en 2021, une reprise à haut risque en Europe – Championnat d’Europe de Football 2020

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Manifestation contre la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais), le 27 novembre.

Rarement l’Union européenne (UE) n’aura entamé une nouvelle année dans un tel brouillard. En ce début janvier, la liste des incertitudes donne le vertige : quelle sera l’ampleur de la troisième vague du Covid-19 ? La nouvelle souche du virus apparue au Royaume-Uni va-t-elle retarder la sortie de crise ? Combien de temps encore nos économies et le tissu social, sous perfusion, tiendront-ils ?

Dans les scénarios esquissés avec prudence par les économistes pour les mois à venir, l’évolution de la pandémie et sa maîtrise joueront un rôle clé.

Beaucoup redoutent de voir les inégalités se creuser entre les pays membres, les entreprises et les ménages. Parce qu’elle sera une année charnière entre la fin de la pandémie et l’éclaircie espérée, 2021 sera à haut risque. Avec, pour les Etats, un enjeu majeur : réussir les campagnes de vaccination, sans lesquelles ni la confiance ni l’activité ne pourront repartir. Mais aussi déployer les mesures susceptibles d’endiguer au mieux les dommages économiques et sociaux que la crise infligera à nos pays.

  • Un rebond de l’activité inégal selon les Etats

Si les campagnes de vaccination ont débuté fin décembre 2020 dans l’UE, elles ne suffiront pas à éviter, sur les premiers mois de 2021, de nouvelles restrictions indispensables pour freiner la pandémie.

Dans le scénario central établi par le cabinet britannique Oxford Economics, sous réserve qu’aucune mutation du virus ne change la donne, l’UE devrait néanmoins être capable de vacciner les personnes vulnérables – environ 30 % de la population – d’ici à la fin du premier semestre. Ce qui ouvrirait la voie à une reprise solide, voire forte, sur la fin de l’année, avec un redémarrage de la consommation et de l’investissement.

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« Fin 2022, le produit intérieur brut [PIB] de la zone euro aura comblé son déficit de croissance par rapport à la fin 2019 (+ 0,7 %) », estiment les économistes du Crédit agricole. Mais cette reprise sera très inégale selon les pays : « Fin 2022, l’Allemagne et la France pourraient retrouver un PIB supérieur de 1,2 % et 0,5 % à celui de la fin 2019 ; en revanche, celui-ci serait encore inférieur de 0,7 % en Italie et de 3,3 % en Espagne. »

Et pour cause : selon le niveau de contamination, la dureté des restrictions et de la structure du tissu productif, la pandémie a affecté certains pays plus lourdement que d’autres, notamment au sud de l’Europe, très dépendant du tourisme. Selon la Commission européenne, le PIB espagnol devrait ainsi reculer de 12,4 % en 2020, contre − 9,4 % en France et − 5,6 % en Allemagne, avant de rebondir respectivement de 5,4 %, 5,8 % et 3,5 % en 2021.

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