Rétro 2019 – Bilans 2019 des équipes nationales (3/3), une année haute en couleurs – Championnat d’Europe de Football 2020

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Soccer Football - Euro 2020 Qualifier - Group B - Ukraine v Portugal - NSC Olympiyskiy, Kiev, Ukraine - October 14, 2019  Ukraine's Andriy Yarmolenko celebrates scoring their second goal with team mates  REUTERS/Valentyn Ogirenko (Reuters)

Rétro 2019

Après la publication dans le FF du 24 décembre de nos traditionnels bilans annuels, nous poursuivons notre analyse des équipes nationales à travers le monde en 2019. Dans ce troisième et dernier volet, coup de projecteur sur les DOM-TOM, les scores de folie et les belles histoires de l’année qui s’achève.

Sorti mardi dernier à quelques heures du réveillon, le numéro de France Football daté du 24 décembre avait toute sa place au pied du sapin de Noël pour les passionnés de ballon rond. Un numéro regorgeant de superbes présents : une interview de Kylian Mbappé, élu joueur français de l’année 2019 par FF, un entretien de Wendy Renard, couronnée, elle, chez les femmes, et tous les autres primés de notre hebdomadaire, du joueur étranger à la révélation de L1 en passant par le dirigeant de L1, l’exploit de l’année, le joueur et l’entraîneur de L2, le club promotionnel, les prix orange et Citron (en attendant le coach de L1 de l’année 2019 dans le FF du 7 janvier prochain). Et, bien sûr, ce dernier numéro de l’année est aussi celui de l’incontournable bilan des équipes nationales, avec ses traditionnels classements confédération par confédération qui ont vu la Belgique s’imposer en Europe, l’Algérie en Afrique, le Brésil en Amsud, le Mexique en CONCACAF, le Qatar en Asie et la Nouvelle-Zélande en Océanie. Mais la revue de détail ne s’arrête pas là ! Après avoir présenté vendredi les sélections les plus flamboyantes et hier les flops les plus retentissants, Francefootball.fr vous invite à finir par un feu d’artifice dans ce troisième et dernier volet, entre scores fleuves, performances des sélections des territoires et départements d’outre-Mer et les belles histoires qui se cachent derrière les statistiques.

Les scores fleuves

Vanuatu et Iran, les démolisseurs
Pour voir des buts, un déluge de buts, il fallait être dans les Iles Samoa en juillet dernier. Et plus précisément à Apia, où se déroulaient les Jeux du Pacifique. En 27 matches, on a atteint le total de 169 buts avec quelques cartons impressionnants.  Comme le 14-0 infligé par Vanuatu aux Tonga le 14 juillet. Il s’agit de l’une des dix rencontres qui ont vu une sélection inscrire dix buts ou plus cette année. Et six concernent d’autres matches des Jeux du Pacifique : les Iles Salomon ont mis 13-0 à Tuvalu puis aux Samoa Américaines, la Nouvelle Zélande une semblable raclée aux Tonga, la Nouvelle Calédonie a battu 11-0 Tuvalu et Vanuatu en a fait de même avec les Iles Samoa, Fidji a administré un 10-1 à Tuvalu. Le jour le plus explosif aura été le 15 juillet avec un total de 24 buts en deux matches (Iles Salomon-Samoa américaines 13-0, Fidji-Tuvalu 10-1). A-t-on fait mieux ailleurs ? Non, le 14-0 de Vanuatu-Tonga reste le match avec le plus gros écart et le plus grand nombre de but. Enfin, l’un des deux matches les plus prolifiques, car l’Iran a fait aussi bien : 14-0 face au Cambodge en éliminatoires du Mondial 2022 ! C’était le 10 octobre, une sacrée date au demeurant, vu que, ce jour-là, la Chine battait 7-0 Guam et le Kirghizistan passait aussi un 7-0 à la Birmanie. Mais revenons à nos moutons et à nos sélections capables d’arriver à dix buts. On a parlé de dix rencontres et huit ont déjà été passées en revue. Alors, où sont les deux manquantes ? En CONCACAF, avec le Honduras explosant 10-0 Anguilla et la Guadeloupe humiliant les Turks-et-Caïcos sur le même score, au cours de deux matches valables pour la Ligue des Nations. Pas d’équipes à dix buts en Europe, mais pas loin : la Russie et la Belgique ont battu 9-0 toutes les deux Saint-Marin, alors que l’Italie a atomisé 9-1 l’Arménie en novembre. En Amsud, on mettra en avant le 7-0 du Brésil face à une sélection de la CONCACAF, le Honduras. En Afrique, le Rwanda a dynamité 7-0 les Seychelles en éliminatoires du Mondial 2022 et Madagascar a gagné 6-2 au Niger en éliminatoires de la CAN 2021. Que du lourd !

Les sélections des Dom-Tom

Saint-Martin à la fête
En 2019, deux sélections des territoires et départements d’Outre-Mer étaient impliquées dans des tournoi régionaux. La première est la Nouvelle-Calédonie, qui figure à la deuxième place de notre bilan Océanie, et qui participait aux Jeux du Pacifique en juillet dernier. Elle y a brillé, gagnant les cinq matches de son groupe B avant de disputer la finale face à la Nouvelle Zélande et de s’incliner 2-1 alors qu’elle menait au score jusqu’à la 86e minute. Tahiti, l’autre représentant des DOM-TOM à ce tournoi, n’a pas passé le premier tour. La seconde sélection française ultra marine a participé à une compétition d’envergure est la Martinique, qualifiée pour la Gold Cup. Elle n’a pas dépassé le premier tour, perdant 4-0 d’entrée face au Canada, avant de se rattraper en battant 3-0 Cuba puis en jouant crânement sa chance face au Mexique, futur vainqueur de l’épreuve, perdant 2-3 avec un gros forcing en fin de rencontre. En Ligue des Nations, les Martiniquais ont débuté par un succès (1-0) dans le derby face à la Guadeloupe, mais n’ont ensuite plus gagné (3 nuls, 2 défaites). Après ce revers, la Guadeloupe a, elle, aligné quatre victoires en Ligue des Nations, marquant 20 buts pour un seul encaissé ! Toujours en LDN de la CONCACAF, la Guyane a produit un bilan assez équilibré (2 victoires et 2 nuls en 7 matches), alors que Saint-Martin a remporté 3 matches sur les 7 disputés. Trois succès en un an, cela ne lui était plus arrivé depuis 2001 !

Les belles histoires

Haïti, la renaissance
Quatrième. C’est le meilleur classement obtenu par Haïti depuis la création de notre bilan pour la CONCACAF en 1991. Mieux que la 5e place de 2007 et la 6e de 2013, jusque-là les meilleures performances en trois décennies de la sélection de la perle des Antilles. Et les Grenadiers auraient même pu monter sur le podium s’ils n’avaient pas produit un bilan comptable général moins favorable que la Jamaïque (deux victoires de plus et deux défaites de moins pour cette dernière pour un même nombre de 14 matches). Qu’importe, la sélection d’Haïti fait à nouveau rêver tout un peuple, comme lors de sa période dorée, dans les années 70. A l’époque, celle-ci  avait glané un triomphe (1973) et deux places de deuxième (1971, 1977) en Gold Cup, disputant aussi en 1974 ce qui reste jusqu’à aujourd’hui sa seule phase finale d’une Coupe du Monde. En cette année 2019, Haïti a particulièrement brillé à la Gold Cup, atteignant pour la première fois les demi-finales (dans les années 70 et 80, la compétition était organisation sur la formule de poules). Pour en arriver là, les joueurs du technicien français Marc Collat ont d’abord fait un sans-faute au premier tour, battant les Bermudes 2-1 avec un doublé de Pierrot puis le Nicaragua 2-0 (but de Saba et csc de Rosas), avant de défaire 2-1 le Costa Rica après avoir été mené (penalty de Nazon et but d’Alexis).

Ensuite, les Grenadiers se sont surpassés. En quarts, menés 2-0 après moins d’une demi-heure par le Canada, ils renversent la vapeur entre la 50e et la 76e par Nazon, Bazile (penalty) et Guerrier, s’imposant 3-2. Et en demies, ils font trembler un Mexique certes privé de quelques stars mais toujours très costaud : la « Tri » devra attendre la prolongation et un but de Jimenez à la 93e minute pour obtenir son billet en finale, où elle l’emportera face aux Etats-Unis, qui, eux, s’étaient débarrassés de la Jamaïque à l’entrée du dernier carré. Reste maintenant aux Haïtiens a tenter de construire sur plus long terme, avec l’objectif de se qualifier pour le Mondial 2022. Cette Coupe du monde au Qatar est également dans le viseur de l’Ukraine, qui, avant cela, voudra briller au prochain Euro. Une Ukraine qui s’est classée huitième de notre bilan européen et qui en douze mois a progressé de neuf places. Preuve de la bonté du travail d’Andreï Chevtchenko, son charismatique sélectionneur, elle a achevé l’année 2019 invaincue, avec 7 victoires et 3 nuls, ainsi qu’une différence de buts de +14 (20 marqués contre 6 encaissés). Cerise sur le gâteau, ses troupes ont bouclé les éliminatoires de l’Euro 2020 invaincues et à la première place dans un groupe comprenant le tenant du titre, le Portugal de CR7. Excusez du peu !

Roberto Notarianni