VALEO accuse une perte de plus d’un milliard d’euros en 2020 – Euro 2020

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(AOF) – Après avoir fait part de ses résultats préliminaires à la mi-janvier, Valeo a publié jeudi soir ses résultats complets au titre de son exercice 2020. L’an dernier, l’équipementier automobile a accusé une perte nette (part du groupe) de 1,09 milliard d’euros, contre un bénéfice net de 313 millions d’euros un an plus tôt. De son côté, la marge opérationnelle (hors la quote-part dans les résultats des sociétés mises en équivalence) ressort à -372 millions d’euros (-136% sur un an), d’où il découle une marge de -2,3% (-7,6 points sur un an).

Quant au chiffre d’affaires consolidé, il s’élève à 16,44 milliards d’euros, en retrait de 14 % à périmètre et taux de change constants par rapport à 2019.

” Après un premier semestre marqué par une baisse sans précédent de la production automobile mondiale, Valeo a réalisé de bons résultats au second semestre, prouvant sa forte capacité de rebond et ses atouts dans le contexte actuel “, a commenté Jacques Aschenbroich, le PDG de Valeo.

” Ces résultats ont été rendus possibles grâce à la gestion opérationnelle rigoureuse de nos équipes durant la crise, en particulier lors du redémarrage de toutes nos usines, ainsi qu’aux efforts continus de contrôle strict de nos coûts “, a ajouté le dirigeant.

Au titre de l’exercice 2020, Valeo proposera un dividende de 0,30 euro par action, contre 0,20 euro en 2019.

Pour l’année 2021, le scenario de base de Valeo – qui correspond à la borne haute de sa guidance – est une croissance de 10 % de la production automobile mondiale. Cette prévision repose sur l’hypothèse que les pertes de production du premier semestre résultant de la pénurie de composants électroniques seraient compensées au second semestre.

Dans ce cadre, Valeo vise un chiffre d’affaires de 18,2 milliards d’euros, un Ebitda de 2,45 milliards d’euros, une marge d’Ebitda de 13,4 % et un cash flow libre de 550 millions d’euros.

AOF – EN SAVOIR PLUS

Points-clés à retenir sur Valeo

– Equipementier automobile de « rang 1 » avec des positions de leader mondial dans l’électrification et l’aide à la conduite des véhicules ou ADAS ;

– Activité de 6,6 Mds€, répartie en 4 pôles –confort et aide à la conduite pour 19 % des ventes, propulsion pour 27 % , thermique pour 23 % et visibilité pour 31 % ;

– Forte exposition à l’Asie (33 % des ventes dont la Chine, 1er marché avec 14 %), derrière l’Europe de l’Ouest (45 %) mais devant les Amérique (22 %) ;

– Modèle d’affaires couvrant le développement des 4 systèmes thermiques, de propulsion, de visibilité et d’aide à la conduite par le biais de l’innovation et de croissance externe ou partenariats ciblés ;

– Capital ouvert avec des actionnaires forts (5,13 % pour la Bpi et 5,16 % pour le fonds Harris Associates), Jacques Aschenbroich étant président directeur général du conseil d’administration de 14 membres ;

– Bilan assaini (dette/résultat d’exploitation à – 3,5) par la remontée de l’autofinancement libre (500 M€ à fin 2019), avec 2,3 Mds€ de lignes de crédit disponibles à fin avril.

Enjeux

– Stratégie 2020-22 visant à « profiter » des besoins en électrification, en aide à la conduite et en connectivité par le biais d’une offre élevée en contenus et d’une restructuration des activités en portefeuille, débouchant sur une marge supérieure à 15 % sur 1,3 à 1,5 Md€ d’autofinancement cumulé;

– Réalisation des objectifs de la société commune Valeo Siemens eAutomotive, relais de croissance post-2020, spécialisée dans l’électrification high voltage et fortement déficitaire en 2019 : 8 % et 12 % de marge opérationnelle en 2022 et 2024,, relais de croissance post-2020 ;

– Retombées de la société commune avec le coréen Kapec, destinée à être leader mondial des convertisseurs de couple (boîtes de vitesse) avec 21 % du marché ;

– Visibilité à plus de 4 ans du chiffre d’affaires, malgré une sélectivité accrue dans les prises de commandes, de 28,8 Mds€.

Innovation

– Stratégie d’innovation en 2 axes, l’organisation industrielle avec la création de 12 plateformes de fabrication unique relevant les barrières à l’entrée et l’offre de solutions écologiques et sûres, l’innovation apportant plus de la moitié des prises de commandes, :

– Politique de R&D dynamique pour le 1er dépositaire français de brevets (8 % des revenus), fort de 5000 ingénieurs software dont 200 spécialisés en intelligence artificielle;

– Système mondial d’open innovation avec incubations de start-up, prises de participations et partenariats (industriels, comme avec Safran, et de recherche pure) notamment pour Valeo.ai ;

Environnement

– Stratégie environnementale intégrée à l’innovation, la mieux notée du secteur et à réactualiser en 2020 :

– réduction des émissions de CO2 et d’usage de l’eau dans les usines,

– positionnement dans la réduction des émissions de CO2 (57 % des ventes de 1ère monte intégrant des produits limitant leur impact).

A suivre (dont impact de la pandémie)

– Impact négatif des nouvelles normes européennes pour les véhicules WLTP ;

– Sensibilité de l’activité aux 2 premiers clients (1/4 des revenus) ;

– Impact de la pandémie :

– Chine : reprise progressive depuis le 10 février, de la production dans la totalité de ses 34 usines, le retour aux niveaux 2019 étant attendu lors du 2ème trimestre,

– Europe et Amérique du Nord : production adaptée aux fermetures des constructeurs dont la reprise progressive est attendue fin avril en Europe et fin avril/début mai en Amérique ;

– Plan d’action contre la pandémie, y compris la société commune avec Siemens :

– baisse des coûts sur tous les sites, via chômage partiel, des coûts des fonctions R&D et administratives et des coûts non liés à l’activité,

– strict contrôle du BFR par le suivi des créances clients et des stocks et par recul de 45 % des investissements sur le 2ème trimestre ;

– Objectifs 2020 (surperformer le marché de 5 %, remonter la marge opérationnelle) invalidés en raison de non-visibilité sur la sortie de crise ;

– Réduction à 0,2 € (1,25 € prévu) du dividende proposé à l’assemblée générale, repoussée au 25 juin.

Un mouvement de consolidation devrait se produire

Selon une étude réalisée par le cabinet Roland Berger et la banque Lazard auprès de 600 entreprises du monde entier, les équipementiers automobiles ont lourdement pâti de la chute du marché automobile sur les six premiers mois : leur marge d’exploitation (Ebit), a chuté à 1,7% (contre 5,1% l’an dernier). Leur endettement s’est alourdi, dépassant, le plus souvent, trois fois leur Ebitda. D’après l’étude, suite à des ventes de véhicules légers neufs qui ne devraient pas dépasser 72 millions en 2020 sur le plan mondial (- 20% sur un an), les revenus des sous-traitants chuteront de 15 % à 20 %. Dans ce contexte fortement dégradé, le nombre d’opérations de fusions-acquisitions, qui devrait une nouvelle fois baisser en 2020, devrait rebondir l’an prochain. Sur un secteur, en pleine transformation, toutes les entreprises n’auront pas, en effet, les moyens d’adapter leur appareil de production à l’électrification des motorisations par exemple.