Une très décevante Europe en Méditerranée – Euro 2020 – Championnat d’Europe de Football 2020

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Que faut-il attendre de l’Europe qui réaffirme de nouveau vouloir «aider» ses voisins du sud de la Méditerranée ? La Commission européenne a présenté, mardi 9 février, un «nouvel agenda pour la Méditerranée». Un plan pour lequel «jusqu’à 7 milliards d’euros seront alloués d’ici à 2027».

Ce nouvel agenda s’inscrit dans le sillage de la fameuse organisation appelée l’Union pour la Méditerranée, fondée en 2008 et destinée à «renforcer le partenariat euro-méditerranéen», mis en place en 1995 sous le nom de processus de Barcelone, qui a visé à «promouvoir la stabilité et l’intégration à travers la région méditerranéenne».

Ce «partenariat» entre les deux rives est actuellement dissous dans un cadre communautaire global : la Politique européenne de voisinage. Force est malheureusement de constater que le bilan de ce partenariat euro-méditerranéen est politiquement quasiment vide de contenu et économiquement très inéquitable.

Qu’en sera-t-il de ce nouveau plan qui ambitionne cette fois-ci d’«apporter de réels changements sur le terrain» ? Les nouvelles promesses de «générer de la croissance et de créer des emplois, d’investir dans le capital humain, notamment pour les femmes et les jeunes, ou dans la bonne gouvernance» seront-elles concrétisées ?

Malheureusement, toutes les données incitent plutôt au scepticisme. Comme une lame de fond, ce nouveau plan vise surtout à contenir la migration irrégulière, une priorité enveloppée sous une formule purement diplomatique affirmant «favoriser des voies d’entrée légales et sûres pour la migration et la mobilité». Les rives de la Méditerranée ont vu s’élever de nombreux murs et barrières. La Méditerranée est la frontière la plus meurtrière au monde.

Sur le plan économique, ce nouvel agenda promet «un investissement visant à faire en sorte que la qualité de vie des populations des voisins méridionaux s’améliore». Selon l’Union européenne, «entre 2014 et 2020, l’UE a investi 241,3 millions d’euros en Algérie, principalement via l’Instrument européen de voisinage».

L’UE affirme avoir «mobilisé 7,6 millions d’euros dans le cadre de son Fonds fiduciaire d’urgence en finançant de petits projets en Afrique du Nord». S’il est difficile de mesurer la pertinence de ces modestes projets, beaucoup de promesses ont été faites dans le sens, par exemple, de l’amélioration de la gouvernance économique et du soutien à la diversification de l’économie algérienne, mais jusqu’à présent, le bilan est très décevant.

Concrètement, les Algériennes et les Algériens retiennent surtout un accord de libre-échange déséquilibré, inéquitable et injuste, signé dans le cadre de l’accord d’association, car il profite principalement à l’Europe et surtout pas à l’Algérie. Les investissements européens en Algérie sont très faibles. En 2018, les stocks d’investissements directs de l’UE en Algérie n’ont pas dépassé 14,4 milliards d’euros.

Théoriquement, le nouveau plan contient également des volets liés à «la lutte contre le changement climatique et accélérer les transitions écologique et numérique (…), promouvoir l’Etat de droit, la démocratie, les droits humains et la gouvernance responsable». Dans le bilan officiel de l’UE, «entre 2015-2020, l’Algérie a bénéficié d’un financement européen de 8 millions d’euros dédié à la démocratie, aux droits de l’homme et aux organisations de la société civile-autorités locales». Pour quel résultat ?


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