Dans l'Eurocup 2020, les sponsors ne sont pas toujours un exemple – Foot 2020

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Gazprom, Socar, Volkswagen. Ces sponsors de l'UEFA sont les symboles d'un football qui se montre sans complexe du bras des industries les plus polluantes, malgré les promesses d'une Eurocup 2020 "plus respectueuse de l'environnement" que jamais.

Gazprom est le géant russe du gaz, Socar le champion du pétrole azerbaïdjanais. Le constructeur automobile allemand Volkswagen est devenu sponsor des compétitions internationales de l'UEFA en 2017, malgré le scandale du dieselgate qui s'agite depuis 2015.

Trois grands émetteurs de carbone et donc des logos difficiles à échapper en matière de football européen: dans l'Eurocup 2020 (12 juin-12 juillet), Volkswagen et Socar feront partie des sponsors officiels de la compétition.

Quant à Gazprom, l'entreprise publique russe est depuis 2012, le principal sponsor de la Ligue des champions.

Gazprom et Socar sont également étroitement liés à deux stades qui accueilleront le Championnat d'Europe: Saint-Pétersbourg, nommé Gazprom Arena, et le Stade olympique de Bakou, que Socar a financé avec "au moins 850 millions de dollars", selon le consortium de journalistes de l'OCCRP .

Les deux stades accueilleront chacun trois matchs du premier tour et un duel des quarts de finale de la compétition.

Au centre des critiques pour sa décision d'organiser une compétition dans douze pays, considérée par beaucoup comme une catastrophe écologique, la fédération européenne de football affirme être consciente du "dilemme" que représente sa proximité avec Socar et Gazprom.

"Nous pensons de toute façon qu'il vaut la peine d'essayer d'appliquer des critères de gestion (de développement) durables lorsque cela est possible, lors de l'organisation d'un événement majeur", écrit l'UEFA dans un courrier électronique envoyé à l'AFP.

Cependant, l'UEFA est loin d'être affectée par le manque d'offres de sponsors. "Les gens font la queue pour entrer", explique à l'AFP Sébastien Chiappero, directeur du cabinet Sponsize, une entreprise suisse spécialisée dans le conseil en mécénat.

Le montant de ces contrats est secret, mais, selon les médias spécialisés, il s'élève à plusieurs dizaines de millions d'euros.

L'Euro-2016 a contribué 483 millions d'euros à l'UEFA en droits commerciaux. En retour, Gazprom ou Socar acquièrent une notoriété que des années de campagnes publicitaires ne leur auraient pas permis d'atteindre.

"Le parrainage contribue à faire connaître la marque Socar en tant qu'entreprise internationale et l'Azerbaïdjan comme nouvelle destination touristique", a expliqué à l'AFP un porte-parole de Socar, Ibrahim Ahmadov.

Régulièrement pointée du doigt par des organisations de défense des droits de l'homme, la Russie et l'Azerbaïdjan utilisent ainsi des parrainages pour atteindre un objectif politique », explique Kirill Kulakov, professeur d'économie du sport à Moscou.

"Pour Gazprom, l'objectif est avant tout d'améliorer son image et de reprendre l'influence de la Russie", dit-il.

Avant la finale de la Ligue Europa à Bakou en 2019, Amnesty International avait dénoncé la volonté de l'Azerbaïdjan de "laver son affreux équilibre en matière de droits de l'homme sous le prétexte du grand festival du football", lorsque le pays est gouverné à la main fer depuis son indépendance par la famille Aliev (Heydar puis son fils Ilham depuis 2003).

Cette mauvaise publicité ne semble pas affecter l'UEFA, qui se contente de répéter qu'elle a signé un contrat avec Socar et non avec l'Azerbaïdjan. La frontière entre les deux est petite, car Socar est la compagnie pétrolière nationale d'un pays où l'or noir représente 90% de ses exportations et assure la moitié du budget de l'État.

Un manque de sensibilité que déplore Sébastien Chiappero, pour qui les dirigeants des institutions sportives internationales "ont les moyens de rendre les choses plus transparentes et éthiques", même s'il souligne qu '"il n'y a pas de mouvements qui vont dans ce sens".

Il faut dire, ajoute-t-il, que ces controverses n'auront aucune influence sur le succès du Championnat d'Europe. "Nous avons vu, dans des études qui (les scandales) n'ont eu aucun impact sur les consommateurs. À l'heure actuelle, Socar est sale ou propre, n'aura aucun effet sur le consommateur de football."