elle vient peser sur le portefeuille de nombreux ménages.

Si on regarde la moyenne nationale et mensuelle du prix des principaux carburants consommés en France, le gazole s’affichait par exemple à 1,396 euro en février 2020, il est tombé à 1,116 euro en mai, au plus fort de la crise sanitaire, avant d’entamer une remontée et atteindre le mois dernier 1,342 euro.

Ci-dessous, on peut aussi voir l’évolution des prix de l’essence avec le sans-plomb 95-E10 (SP95-E10), qui contient jusqu’à 10% d’éthanol, et du sans-plomb 98 (SP98).

Sans surprise, c’est la hausse du pétrole brut qui alimente cette montée des prix à la pompe.

Depuis le début de l’année, le prix du pétrole brut a augmenté de 14 dollars, retrouvant son niveau de début 2020, cela entraîne cette hausse moyenne de 11 centimes sur l’essence sans-plomb 95 et de 9 centimes sur le gazole”, explique Olivier Gantois, président de l’UFIP (Union française des industries pétrolières).

Un effet “vaccins”

Mais comment expliquer cette hausse du brut?

Les producteurs de pétrole, les pays de l’OPEP et la Russie principalement, ont maintenu leur accord de limitation de la production ce qui alimente la hausse avec une offre stable dans un contexte de demande en hausse”, poursuit Olivier Gantois.

Et cette reprise de la demande serait notamment tirée par les premières campagnes de vaccination contre le covid-19:

“Il y a un double-effet. Tout d’abord, depuis début novembre, on constate une hausse du pétrole brut à chaque annonce de nouveau vaccin. Ensuite, ces vaccins semblent efficaces, ce qui repousse le spectre d’un reconfinement généralisé. Les Etats cherchent à éviter un tél scénario et cela conforte la perspective d’une reprise économique.”

Par confinement généralisé, il faut comprendre celui qu’a connu la France de mars à mai 2020, avec une très forte réduction des déplacements et donc de la consommation de carburants routiers. En janvier dernier, avec le couvre-feu en vigueur, la demande reste inférieure de 15% à celle de janvier 2020, note l’UFIP.

Quelle évolution en 2021?

Dans ce contexte incertain, comment anticiper l’évolution du prix des carburants pour le reste de l’année? Pour le président de l’UFIP, il faut rester prudent mais les prix à la pompe pourraient se stabiliser au cours des prochains mois.

“Si l’accord entre l’OPEP et la Russie est reconduit et que les campagnes de vaccination confirment leur efficacité, on pourrait atteindre un plateau sur les prix pétroliers et donc sur les prix à la pompe. Mais il est toujours hasardeux de faire des prospectives sur ce marché, étant donné que les pays producteurs se réunissent tous les mois et peuvent remettre en cause la situation actuelle.”