Seine-et-Marne : Avon s’équipe d’une flotte de vélos électriques à un euro de l’heure – Championnat d’Europe 2020

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Le vélo creuse son chemin dans le pays de Fontainebleau (Seine-et-Marne). La dernière étape est l’installation de bornes de vélos électriques à Avon, depuis le 10 juillet dernier, sur le modèle des Vélib’ parisiens. Les bornes sont placées à des endroits stratégiques : devant la gare, sur la place Carnot et à la butte Montceau.

Baptisé Cycl’Hop, le service compte pour l’heure quinze bicyclettes. La municipalité souhaite d’abord convaincre les résidents d’utiliser ce nouveau service puis développer, dans un second temps, des offres à destination des touristes. Les dix premiers jours de l’opération, 328 locations ont été effectuées.

Les instructions de location sont affichées à proximité des vélos. Il faut télécharger une application et entrer son numéro de carte bleue. On paie ensuite en fonction du temps d’utilisation : un euro par heure pour douze heures maximum.

Louer des vélos pour se promener

Le dispositif avait déjà été testé dans la ville en 2019. Marie-Charlotte Nouhaud, maire (LR) d’Avon, a décidé de pérenniser le projet : «On a vu que cela répondait à un besoin : celui des gens qui travaillent et peuvent ainsi aller de la gare à chez eux. Ils évitent de prendre la voiture ou le bus.» «L’autre grande tendance, c’est de louer les vélos pour se promener», ajoute-t-elle.

Avon, le 21 juillet 2020. Devant la gare de Fontainebleau-Avon, les vélos électriques du service de location Cycl’Hop lancé par la municipalité. LP/Camille Richir
Avon, le 21 juillet 2020. Devant la gare de Fontainebleau-Avon, les vélos électriques du service de location Cycl’Hop lancé par la municipalité. LP/Camille Richir  

Devant la gare de Fontainebleau-Avon, un jeune habitant de la ville, monté sur son propre vélo, raconte avoir déjà testé l’équipement pour se balader. «C’est quand même mieux à vélo électrique», juge-t-il, alors que la ville est extrêmement vallonnée. «C’est pratique, et un euro ce n’est pas cher», poursuit Liam, 18 ans.

«Le cœur de cible, c’est la personne qui habite le territoire et qui pourra prendre un vélo pour aller au travail ou au marché», indique la mairie.

Dans le futur, la ville envisage d’encourager la location de vélos auprès des touristes, en proposant de nouveaux services. «L’application de location pourrait permettre de créer des parcours pour découvrir la ville, indique la mairie. Mais, pour l’instant, les touristes restent une cible secondaire.»

Pas de bornes à Fontainebleau

Il faut noter que les vélos ne peuvent être loués et rendus que dans la commune d’Avon. Or, la gare située dans la ville est utilisée par de nombreux habitants de Fontainebleau pour se rendre au travail et par des touristes qui arrivent en masse depuis Paris pour visiter le château. Actuellement, ils ont comme options le bus, la marche ou le système de garage à vélo installé devant la gare.

Avon, le 21 juillet 2020. Un garage à vélo est installé devant la gare d’Avon-Fontainebleau depuis 2014. LR/Camille Richir
Avon, le 21 juillet 2020. Un garage à vélo est installé devant la gare d’Avon-Fontainebleau depuis 2014. LR/Camille Richir  

Toujours devant la gare, un Bellifontain qui se rend chaque jour à Paris pour le travail envisage l’achat de son propre vélo. Il raconte : «S’il y avait des bornes à Fontainebleau, je les utiliserais. Le bus, c’est toutes les demi-heures et il faut prévoir de l’avance pour ne pas rater le train. Comme le service arrête de fonctionner à 22 heures, je me retrouve à marcher quand je finis tard le soir.»

Devant l’hôtel de ville de Fontainebleau, un habitant d’Avon a loué un vélo électrique pour boire un café en ville avec des copains. Il avait fait le même trajet pour retrouver des amis la veille : «C’est vraiment bien, ça faisait cinq ans que je n’étais pas monté sur un vélo ! Et avec ce temps, on n’a pas envie de prendre un bus. La seule chose qui est dommage, c’est qu’il n’y ait pas de borne à Fontainebleau, donc on doit garder le vélo avec nous.»

Le projet a un temps été à l’étude entre les municipalités d’Avon et de Fontainebleau. La maire d’Avon l’appelle encore de ses vœux : «Le booster définitif sera le jour où Fontainebleau mettra aussi ses propres bornes», estime Marie-Charlotte Nouhaud. Une idée que rejette sa voisine.

«Nous étions tombés d’accord pour faire une étude de marché, indique Frédéric Valletoux, le maire (Agir) de Fontainebleau. On a réalisé que l’offre la moins chère était à 2500 euros par an et par vélo.» Il avait alors estimé que sa ville aurait dû se doter de 40 vélos. «Nous n’avons pas voulu mettre en place cette solution car elle est très chère, d’autant plus qu’elle est davantage destinée aux touristes qu’aux Bellifontains. Nous allons donc travailler sur d’autres systèmes.»

Pistes cyclables

Avon, de son côté, a diligenté l’entreprise Koboo pour mettre en place le système de location. Le coût du projet est de 80 000 euros pour trois ans, subventionné à hauteur de 26 558 euros par la région.

Dans la ville, l’accent est mis depuis plusieurs années sur le développement du vélo. Elle a développé 2,8 km de pistes cyclables et 2,45 km de bandes cyclables. En 2021, sera lancé le chantier d’une voie verte reliant le quartier de la Butte Montceau à celui du vieil Avon par la forêt.

D’après la maire d’Avon, une étude est en cours pour estimer la faisabilité d’une piste cyclable le long d’une portion de la D210, l’axe le plus fréquenté entre les deux villes.

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