L'Italie et l'Europe, un calendrier difficile – Euro 2020

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Dans un monde en mutation rapide, l'Union européenne et l'Italie sont appelées à faire face à un calendrier plein d'engagements importants. Sans se risquer à des références à des dates encore trop lointaines, au-delà de 2023, la liste des événements qui nous attendent enregistre des défis importants.

2020 avait vu l'UE réagir avec courage à l'éclatement de la pandémie, intervenir dans les limites étroites de ses compétences en matière de santé et avec plus d'impact par des décisions financières courageuses, d'abord avec la politique monétaire expansionniste de la Banque centrale européenne, puis avec des mesures économiques, avec la création du Fonds de relance de 750 milliards d'euros. Il s'agissait d'une opération complexe, motivée par une situation exceptionnelle, qui avait engagé les institutions de l'UE dans des processus décisionnels qui ne se sont terminés qu'à la fin de 2020 et qui ont ensuite livré les résultats aux ratifications des Vingt-sept (à ce jour, il n'y a que sept) actuellement en cours, en attendant que ces mesures puissent devenir opérationnelles.

C'est ce qui est prévu pour l'année en cours, ainsi que la participation au G7, au Forum des pays développés et démocratiques, et au G20, le Forum élargi, entre autres, à la Chine, à la Russie, au Brésil et à l'Inde, événements qui auront tous à l'ordre du jour, la lutte contre la pandémie, avec au centre la perspective d'atteindre des vaccins considérés comme "bien commun" et accessibles à tous, un besoin qui doit donc concerner non seulement les citoyens européens mais aussi ceux du reste du monde. Et à cet égard, la confrontation de jeudi dernier au Conseil européen n'est pas rassurante, y compris les positions exprimées par Mario Draghi, avec l'espoir que des approvisionnements plus importants permettront une approche moins économique et politique et plus éthique de la question des vaccins.

2021 est aussi l'année des élections allemandes de l'automne, avec un changement de garde à la chancellerie qui ne sera pas sans conséquences pour l'UE selon que l'on choisit une ligne de continuité «pro-européenne» avec Angela Merkel et si elles rendent pour l'Europe les fantômes de l'austérité «à l'allemande» et ce juste au moment où la «Conférence sur l'avenir de l'Europe» devrait entrer en vigueur, convoquée avec un an de retard par rapport aux engagements pris. La faisabilité du fonds de relance sera également testée dans les prochains mois par rapport à la présentation des premiers projets de projets nationaux, à partir des dix-huit déjà reçus à Bruxelles sans que la proposition italienne en fasse partie.

Avec 2022, l'UE devra faire face à l'élection présidentielle française, une opportunité de mesurer la vitalité résiduelle du national-populisme, et avec un remplacement au sommet du Parlement européen, tant à la présidence que dans les commissions, et d'autres mouvements entre les politiciens du Groupe, notamment à droite dans le Groupe «Identité et Démocratie» qui pourrait voir la Ligue italienne sortir après sa récente «conversion pro-européenne» avec l'entrée dans le gouvernement Draghi.

2023 sera l'année qui devrait marquer le retour à la croissance après la récession due à la pandémie et aussi la reprise du débat sur les règles de soutenabilité des finances publiques nationales, qui depuis 2020 ont pu profiter de la suspension de la Pacte de stabilité. Ce sera une négociation difficile avec l'ambition de mettre de l'ordre – et peut-être même de l'intelligence et de la flexibilité – aux contraintes imposées aux politiques budgétaires nationales en revoyant, outre le pacte de stabilité, également ce pacte budgétaire signé en 2012 trop légèrement par l'Italie.

Comme on peut le voir, ce sont des nominations importantes pour l'UE, peut-être toutes encore plus importantes pour l'Italie à la fin du mandat en 2023, à condition que le gouvernement Draghi arrive à ce moment-là.