Intervention du président Charles Michel après la réunion des dirigeants UE-Chine par vidéoconférence – Championnat d’Europe 2020

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Je suis heureux que nous ayons pu parler par vidéoconférence avec le président Xi, avec Ursula (von der Leyen) et Angela (Merkel). Malheureusement, notre rencontre physique à Leipzig n'a pas été possible.

L'Europe doit être un acteur, pas un terrain de jeu. La réunion d'aujourd'hui représente un autre pas en avant dans l'établissement d'une relation plus équilibrée avec la Chine.

Nous aspirons à une relation qui respecte nos engagements mutuels. Cela génère des résultats concrets pour les deux côtés. Des résultats également bons pour le monde. Dans certains domaines, nous sommes sur la bonne voie. Dans d'autres, il reste encore du travail à faire.

Nous avons clairement indiqué où nous en sommes. Où nous sommes d'accord et où nous ne sommes pas d'accord. De vraies différences existent et nous ne les dissimulerons pas. Mais nous sommes prêts à nous engager. Prêt à coopérer là où nous le pouvons, et prêt à retrousser nos manches pour trouver des solutions concrètes. Et sur ces questions difficiles, nous avons transmis un message européen clair et uni: nous voulons une relation avec la Chine basée sur la réciprocité, la responsabilité et l'équité fondamentale.

Aujourd'hui, nous avons abordé 4 sujets clés:
1. Changement climatique
2. Questions économiques et commerciales
3. Affaires internationales et droits de l'homme
4. COVID-19 et reprise économique

La Chine est un partenaire mondial clé dans la réduction des gaz à effet de serre et la lutte contre le changement climatique. Et nous encourageons la Chine à être encore plus ambitieuse.

L'UE met la barre haute – la neutralité carbone d'ici 2050. Et nous comptons sur la Chine pour montrer un leadership similaire en mettant en œuvre l'Accord de Paris.

Nous avons une relation commerciale solide avec la Chine. L’UE est le premier partenaire commercial de la Chine. En moyenne, nous négocions plus d'un milliard d'euros par jour.

Le commerce peut dynamiser notre reprise économique. Mais nous voulons plus d'équité. Nous voulons une relation plus équilibrée. Cela signifie également la réciprocité et des règles du jeu équitables. C'est pourquoi nous saluons la signature aujourd'hui de l'Accord sur les indications géographiques. C'est un grand pas dans la bonne direction. Nous travaillons sur un accord d'investissement global et des résultats concrets dans d'autres domaines importants.

Et dans le domaine numérique, nous défendons notre vision d'un cyberespace libre, ouvert et sécurisé. Pour le bien de notre peuple et de nos sociétés. En tant qu'acteurs mondiaux, l'UE et la Chine ont des responsabilités mondiales. Cela signifie maintenir l'ordre international fondé sur des règles.

La loi sur la sécurité nationale à Hong Kong continue de susciter de graves préoccupations. L'UE et nos États membres ont répondu d'une seule voix claire. Les voix démocratiques à Hong Kong doivent être entendues, les droits protégés et l'autonomie préservée. Nous avons appelé la Chine à tenir ses promesses envers le peuple de Hong Kong et la communauté internationale.

Nous avons réitéré nos préoccupations concernant le traitement réservé par la Chine aux minorités du Xinjiang et du Tibet, et le traitement réservé aux défenseurs des droits de l’homme et aux journalistes. Nous avons demandé l'accès d'observateurs indépendants au Xinjiang et nous avons demandé la libération du citoyen suédois arbitrairement détenu Gui Minhai et de deux citoyens canadiens.

Nous avons convenu de discuter de ces questions en détail lors du Dialogue sur les droits de l'homme à Beijing plus tard cette année qui comprendra également, nous l'espérons, une visite de terrain au Tibet.

Nous avons appelé la Chine à s'abstenir de toute action unilatérale dans la mer de Chine méridionale, à respecter le droit international et à éviter les escalades.

Covid-19 reste une menace profonde et urgente. Seule une action collective et transparente enverra ce virus dans les livres d'histoire. Il n'y a qu'une seule façon de trouver un vaccin et de le déployer dans tous les pays… c'est la coopération mondiale.

Nous attendons de tous les pays qu'ils coopèrent à l'évaluation impartiale, indépendante et complète de la réponse sanitaire internationale au COVID-19 et soutiennent l'OMS pour identifier la source du virus.

Nous encourageons la Chine à poursuivre une reprise économique qui conduit à des réformes structurelles et qui façonne une économie plus verte et plus durable. Cela comprend la mise en œuvre du plan d'action du G20 pour stimuler une croissance mondiale durable et réduire les tensions mondiales. Et en Afrique, la Chine devrait s'engager dans des efforts multilatéraux d'allégement de la dette qui stimuleront la reprise économique.

En conclusion, nos discussions aujourd'hui ont été extrêmement importantes. Nous mesurons bien que parler, dialoguer est important mais cela ne suffit pas, il s'agit de transformer nos messages en actes.

Nous sommes déterminés à continuer à être engagés avec la Chine pour promouvoir nos valeurs, pour défendre nos intérêts. Nous voulons une relation équilibrée, fondée sur le respect pour les intérêts mutuels.

Nous considérons que la réciprocité, la transparence doivent être au cœur de l'engagement porté par l'Union européenne.