Résultats Stellantis 2020 : en trompe l’oeil ? – Championnat d’Europe 2020

81
Résultats Stellantis 2020 : en trompe l'oeil ? - Championnat d'Europe 2020

FCA et PSA qui composent désormais Stellantis, viennent de publier leurs derniers résultats financiers séparés, ceux de 2020. Finalement pas si vilains, cachent-ils une réalité un peu différente ?

« Ces chiffres démontrent la solidité financière de Stellantis, réunissant deux solides et saines entreprises. Stellantis prend un bon départ et se concentre entièrement sur la réalisation des synergies promises » – Carlos Tavares, PDG de Stellantis.

Vive l’Amérique pour FCA

Voilà pour le discours officiel. Pour les chiffres, FCA a vu ses ventes reculer de 22% à 3,435 millions de voitures à cause évidemment de la pandémie mondiale à la Covid-19. FCA a pu se ressaisir au cours du second semestre 2020 et finit avec un flux de trésorerie disponible (free cash flow) de 0,6 milliard d’euro. FCA dispose de 31,4 milliards d’euros de liquidité dont 7,3 milliards d’euros de ligne de crédit.

Avec des ventes en berne, impossible de maintenir le chiffre d’affaires. Celui de FCA recule de 20% aussi passant de 108 milliards d’euros en 2019 à 86,6 milliards en 2020. FCA perd de l’argent partout dans le monde sauf en Amérique Latine où le « ajusted EBIT » (BAII – bénéfice avant intérêts et impôts ajusté) est de 6 millions d’euros, mais surtout l’Amérique du Nord où ce même BAII ajusté est de 5,3 milliards d’euros ! La zone EMEA (Europe Moyen-Orient Afrique) a un EBIT ajusté de -918 millions d’euros.

Au final, grâce à l’Amérique, FCA s’en sort avec un bénéfice inespéré de 24 millions d’euros, à comparer tout de même avec les 2,7 milliards d’euros de bénéfice net en 2019 ! Pour FCA, on estime que ce sont surtout des coupes dans les investissements qui permettent au groupe de dégager du positif dans la situation. Une façon de rendre les comptes un peu plus beaux qu’ils ne sont. Mais, il y a le mariage avec FCA qui devrait permettre de ne pas trop souffrir du manque d’investissement dans les années à venir.

« L’ultra-rentabilité » de PSA

Du côté de PSA, on sait déjà que le groupe à écoulé 2,5 millions de véhicules dans le monde en 2020. Côté chiffre d’affaires, il se monte à 60 milliards d’euros en 2020, en baisse de 18,7% par rapport à 2019. Le CA de la partie automobile s’établit à 47,6 milliards d’euros, en recul de 19,2% par rapport toujours à 2019.

Le revenu opérationnel ajusté du groupe recule de 41,7% à 3,7 milliards d’euros. Pour la partie automobile, il s’établit à 3,377 milliards d’euros, en baisse de 33%. Pour la partie automobile, cela représente donc une marge opérationnelle ajustée de 7,1% (3,377 M€ par rapport à 47,6 M€ NDLA). En ne regardant que le deuxième semestre 2020, la marge opérationnelles ajustée, part de l’automobile, bondit même à 9,4% !

Une belle marge essentiellement due à la politique dite de « pricing power » ainsi qu’à la maîtrise des coûts de production voulue par Carlos Tavares : vendre mieux, plus cher, mais pas forcément plus. Au final de l’année 2020, PSA dégage un bénéfice net de 2,2 milliards d’euros.

Une prime d’intéressement d’au moins 3000 euros bruts

Pour bien montrer que PSA va « mieux que bien » malgré la crise économique et sanitaire, PSA a décidé de distribuer une prime d’intéressement d’au moins 3 000 euros brut. Une bonne nouvelle pour tous les ouvriers et les 50 000 employés de PSA en France.

Ces deux derniers bilans séparés de FCA et PSA font dire aux analystes que Stellantis part sur de bonnes bases solides. Il y a de sérieuses liquidités, plus qu’anticipé, et le nouveau groupe vise une marge 2021 entre 5,5 et 7,5%, s’il n’y a plus de confinement strict comme en mars 2020 (qui avait mis à l’arrêt les usines NDLA). Si on réalise des comptes virtuels pour Stellantis, la marge aurait été de 5,3%.

A la bourse, Stellantis retrouve les 14 €, poussés par des consensus à l’achat après ce que beaucoup appellent des « résultats solides » et surtout meilleurs qu’attendus.

Notre avis, par leblogauto.com

Que penser de ces derniers comptes publiés séparément ? Il apparait que FCA peut remercier l’Amérique du Nord et certaines coupes dans les investissements pour ne pas être dans le rouge. PSA de son côté est une « machine à cash ». PSA ne représente qu’un tiers du chiffre d’affaire de Stellantis, mais 99% des profits et 82% du free cash flow généré !

Au niveau des ventes, on peut voir que FCA+PSA qui s’estimait 3e groupe Automobile mondial avant fusion, n’est finalement que le 6e, s’étant fait passer par General Motors et Hyundai-Kia. Mais le CEO Carlos Tavares dit à qui veut l’entendre que le volume ne fait pas tout. Soit, mais cela permet d’amortir plus facilement certains investissements imposés par les nouvelles normes anti-pollution par exemple.

Concernant l’avenir à moyen terme de Stellantis, Carlos Tavares estime que FIAT est dans l’état de PSA il y a 7 ans et d’Opel il y a 4 ans. En gros, trop de capacités de production par rapport aux ventes. Il va y avoir des ajustements dans les usines de FIAT. De quoi remettre dans le vert l’Europe pour Stellantis et ne pas compter que sur l’Amérique du Nord ?

Et si Stellantis n’était pas FCA+PSA mais plutôt Chrysler/Jeep+PSA ? Pour le bilan complet de Stellantis 2020, c’est ici.