Rosneft affiche un bénéfice net en 2020 mais très amoindri – Foot 2020

56

Le géant russe du pétrole Rosneft a annoncé vendredi une forte baisse de son bénéfice net en 2020 sur un an, dans un contexte de crise sanitaire mondiale aux graves répercussions économiques, notamment dans le secteur pétrolier. En 2020, ce mastodonte a dégagé un bénéfice net en chute de 79,1% à 147 milliards de roubles (1,6 milliard d’euros au taux actuel) contre 705 milliards en 2019, avant la pandémie.

Pour l’année écoulée, le chiffre d’affaires a lui baissé de 33,6% à 5.757 milliards de roubles tandis que le bénéfice d’exploitation (Ebitda) a fondu de 42,6% à 1.209 milliards de roubles. Dans un communiqué du groupe, son patron Igor Setchine a défendu des résultats restés positifs «malgré les difficultés de 2020» et permettant donc de verser des dividendes. D’autres majors telles que Shell et BP ont annoncé d’importantes pertes l’année dernière.

Les résultats de Rosneft ont notamment souffert au troisième trimestre, plongeant dans le rouge avec une perte nette de 64 milliards de roubles, avant de se reprendre avec un bénéfice de 324 milliards de roubles au quatrième trimestre. Cela est notamment dû à la vente fin 2020 de 10% des parts du gigantesque projet pétrolier de Rosneft dans l’Arctique, «Vostok Oil», au groupe Trafigura de Singapour. La dévaluation du rouble, qui a perdu près d’un tiers de sa valeur face à l’euro et au dollar en 2020, aide également aux exportations.

Une guerre des prix entamée en mars entre Moscou et Ryad a provoqué un effondrement sans précédent des prix du pétrole, s’ajoutant à la baisse de la demande provoquée par la pandémie. Les deux géants pétroliers avaient alors ouvert leurs robinets de brut afin de gagner des parts de marché. Selon les observateurs, le patron du numéro un du pétrole russe Rosneft, Igor Setchine, est à l’origine de cette guerre des prix. Pour redresser les prix du brut, un temps même négatifs, les pays de l’Opep et ses alliés, notamment la Russie, ont ensuite décidé d’une baisse de la production sans précédent. Les prix se sont repris depuis l’automne mais sont encore en dessous de leur niveau du tout début 2020.

Rosneft reste sur le devant de la scène mondiale des hydrocarbures et au coeur de la stratégie de développement russe grâce notamment à Vostok Oil, qualifié de «plus grand nouveau projet d’hydrocarbures du monde» par M. Setchine. Le patron de Rosneft a annoncé le début de la production en 2024 avec pour objectif d’atteindre 100 millions de tonnes de production au début de la prochaine décennie. Alors que Shell et BP se donnent pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, Greenpeace a appelé récemment BP à «se débarasser» de sa part de 20% dans Rosneft et son nouveau projet pharaonique. En dépit de la collaboration annoncée entre Rosneft et BP pour diminuer leur empreinte carbone, Greenpeace exige plutôt une baisse de la production.